Croisière 2026 Seule autour du monde
Malaisie et trois mois en mer : entre beauté et doutes
7 avril 2026 – Port Klang – Malaisie
Pour cette première fois en Malaisie, j’ai choisi de profiter de l’excursion incluse MSC en bus, à la découverte de Kuala Lumpur, et de me laisser porter… plus simple, plus tranquille. Il nous faut au moins 1h30 pour rejoindre la ville ; l’occasion parfaite de terminer ma nuit, bercée par les mouvements du trajet. Tranquillement… enfin presque, puisqu’un homme d’un certain âge me demande de s’asseoir à côté de moi, alors qu’il reste des places ailleurs. Que dire, sinon accepter… et répondre, avec un sourire poli, à ses nombreuses questions sur l’excursion. Puis, peu à peu, la ville s’annonce. Dès que nous franchissons ses portes, je découvre une métropole vibrante, presque irréelle, où les gratte-ciels futuristes semblent dialoguer avec les dômes délicats des mosquées anciennes. Kuala Lumpur se dévoile comme un rêve éveillé, entre modernité éclatante et mémoire profonde.
Notre premier arrêt a lieu au National Monument, où se dresse une impressionnante sculpture de bronze dédiée aux soldats tombés durant la Malayan Emergency. Sous la lumière douce, les silhouettes figées semblent encore animées d’un souffle de courage et de sacrifice. La guide nous explique que ce monument incarne la résilience, la bravoure et l’unité du peuple malaisien face aux épreuves de son histoire. Autour de nous, un jardin magnifique s’étire comme un écrin de sérénité : des fleurs éclatantes de couleurs, des jets d’eau élégants qui dansent dans l’air chaud, et cette sensation enveloppante de fraîcheur. Le temps semble ralentir. Un besoin de silence s’impose, presque instinctif… comme si ce lieu invitait à écouter ce qui ne se dit pas, à ressentir plutôt qu’à comprendre.
Notre visite se poursuit au Merdeka Square (la place de l’Indépendance) où, faute de temps, la guide nous laisse seulement quelques instants pour immortaliser l’endroit en photo. Dommage… car ce lieu est chargé d’histoire. C’est ici qu’est née la nation malaisienne, ici que le pays a célébré la fin de la domination coloniale britannique et affirmé, pour la première fois, son identité. Je reste un instant à contempler cette place, comme suspendue entre passé et présent, imaginant les voix, les espoirs et l’émotion de ce moment fondateur. Puis déjà, il faut repartir…Mais très vite, le regard est happé ailleurs. À quelques pas seulement, les célèbres Petronas Twin Towers s’élèvent dans le ciel, majestueuses, presque irréelles. Leur silhouette élancée capte la lumière et semble toucher les nuages. Elles m’apparaissent comme un mirage de verre et d’acier, à la fois puissantes et élégantes. Face à elles, je ressens cette même fascination que lors de mes passages à Dubaï : cette impression d’être minuscule devant l’audace humaine, devant ces architectures qui défient le ciel et transforment la ville en décor de rêve. Puis, la guide nous annonce que nous allons rejoindre un hôtel pour le déjeuner. Il s’agit du Capri by Fraser, un établissement luxueux niché au cœur de la ville.
Sur le trajet, mon regard est soudain attiré par une magnifique Corvette rouge, étincelante, garée devant le Carlton. Impossible de résister… je m’arrête pour immortaliser l’instant. Eh oui, c’est bien moi ! D’ailleurs, je ne suis pas la seule : quelques croisiéristes me suivent, amusés par cette parenthèse improvisée. Mais très vite, la guide nous rappelle à l’ordre et nous invite à rejoindre le groupe. Direction le 40ᵉ étage… et déjà, l’ascension promet quelque chose de spécial. Les portes s’ouvrent sur un panorama saisissant, et un buffet somptueux nous attend. Je reste un instant, émerveillée devant cette abondance de mets aux couleurs, aux parfums et aux textures si variés. Ici, l’Indonésie est à l’honneur, et chaque plat semble raconter une histoire. Je découvre alors une farandole de spécialités : le nasi goreng, ce riz sauté parfumé aux épices ; le rendang, un bœuf mijoté longuement dans une sauce riche et envoûtante ; les satay, de délicieuses brochettes grillées accompagnées de leur sauce aux cacahuètes ; le gado-gado, une salade généreuse mêlant légumes croquants et sauce onctueuse ; sans oublier les sambals relevés, véritables explosions de saveurs…
Chaque bouchée est une invitation au voyage, un équilibre subtil entre douceur, épices et exotisme. Le temps semble suspendu, comme si Kuala Lumpur se dévoilait aussi à travers ses saveurs. Avant de partir, encore sous le charme de cette expérience, je tiens à remercier celles et ceux qui en sont les artisans. Je demande à rencontrer les chefs cuisiniers pour les féliciter chaleureusement… et bien sûr, immortaliser ce moment par une photographie. Une expérience inoubliable, mêlant découverte, gastronomie et instants privilégiés, au cœur vibrant de Kuala Lumpur. Après ce déjeuner que je qualifierais sans hésiter de délicieux, quelques minutes de bus suffisent pour rejoindre notre dernière étape et pas des moindres. Sans doute la plus marquante à mes yeux…Dès les premières secondes, je suis saisie. Les Batu Caves s’imposent à moi avec une force presque irréelle. Devant moi se dresse une statue monumentale : non pas un Bouddha, mais la majestueuse figure dorée de Murugan, éclatante sous la lumière, comme un gardien silencieux veillant sur ces lieux sacrés.
Je commence l’ascension sans vraiment compter les marches… mais elles semblent infinies. Près de 300, peut-être. Chaque pas devient plus qu’un effort : une progression lente vers quelque chose de plus grand, de plus profond. Puis, une fois arrivée, encore une soixantaine de marches supplémentaires, comme si le lieu lui-même cherchait à éprouver ma détermination. Et soudain… le calme. Là-haut, l’atmosphère est différente. Plus douce, plus dense aussi, chargée d’une spiritualité palpable. La lumière filtre à travers la roche, dessinant des ombres presque irréelles sur les parois de la grotte. Le temps semble suspendu. Je fais un don. En retour, on me noue un bracelet rouge, puis un bracelet vert symboles de protection et de bénédiction. On dépose également sur mon front une petite pastille rouge, accompagnée d’un peu de poudre blanche. Un geste simple, mais profondément symbolique. Comme une marque d’accueil, une façon d’être, l’espace d’un instant, reliée à ce lieu sacré. Puis vient le moment de redescendre. Lentement. Presque à regret. Sur le chemin, de petits singes curieux apparaissent, malicieux, observant les visiteurs avec une étonnante familiarité, comme s’ils faisaient eux aussi partie du rituel, gardiens espiègles de ce sanctuaire hors du temps. Cette dernière étape résonne en moi d’une manière particulière. Elle fait écho à mes souvenirs du Palani Murugan Temple, comme un fil invisible reliant mes voyages, mes émotions, mes quêtes intérieures. Car au fond, ce voyage n’est pas seulement un déplacement. C’est une élévation. Une montée physique, certes… mais surtout un chemin symbolique. Une manière de laisser une trace discrète, intime, mais durable entre soi et le monde.
Il est 17h30 lorsque je rejoins ma cabine… juste le temps de prendre une douche, de me changer, et d’effacer doucement les traces de cette journée ce rouge, ce blanc encore présents sur mon front comme pour refermer une parenthèse sacrée, avant de retrouver mes amis canadiens pour le dîner. Au restaurant, l’ambiance est animée, presque électrique.
Les conversations fusent dans tous les sens. Chacun raconte sa journée… et pourtant, nous avons tous vécu la même excursion. Mais les récits diffèrent, se nuancent, se colorent d’émotions propres à chacun. Les Batu Caves reviennent sans cesse dans les échanges. Qui a accepté la poudre blanche et le point rouge sur le front ? Qui est monté jusqu’en haut sans s’arrêter ? Qui a croisé le regard malicieux des singes ? Qui a fait un don ? Autant de petites expériences, de choix, de ressentis… qui rendent chaque souvenir unique. Le dîner est vivant, chaleureux, exactement comme je les aime. Un mélange de rires, de partage et de complicité naissante. Mais malgré cette belle énergie, la fatigue me rattrape doucement. Je décide alors de les quitter un peu plus tôt, avec cette sensation agréable d’avoir pleinement vécu ma journée. Je regagne ma cabine… et très vite, sans lutter, je me laisse glisser dans les bras de Morphée. Comme une évidence.



8 avril 2026 – Penang – Malaisie
Pour cette deuxième journée en Malaisie, tout se déroule avec une facilité déconcertante. Les formalités pour quitter le bateau sont déjà derrière nous, puisque nous étions descendus la veille. Une sensation de liberté flotte déjà dans l’air. En arrivant au point de rendez-vous, je remarque que notre petit groupe a grandi : nous sommes désormais une dizaine. Deux nouveaux couples se sont joints à nous des visages croisés ici et là, sans vraiment les connaître. Peu importe, je m’adapte, comme toujours en voyage. Il y a quelque chose de beau dans ces rencontres éphémères. C’est la deuxième fois que je participe à une excursion organisée par Séverine, une croisiériste passionnée et perfectionniste et cela se ressent dans chaque détail. À peine sortis du bateau, nous nous hâtons vers notre chauffeur de chez @GetYourGuide, qui nous attend déjà.
Le van semble immense au premier regard, presque intimidant… mais les sièges rabattables nous rassurent rapidement. L’aventure peut commencer. Notre première étape nous mène vers une réserve de biosphère. Pour atteindre les hauteurs, trois 4×4 nous attendent. La montée est spectaculaire : une route escarpée, sinueuse, qui ajoute une dose d’adrénaline inattendue. J’adore cette sensation d’évasion, ce petit frisson qui rend chaque instant plus vivant. Arrivés au sommet, un épais brouillard enveloppe le paysage. Impossible d’avoir une vue dégagée sur la ville de Penang… et pourtant, la magie opère. Cette brume donne au lieu une atmosphère presque irréelle, comme suspendue hors du temps. Le monde semble ralentir, se taire. C’est un moment rare, précieux. Sur le chemin du retour, une rencontre inattendue : une famille de petits singes traverse notre route. Attendrissants, curieux… le temps s’arrête encore une fois, juste assez pour capturer ce souvenir en photo avec notre chauffeur.
Nous poursuivons ensuite vers la ville, en passant devant la majestueuse Masjid Negeri Pulau Pinang. Son architecture imposante et la sérénité qui s’en dégage imposent naturellement le respect. Ce lieu complète parfaitement cette première immersion, entre nature et spiritualité. La deuxième visite est tout simplement incroyable. Nous découvrons la majestueuse statue de Guanyin, au temple Kek Lok Si, perchée sur les hauteurs de l’île. Le site est grandiose : un mélange de calme, de beauté et de spiritualité.
Les sculptures symboliques, les détails artistiques, l’harmonie des lieux… tout semble pensé pour émerveiller. Je m’amuse à poser près des statues d’animaux lions et créatures mythiques qui donnent au site une ambiance presque féerique. Chaque recoin raconte une histoire. À la fin de la visite, nous entrons dans un immense temple. Comme le veut la tradition, je retire mes chaussures.
Le silence, l’atmosphère… tout invite au recueillement. Face à la statue, imposante et apaisante à la fois, je ressens quelque chose de difficile à décrire. Une émotion calme, profonde. À peine le temps de redescendre sur terre que nous repartons déjà vers un autre lieu : Paya Terubong. Et là encore, tout dépasse l’imaginaire. Une statue gigantesque nous attend, impressionnante sous tous les angles. Ici, tout est démesuré : l’espace, les détails, l’architecture. Mais pour y accéder… il faut le mériter. Des marches, encore et encore. Mes jambes se souviennent encore de l’excursion de la veille, mais il est hors de question d’abandonner. Chaque pas est un défi… adouci par la beauté des fleurs qui bordent le chemin. Elles deviennent presque des alliées, m’encourageant silencieusement. Tout au long de la montée, temples et statues se succèdent, chacun avec son identité, son énergie. L’atmosphère oscille entre sérénité et grandeur. On se sent minuscule face à tant de beauté. Cette visite restera gravée dans ma mémoire. Un lieu spectaculaire, presque irréel.
Enfin, nous terminons cette journée à George Town, une ville vibrante, pleine d’histoire et de contrastes. Ses rues animées nous entraînent dans un univers artistique unique, notamment dans le célèbre quartier du street art, où chaque mur devient une œuvre vivante. Nous explorons également un quartier classé au patrimoine mondial de l’UNESCO. Ici, le temps semble suspendu entre passé et présent. Les bâtiments historiques côtoient temples, maisons traditionnelles et petites boutiques locales. Chaque rue raconte une histoire différente. Nous visitons aussi une maison historique, témoin du passé et de l’héritage culturel de la région. Une immersion fascinante. La fatigue commence à se faire sentir. Les kilomètres de la veille pèsent sur mes épaules, mais je n’en dis rien. Alors quand Anya me propose une glace, je n’hésite pas une seconde. Un petit bonheur simple… et tellement apprécié. Merci Anya.
Cette dernière étape est une merveilleuse conclusion. George Town dévoile l’âme de Penang : un mélange subtil de cultures, d’histoire et de créativité. Cette journée fut tout simplement exceptionnelle. Merci Séverine. Il était 15H30 lorsque nous rejoignions le bateau. Sachant que je dîne tôt, vers 18h30, une simple coupe de fruits me suffit pour patienter. Le temps file doucement entre le tri des photos, leur mise en ligne, quelques réponses à mes messages… puis une bonne douche bien méritée.
Alors que je m’apprête à me détendre, je reçois un message de Claire : « Ce soir, nappes au 13ᵉ ». Autrement dit, direction le buffet. Et honnêtement… je préfère largement. Plus de choix, plus de découvertes, plus de liberté. À peine arrivée, une belle surprise m’attend : la Malaisie est à l’honneur ce soir. Les parfums m’enveloppent immédiatement. Un mélange envoûtant d’épices, de coco, de citronnelle… impossible de résister. Mes yeux ne savent plus où regarder. Je commence par un grand classique : le nasi lemak. Du riz parfumé au lait de coco, accompagné d’anchois croustillants, de cacahuètes, d’œufs durs et d’une sauce sambal légèrement relevée. Un équilibre parfait entre douceur et caractère. Un peu plus loin, je découvre le satay : de petites brochettes de poulet grillé, tendres et savoureuses, servies avec une sauce aux cacahuètes onctueuse et légèrement sucrée.
Un vrai régal. Je me laisse aussi tenter par le laksa, une soupe parfumée, riche et épicée, mêlant nouilles, crevettes et herbes fraîches. Chaque cuillère est une explosion de saveurs. Et pour finir sur une note sucrée, quelques douceurs locales attirent mon attention : les kuih, ces petits desserts colorés à base de riz gluant, de coco et de pandan. Aussi beaux que bons. Chaque plat est une invitation au voyage. Une façon de prolonger la journée, autrement, à travers les saveurs. Ce soir, sans quitter le bateau, je continue de découvrir la Malaisie… autrement… Ravie de cette journée, légèrement fatiguée, je préfère aller me coucher au lieu de me rendre au spectacle… encore une fois…


9 au 14 avril 2026 – en mer
Je profite de ces journées en mer pour faire : Bilan de trois mois sur le Magnifica
Ce voyage a été bien plus qu’une succession d’escales. Il a surtout été un chemin intérieur.
Les points positifs : Ces trois mois m’ont permis un vrai recentrage.
- L’ennui, parfois présent, s’est finalement transformé en opportunité : celle de me retrouver, de rééquilibrer mon quotidien, de prendre soin de moi avec plus de conscience.
- Ma cabine est devenue mon refuge. Un endroit indispensable pour me retrouver et respirer et cela grâce à la bienveillance de Roméo (mon chef de cabine)
- Les échanges chaleureux au bar du 5eme avec Rossana, m’ont beaucoup apporté.
- Les conférences de Massimo, m’ont permis de satisfaire ma soif de découverte
- Les dîners discrets avec mes amis canadiens m‘ont ouvert d’autres horizons
- Les diners de gala avec Michel, une occasion pour moi de montrer l’élégance parisienne
- Les escales : De belles découvertes : l’énergie de Tokyo, la puissance du mont Fuji, le vertige de Shanghai, la créativité de Singapour, le charme de George Town. Mais s’il ne devait rester qu’une évidence, ce serait Hong Kong. Une ville qui m’a marquée.
Les points négatifs : Tout n’a pas été simple
- Déjà un énorme décalage avec la plupart des passagers d’où une difficulté à trouver pleinement ma place. Pour la première fois de ma vie, je n’aurai pas voulu voyager seule
- L’ambiance du bateau m’a parfois semblé figée, moins vivante, presque monotone.
- Les excursions principalement en chine, ou souvent les guides n’ont pas été à la hauteur
- Les diners au restaurant et soirées à l’amphithéâtre : manque de renouvellement
- Les afters de 22H30 : un temps d’attente de 1H00 m’a coupé l’élan de poursuivre la soirée, préférant me ramener à la cabine (participation 2 fois depuis le 6 janvier).
Prise de recul : Depuis quelques semaines, une partie de moi avait déjà quitté le bateau. Je me sens plus distante, avec une envie grandissante de retrouver un environnement familier, plus aligné avec moi-même.
Et après ? Aujourd’hui, je n’ai pas l’élan de repartir dans une expérience similaire. Si un nouveau voyage devait se présenter, il serait différent.
Conclusion : Ces trois mois m’auront fait grandir, mais ils m’auront surtout confrontée à une évidence : ce voyage ne me ressemble pas. J’ai besoin de vibrations, de surprises, de journées qui sortent de l’ordinaire. Je pensais retrouver cela comme en 2025… mais après trois mois, le constat est là : ce n’est pas ce que j’ai vécu. Et même si tout n’est pas à jeter, il reste une réalité simple : je suis déçue.
En cette première journée en mer, que je dois bien l’avouer, plutôt nuageuse la vie suit tranquillement son cours à bord… avec déjà quelques ajustements dans mon organisation.
Ce matin, j’ai changé mes habitudes pour le petit-déjeuner. J’ai délaissé mon bar habituel à l’arrière du bateau pour celui situé à l’avant du bateau… et quel bonheur ! Le personnel y est plus souriant, plus attentionné, et surtout détail qui n’en est pas un mon jus d’orange y est fraîchement pressé. Rien que pour cela, ils mériteront sans hésitation un beau pourboire à la fin de la croisière. Il y a quelque chose de profondément apaisant à commencer la journée entourée de visages souriants. À part cela, rien de particulier… L’écriture de mon blog, un peu de sport pour garder le cap… puis le dîner au restaurant. Mais ce soir, ce ne sera pas avec mes amis canadiens : ce sera avec Michel. En effet, à chaque soirée de gala, nous avons notre petit rituel dîner ensemble au restaurant Eldera. Et qui dit soirée de gala dit aussi tenue « élégante » conseillée…Commence alors le moment du choix de la robe. Mon regard s’arrête sur une robe longue blanche, légèrement décolletée, signée @fabricezaadySullyvan. Une robe qui, à chaque fois que je la porte, fait couler beaucoup d’encre sur les réseaux sociaux… mais peu importe, j’assume pleinement. C’est d’ailleurs en rejoignant Michel à l’amphithéâtre pour le spectacle Moondance que je le réalise à nouveau. Pendant un instant, je me sens transportée dans les années 40, à l’époque d’Al Capone une ambiance feutrée, élégante, presque irréelle… J’ai adoré cette parenthèse hors du temps.
Puis, comme à notre habitude, nous faisons un passage au bar du 5e étage pour déguster une coupe de Prosecco, accompagnée de quelques peanuts… Une fois par semaine, c’est raisonnable, non ? Le temps d’immortaliser ce moment, et nous rejoignons ensuite le restaurant Eldera pour notre dîner de gala. Ce soir-là, rien ne m’inspire vraiment à la carte… alors je me laisse tenter par deux entrées, et je craque littéralement pour le dessert : un crumble aux fruits rouges. Bon, rien à voir avec celui que je fais moi-même… mais le champagne, l’ambiance, la douceur du moment… tout concourt à me donner le sourire. Et je me sens bien. Après le dîner, Michel tente de m’entraîner pour un after… mais je décline. Ce sera retour à la cabine. Un dernier regard sur le compteur de mon iPhone : Yes, les 10 000 pas sont atteints.
Une belle soirée, entre élégance, gourmandise et petits plaisirs assumés.
Deuxième journée en mer… et cette fois, je suis bien décidée à faire un peu plus de sport. Et pour me récompenser parce que oui, il faut savoir se féliciter je m’offre un massage aux pierres chaudes, bien mérité, avec ma masseuse préférée, Tribute. Un vrai moment de lâcher-prise…Côté tenue, aujourd’hui, je joue la carte de l’enfance assumée : une robe salopette bleu pastel, avec un petit nounours glissé dans la poche avant. Oui, oui… effet “petite fille” garanti. Une tenue que j’ai dénichée à Penang pour 20 dollars comme quoi, on peut se faire plaisir sans se ruiner. Et comme si cela ne suffisait pas, en passant devant une boutique, on m’offre une énorme sucette Chupa Chups contenant une trentaine de petites sucettes… Évidemment, vous me connaissez un peu : impossible de résister à l’envie d’immortaliser ce moment avec une vidéo drôle. À part cela, une journée assez classique… L’écriture de mon blog, un peu de sport pour garder le cap, puis le dîner au restaurant avec mes amis canadiens un rendez-vous devenu une habitude agréable. Ah… j’allais presque oublier l’essentiel : j’ai craqué pour un dessert au chocolat. Une tentation à laquelle je n’ai opposé aucune résistance… et sans le moindre regret. C’est à ce moment-là, que l’un des couples canadiens nous annonce qu’ils viendront désormais moins souvent dîner au restaurant : Horaires, choix des plats…vous savez… je les comprends. Je dois bien le reconnaître que la différence avec le buffet ne me semble pas flagrante. C’est un peu dommage.
Comme à mon habitude, après le dîner, je rejoins Michel au buffet. Lui a décidé de ne plus aller au restaurant, depuis pas mal de temps. En tout cas, moi j’ai toujours plaisir à le rejoindre pour prendre mon dessert avec lui… Enfin ce soir, ce ne sera pas le cas, ma présence est plutôt symbolique… mon plaisir gourmand avait déjà été comblé plus tôt. La soirée se poursuit à l’amphithéâtre avec le spectacle du jour : Motown. Curieuse, je me demande qui va monter sur scène… et là, je découvre à nouveau les chanteurs du spectacle Gospel, déjà vus la semaine dernière et même l’an dernier, en 2025. Aucune surprise, donc… et, honnêtement, la magie n’opère pas. Les voix ne me semblent pas à la hauteur, les tenues manquent d’élégance… Je n’adhère pas. Peut-être simplement parce que l’effet de surprise n’est plus là.
Alors, quand Michel me propose comme chaque soir de le rejoindre à l’after du 13e étage, la “Jungle Party”, je décline sans hésiter. Attendre une heure pour ça ? Très peu pour moi. L’endroit une piscine intérieure où la chaleur est étouffante et la qualité du son ne me séduisent pas du tout. Retour à la cabine… enfin, presque. Je termine d’abord mes 10 000 pas dans le couloir. Une petite victoire quotidienne avant de clore cette journée.
Troisième journée en mer… Ai-je bien reculé ma montre d’une heure ? Oui. Il est 6h30 lorsque j’ouvre les yeux. Je sais… je suis une lève-tôt. Après un bon petit-déjeuner, j’ai envie de profiter du calme du pont, encore presque désert, pour commencer à marcher… prendre un peu d’avance sur mes 10 000 pas quotidiens. Je croise un grand sportif, visiblement dépité. Je ne comprends pas tout de suite… puis il me confie qu’il s’ennuie : les gens, l’ambiance… « je n’en peux plus », me dit-il. Je ne réponds rien, je me contente de lui sourire. Mais au fond, je comprends ce qu’il ressent. Le vent est impressionnant, presque violent, mais le soleil est déjà bien présent. Les cheveux au vent, je me sens vivante… légère. Je me regarde, et je me trouve reposée. Alors, j’ai envie de montrer qui je suis vraiment : une femme de 64 ans, sans maquillage, assumée. J’ose une vidéo en direct, en réponse à toutes ces critiques… et la magie opère. En peu de temps : 14 500 vues sur Instagram. Comme quoi, l’authenticité parle. Après une bonne douche, je me consacre à l’écriture de mon blog tout en parcourant mes messages. L’un d’eux attire particulièrement mon attention : une Canadienne, présente sur le bateau, m’écrit qu’elle ne me suivra pas pour la journée au Eden Blue aux Seychelles… elle préfère la plage. Curieuse, je me renseigne sur les plages proches de notre escale à Port Victoria. Et là, surprise : celles à proximité ne sont pas exceptionnelles. La plus belle semble être Anse Soleil Beach, mais elle se trouve à 35 km… avec un taxi à 110 € l’aller. Ma décision est prise : ce sera donc une journée “Day Pass” à l’Eden Bleu Hotel. Même seule… all the best.
L’après-midi s’écoule tranquillement, entre soleil et vent puissant. Un peu de bronzage, encore un peu de sport en fin de journée, de la lecture… et même une partie de Candy Crush Saga. Puis, très vite, 20h arrive. Je rejoins Michel au buffet pour le dîner. Ce soir, je porte une robe élégante, légèrement sexy… et je ressens certains regards, pas toujours bienveillants. Cela m’agace un peu, je ne vais pas mentir… mais je passe au-dessus. Direction ensuite l’amphithéâtre pour le spectacle du soir : La Veuve joyeuse, interprétée en allemand par la troupe de ténors du bateau. Et là… une vraie surprise. La Veuve joyeuse est tout simplement exceptionnelle : décors somptueux, danseurs, chanteurs… un vrai moment de grâce. J’en aurais voulu encore plus. Comme chaque soir, Michel me propose ensuite de le rejoindre pour la soirée Beatles, prévue une heure plus tard. Et comme souvent… je décline. Je préfère retrouver le calme de ma cabine. Un dernier regard à mon compteur : les 10 000 pas sont faits. Et finalement… c’est bien ça, l’essentiel.
4eme journée en mer… je vais reprendre le message de Pedrag Matvejevic de sur le Daily Program « La mer sait, la mer se souvient », il apporte une profondeur presque mystique. La mer devient ici une mémoire vivante : elle symbolise le temps, les secrets, les traces invisibles de ce qui a été vécu. Cela suggère que rien ne disparaît vraiment, que nos actes, nos émotions, nos passages laissent une empreinte quelque part même si elle est imperceptible. Ensemble, ces deux phrases dessinent une réflexion sur la condition humaine : nous avançons, embarqués dans nos vies comme sur un navire, tandis que quelque chose de plus vaste le monde, le temps, ou la “mer” au sens symbolique garde en mémoire notre passage. C’est à la fois humble et vertigineux. Vous ne trouvez pas… ? Et tandis que j’écris ces mots, je suis sur le pont, en train de faire mes pas…Au loin, une ligne se dessine doucement à l’horizon. Les Maldives. Presque irréelles. Une apparition furtive que l’on devine plus qu’on ne voit. Nous n’accosterons pas… simplement les frôler du regard, comme un rêve que l’on n’atteint pas tout à fait. Puis, soudain, une annonce du commandant de bord vient rompre cette parenthèse contemplative. Une urgence médicale. Un bateau est en approche pour une prise en charge.
Le ton est sérieux, mesuré… mais il ne laisse aucun doute. Il y a, dans ces moments-là, quelque chose de profondément humain qui refait surface. Ce n’est pas la première fois depuis le début de la croisière. Plusieurs urgences déjà… certaines évacuées par hélicoptère. Et à chaque fois, le même sentiment : nous sommes là, entre ciel et mer, dans une forme de bulle… mais la réalité, elle, ne s’arrête jamais. Je continue de marcher, machinalement. Mes pas s’enchaînent, mais mon esprit s’évade ailleurs. À cette personne, quelque part sur le bateau. À sa vie, à son histoire, à ce qui l’attend.
Et cette phrase me revient : « La mer sait, la mer se souvient. » Oui… peut-être qu’elle est témoin de tout cela. Des instants de joie, des rires partagés, des rencontres… mais aussi des fragilités, des urgences, des vies qui basculent en un instant. Face à elle, nous sommes peu de chose. Et pourtant, nous continuons d’avancer. De marcher. De vivre. Le vent est toujours là, puissant, presque indomptable. Le soleil, lui, éclaire cette scène avec une douceur inattendue. Contraste saisissant entre la beauté du décor… et la gravité du moment. Je regarde au loin une dernière fois. Les Maldives s’effacent doucement. Comme un rappel que tout passe. Que tout glisse. Mais que, quelque part… tout reste. Allez… bouge tes fesses, Annick… ce matin.
Je suis nostalgique, je dois bien l’avouer… Mais il faut avancer, à tous les niveaux. Déjà, tous mes rendez-vous médicaux sont confirmés pour fin juin, et je suis à jour sur mon blog… Ce bilan des trois mois est compliqué, un peu vertigineux même. Aujourd’hui, je n’ai pas envie de faire mes 10 000 pas… et c’est ainsi. Il faut savoir lâcher prise. Mais je pratique quand même mon sport dans ma chambre, comme un petit clin d’œil à ma discipline. Et puisque j’ai bien avancé sur tout, je m’offre un bain de soleil un peu plus long que d’habitude… jusqu’à 16h30. Un luxe rare depuis le début de cette croisière. Ce soir, pour le dîner, ce sera sans doute le restaurant… même si nous ne sommes plus que trois. Cela fait longtemps que nous n’y sommes pas allés…Eh bien… encore une fois, le destin en décide autrement. Je reçois un message : ce soir, au buffet, l’Amérique est à l’honneur. Alors ce sera buffet… et, à vrai dire, cela ne me dérange pas du tout. J’en profite pour regarder ce que MSC nous a prévu à l’amphithéâtre : il s’agit de Paolo GGiua, pour une soirée teintée de magie… Une promesse d’évasion supplémentaire.
À 18h30, lorsque j’arrive au buffet, tout est décoré aux couleurs de l’Amérique… Lumières scintillantes, drapeaux flottants, une ambiance presque cinématographique. Je suis heureuse de retrouver mon couple de Canadiens, Bob et Claire. Leur sourire chaleureux donne déjà le ton de la soirée. En m’installant à leur table, je passe devant les étals où sont proposés les plats américains : de généreux burgers juteux, des hot-dogs bien garnis, des ribs caramélisés à la sauce barbecue… sans oublier les mac and cheese fondants, les pancakes dorés nappés de sirop d’érable, et même une apple pie encore tiède qui embaume toute la salle. Un petit bout d’Amérique en pleine mer… comme une escale imaginaire, un rêve qui s’invite à table. Alors que je savoure mon dessert, Michel nous rejoint. Je lui parle de l’artiste prévu sur scène ce soir… Il ne semble pas très enthousiaste, un peu comme moi. Mais nous irons quand même voir Paolo GGiua, le magicien… Espérons que ses tours sauront nous emporter et nous faire passer une belle soirée. Dès les premiers tours, à mon niveau, la magie n’opère pas vraiment. Disons que je passe malgré tout un bon moment aux côtés de mon ami. Après tout, nous ne nous voyons presque pas de la journée, et ces instants partagés ont leur propre valeur. Vers 22h30, les années 90 sont à l’honneur sur le pont 13… Arriverai-je à trouver l’énergie d’y aller ? Ou me laisserai-je porter par la douceur de la nuit, entre fatigue et rêverie… c’est encore raté… ce n’était pas une heure d’attente entre les deux soirées mais 1H15… et puis mes 10000 pas ne sont pas terminés c’est 6000 mais tant pis… ce sera pour demain
5eme journée en mer… Levée de bonne heure, je me dirige vers le bar à l’avant du bateau pour prendre mon petit-déjeuner. J’ai plaisir à y retrouver Agus, un jeune barman, je me fais la réflexion que j’aurais dû venir ici dès le début de ma croisière. Un petit regret… vite balayé par le plaisir d’avoir trouvé, finalement, ma place. Je commence ensuite mes exercices : quelques mouvements pour mon dos, du gainage, puis la chaise contre le mur, dans ma chambre. Une routine qui me structure, qui me fait du bien. Puis vient la marche. Sur le pont, entre le vent et le soleil… un moment simple, mais profondément agréable. Je me sens bien, là, à ma place. Je poursuis au spa, où Tribute m’attend pour mon massage aux pierres chaudes. Séance après séance, mon corps se relâche… Mon mollet, qui me faisait souffrir, ne me fait presque plus mal. Mais au-delà du physique, c’est surtout un vrai lâcher-prise.
La matinée s’est écoulée doucement, entre lumière chaude et instants suspendus, comme une parenthèse apaisante. Ce qui me pousse à la réflexion. Dès le début de cette croisière, je m’étais engagée dans un forfait coiffure une parenthèse que j’imaginais légère, presque un plaisir. Pourtant, au fil des rendez-vous, une évidence s’est installée : malgré l’attention apportée, je ne me retrouvais pas vraiment dans le résultat. Une drôle de sensation… comme si, finalement, j’étais plus en accord avec moi-même lorsque je prenais soin de mes cheveux seule, même si cela demande plus d’énergie. Alors, portée par une légère fatigue et quelques tensions dans le dos, l’envie de réorienter ce moment vers quelque chose de plus enveloppant s’est imposée naturellement. J’ai proposé de transformer le reste de ce forfait en une expérience au spa un instant de détente plus en phase avec mes besoins du moment ; Je continue, doucement, à faire des choix pour moi.
Le soir venu, en partageant cela à table avec mes canadiens, j’ai perçu un léger décalage. Rien de vraiment dit, rien de frontal… simplement une atmosphère un peu moins fluide, comme une conversation qui hésite. Peut-être un malentendu, peut-être autre chose difficile à définir. Les mots se voulaient légers, mais ils laissaient entrevoir une nuance plus trouble. Cela m’a laissée un peu songeuse, avec cette impression discrète que certains élans ne sont pas toujours reçus comme on l’imaginerait.
Alors, sans y attacher plus d’importance qu’il n’en faut, je choisis simplement de prendre un peu de distance… et de revenir à l’essentiel : ces moments de calme, de douceur, et cette liberté précieuse d’écouter ce qui me fait du bien. Et pourquoi pas diminuer mes dîners avec eux, d’autant plus qu’un des couples nous annonce que c’est ce qu’ils ont décidé eux aussi de faire, ne venir au restaurant que quelques fois par semaine. Le buffet… j’aime aussi, cela permet de manger ce que l’on veut… d’autant plus que sur le bateau, il y a du choix. Et pourquoi pas, me joindre à Michel qui lui a choisi de diner chaque soir au buffet…plus tard, à son rythme….
6ème journée en mer et ce matin, au petit-déjeuner, j’ai croisé notre serveur du restaurant. Je lui ai parlé, simplement, et je lui ai glissé un petit billet pour le remercier de sa gentillesse. Il semblait touché… presque triste de ne plus me voir le soir. Je l’ai rassuré. On se verra ici, le matin. Et en évoquant sa famille à l’île Maurice… nos regards se sont croisés, un peu humides. Des moments vrais. Ceux qui comptent. Et puis, en prenant ce temps pour moi, je réalise quelque chose… Depuis le début de cette croisière, je m’étais fixé comme objectif de participer à des activités de groupe : sport, danse, ateliers, chorale, comédie…Et après trois mois… je n’ai rien fait. Comme en 2025.
Alors je me pose la question…Suis-je…faite pour être en groupe ? Ou est-ce simplement qu’aujourd’hui, j’ai besoin d’autre chose ? Peut-être que ce voyage n’est pas celui des activités…Mais celui de la rencontre avec moi-même. Puis la journée continue… pas de conférence le sujet ne m’inspire pas vraiment : « les châteaux d’eau » … Je passe mon tour sans culpabiliser. En revanche, je dis oui à un expresso au bar du 5ᵉ… mon petit rituel plaisir. J’enchaîne avec l’écriture de mon blog et le tournage de ma vidéo pour les Seychelles… Je me projette déjà, entre images et lumière. Puis vient le bain de soleil… bien mérité, jusqu’à la fin de l’après-midi. Et je me mets à rêver… à lâcher prise..
Cet hotel aux Seychelles… je l’imagine déjà, un lieu élégant, posé au bord de l’eau, entre modernité et douceur tropicale. Une piscine aux lignes épurées qui se confond presque avec la mer, des terrasses ouvertes sur le lagon, une lumière blanche qui se reflète sur les façades contemporaines. Peut-être quelques palmiers qui dansent doucement avec le vent… et cette atmosphère calme, presque feutrée, loin de l’agitation. Un endroit où l’on peut simplement s’asseoir, observer, respirer… et profiter sans se presser. À l’inverse, les plages… sûrement sublimes, sauvages, éclatantes de beauté. Mais aussi plus lointaines, plus incertaines dans l’organisation. Et aujourd’hui, je me connais…Je pense que je vais choisir la facilité… mais une facilité choisie. Aller seule, tranquillement, faire un « Day pass » à cet hotel. M’offrir un moment simple, sans contrainte… juste pour moi.
Ce soir, je ne dînerai pas avec mes amis canadiens à 18h30, mais plus tard, à 19h45, au buffet, en compagnie de mon ami Michel. Je dois bien l’avouer… l’attente est un peu longue. Mon estomac, fidèle à lui-même, commence à se manifester dès 16h il faut dire que mes déjeuners sont souvent légers. Seule parade pour patienter : quelques noisettes discrètement gardées dans la cabine. Une solution temporaire… il faudra trouver mieux pour les prochains jours. Enfin, 19h45. Affamée, mais ponctuelle et lui aussi, heureusement. J’apprécie cette exactitude. Le buffet est généreux, varié, presque tentant à chaque détour. Quelques regards se posent sur moi : je porte déjà ma robe pour le théâtre. Peu importe… j’assume pleinement. À peine le temps de savourer une glace qu’il faut déjà filer vers l’amphithéâtre.
Ce soir, le spectacle s’intitule Musique in Mashera. Dès les premiers instants, la magie opère. Les chanteurs apparaissent, et très vite, je devine une réinterprétation de La Belle au bois dormant… la pomme empoisonnée, les symboles, les clins d’œil tout est là pour inviter à rêver. Les costumes, les voix, les décors… tout est magnifique, presque irréel. Je me laisse porter sans effort. Et puis, sans prévenir, le spectacle bascule. Quatre silhouettes surgissent sur scène, comme venues d’un autre monde. Des automates modernes, étranges et fascinants. Leurs mouvements ralentis, leur énergie singulière, l’atmosphère futuriste… c’est inattendu, captivant, absolument saisissant. J’en voudrais encore, prolonger cet instant suspendu…Mais déjà, les lumières se rallument. La parenthèse se referme. Un instant, je songe à prolonger la soirée. Anya et Michel me proposent de les rejoindre plus tard pour le jeu Crew vs Guests, prévu à 22h30. Je regarde l’heure… attendre encore une heure me semble au-dessus de mes forces ce soir. Alors je choisis la douceur du retour. Ma cabine m’attend, paisible. Et puis, détail non négligeable : mes 10 000 pas sont atteints petite victoire du jour, toujours satisfaisante.
6eme journée en mer…À peine les yeux ouverts, une idée s’invite à moi, comme une évidence : pourquoi ne pas offrir ce paquet de sucettes Chupa Chups, acheté récemment, aux jeunes barmans du buffet, au 13ᵉ, côté avant ? Une attention simple… mais qui, je l’espère, fera plaisir. Eux y gagnent un sourire, et moi… un peu moins de sucre. Et à en juger par leurs visages, le pari est réussi : ils semblent sincèrement ravis. Ce sont ces petits gestes, finalement, qui illuminent une journée. Dans la foulée, je confirme ma venue à l’hôtel Eden Blue, aux Seychelles. Décision prise, légère et spontanée. Quelques pas sur le pont pour m’éveiller complètement, le regard porté vers l’horizon, puis je poursuis avec un moment de détente pour mon dos, dans le calme de la cabine. Plus tard, installée au bar du 5ᵉ, je savoure lentement un expresso. Le temps semble suspendu. J’en profite pour jeter un œil au thème de la conférence du jour : l’île Maurice. Justement… je n’ai pas encore finalisé l’organisation de ma deuxième journée, je verrais avec Michel pendant la conference…
C’est une de ces journées où l’on a simplement envie de faire plaisir, sans raison particulière… juste parce que le cœur déborde un peu. Alors, naturellement, mes pas me mènent vers Rossana, la cheffe barman du 5ème. Pendant des semaines, elle a été mon petit refuge, me préparant avec attention ses fameux gingers (gingembre/rhum/citron/miel), pour apaiser ma toux. Des gestes simples, mais empreints d’une douceur que l’on n’oublie pas. J’avais envie de la remercier… vraiment. L’idée d’un bijou m’a effleurée. Puis, en repensant à chacune de nos rencontres, à sa voix chaleureuse qui me glissait presque chaque soir : « Jolie robe, Madame Annick, elle vous va si bien… », une autre idée a doucement pris forme… plus audacieuse, presque comme une évidence. Et si je lui offrais une robe… une vraie… une robe de styliste parisien. Un cadeau inattendu. Un souvenir à porter, à vivre, à garder longtemps. Sans hésiter davantage, je remonte à ma cabine. Je sais exactement laquelle choisir : cette robe portefeuille noire, soulignée de blanc, délicatement rehaussée de liserés dorés. Sur moi, elle est peut-être un peu courte… mais sur elle… je l’imagine déjà. Sa silhouette plus petite, sa chevelure brune… la robe prendra une autre vie, la sienne. Quand je reviens vers elle et lui tends le sac, le temps semble suspendu un instant. Elle est surprise. Presque déstabilisée. On sent que le geste la touche profondément, mais qu’elle n’ose pas… Comme si accepter ce cadeau revenait à franchir une frontière invisible, intime. Elle refuse d’abord, doucement. Puis encore. Et finalement, avec une délicatesse infinie, elle prend le sac entre ses mains. Un sourire timide éclaire son visage. « Je l’essaierai pendant ma pause… et je vous dirai. C’est très gentil, Madame Annick… ». Et dans ses yeux, déjà, quelque chose brille. Peut-être un peu d’émotion. Peut-être un peu de rêve.
Puis la journée se poursuit…une solitude douce, presque choisie… même si parfois elle interroge. Personne ne m’approche vraiment… ou alors ceux qui osent le faire ne font que passer… des rencontres éphémères, comme balayées par le vent du large. Et puis, il y a les exceptions… la Montpelliéraine, Michel mon ami avocat tous deux rencontrés lors de cette croisière 2025. Des visages qui restent, quand tant d’autres s’effacent. Il y a aussi ces mystères humains…Ces personnes que vous croisez, qui un jour vous sourient, vous saluent… et le lendemain, vous ignorent. Pourquoi ? Personne ne sait…À méditer, au fil de l’eau. Alors je me recentre sur l’essentiel : le soleil sur ma peau, la lumière, la mer…Et cette liberté précieuse d’avoir du temps. Je m’occupe, je crée, j’avance. Je finalise mon interview pour cet hôtel aux Seychelles… et déjà, je me projette ailleurs. Cape Town. L’année dernière, lors de ma croisière autour du monde 2025, ce fut une escale furtive… une seule journée. Mais une journée marquée par un moment fort : la visite de la prison où fut enfermé Nelson Mandela. Un lieu chargé d’histoire, de silence, de respect. Cette année, deux jours m’attendent. Deux jours pour respirer la ville, la vivre autrement…Et peut-être même oser. Pourquoi pas un saut en parapente…L’idée me traverse, légère, presque évidente. Quand j’en parle à Bob, le mari de Claire, il semble partant…Alors… pourquoi pas ? Et puis, comme souvent en mer, la soirée arrive presque sans prévenir. Dîner au buffet avec Michel… conversations simples, agréables… Puis le spectacle. Je retrouve avec plaisir la troupe de Gospel. Étrangement, cette fois-ci, leurs chansons me touchent davantage… comme si j’étais plus réceptive, plus ouverte. Et puis, ce moment suspendu…La chorale improvisée, composée de croisiéristes, qui se mêle à eux pour la dernière chanson. Un instant collectif, inattendu… presque magique. Exceptionnel. Il est temps pour moi de regagner ma cabine. Un peu de lecture…Et puis… Candy Crush Saga. Non, je ne vais pas devenir accro…Je vous le promets.
