Croisière 2026 Seule autour du monde
Je pensais visiter Singapour… je ne pensais certainement pas tomber sous le charme d’un aéroport
2 avril 2026 – en mer
RAS…En apparence. Parce qu’en réalité, ces journées en mer ont quelque chose de particulier. Comme une pause entre deux mondes. J’écris à Michel pour lui dire que la conférence commence. Sa réponse tombe : il est fatigué, il préfère dormir. Je souris. La veille encore, il débordait d’énergie… Comme quoi, même en voyage, le corps finit toujours par réclamer son dû. De mon côté, je ralentis. Enfin. Je m’offre du temps. Du vrai. J’avance sur mon blog, sur mon autobiographie… comme si le bateau devenait un cocon propice à l’introspection. Les mots viennent plus facilement, portés par le rythme lent de la mer. Et puis, un rayon de soleil. Impossible de résister.
Je m’installe, je profite… et je croise le chemin d’une Canadienne, Sylvie, je la connais peu mais je l’apprécie beaucoup. Elle me confie qu’elle aimerait partager la journée d’escale aux Seychelles avec moi. S offrir une belle journée dans un hotel de rêve. Je souris. Les voyages sont aussi faits de ces rencontres inattendues. Et déjà, mon esprit s’évade… Les Seychelles… cet hôtel où j’étais venue l’année précédente avec Steeve… Les souvenirs remontent, doux, presque nostalgiques. La fin de journée s’installe tranquillement. Un passage chez le coiffeur… comme une parenthèse de douceur. Puis le dîner.
C’est toujours un plaisir de retrouver mes amis canadiens après plusieurs jours… Les discussions reprennent naturellement, comme si nous ne nous étions jamais quittés. L’un des couples revient de la Muraille de Chine, et je les écoute avec attention. Peut-être que moi aussi, bientôt, je la découvrirai… avec mon fils. Et puis…Un détail. Un de ces petits riens qui font tout. Le cuisinier me reconnaît. Sans un mot, avec un sourire complice, il m’apporte quelques morceaux de camembert de la veille. Il s’en est souvenu. Je suis touchée. Je partage… puis j’en garde un peu, précieusement. Comme un trésor. Comme un clin d’œil à mes racines au milieu de ce voyage lointain. La soirée continue : j’y vais ou j n’y vais pas à l’amphithéâtre…ce soir a lieu un opéra « Rigoletto ». A 18H00 c’était oui… et là… à 20H00 c’est non, j’ai plutôt envie de rejoindre ma cabine : calme, silence, lecture et écriture. Parce que demain… une nouvelle aventure m’attend. Le Vietnam. Et déjà, je sens que l’histoire continue… avec une heure en moins. Ne pas oublier….
3 avril 2026 – Da Nang – Vietnam
Dès 8H30 du matin, je suis déjà dans le bus pour aller explorer les trésors historiques et architecturaux de Da Nang. La lumière dorée caresse déjà les rues de la ville qui s’éveille doucement, entre modernité vibrante et héritage ancestral. Je suis prête à me laisser surprendre par l’âme du Vietnam central dont mon styliste parisien m’a tant parlé. Notre première étape a lieu sur les hauteurs de Bà Nà, où se niche la majestueuse pagode Linh Ứng. L’atmosphère y est presque irréelle. L’air est plus frais, le silence apaisant… et soudain, elle apparaît. La gigantesque statue de la déesse de la Miséricorde, s’élevant à 67 mètres, semble veiller sur la mer et la ville. Face à ce panorama vertigineux, le temps semble suspendu. Je respire, je contemple, je me sens minuscule… et profondément vivante. Le voyage continue vers la péninsule de Sơn Trà, véritable écrin de nature bordé par la mer. Les paysages y sont saisissants : une végétation luxuriante, des routes sinueuses, et toujours cette sensation d’évasion totale. Plus tard, changement d’ambiance avec la découverte d’ateliers d’art et de boutiques de jade. D’imposantes statues, des sculptures minutieuses… ici, le savoir-faire artisanal prend toute sa dimension, entre tradition et fascination. Puis nous remontons dans le bus pour nous retrouver quelques minutes plus tard en totale immersion dans un marché local haut en couleurs. Les étals débordent de vie : poissons encore frémissants, fruits exotiques aux formes surprenantes, odeurs intenses… Un spectacle brut, authentique. Les gens crient, certains nous bousculent… c’est un véritable chaos par rapport à la péninsule de Son-Trà.. Mais c’est la vraie vie…
Notre dernière visite aura lieu au musée de Đà Nẵng, installé dans l’ancienne citadelle de Điện Hải, raconte une autre facette de la ville. Derrière ses murs chargés de mémoire, chaque objet, chaque document murmure des fragments du passé. Ici, le Vietnam résistant, courageux, se dévoile avec émotion. Avant notre retour au bateau, alors que l’on ne s’y attendait pas du tout, le guide nous annonce qu’après avoir traversé à plusieurs reprises le pont du Dragon, nous nous arrêterons à son pied pour prendre photos et vidéos. Tout le monde éclate de joie et le remercie vivement. Imposant, spectaculaire, presque mythique. Une perspective unique. Là, face à ce dragon d’acier, on imagine facilement le moment où il s’anime, crachant feu et eau lors des grandes occasions. Même immobile, il dégage une puissance fascinante. Đà Nẵng ne se visite pas. Elle se ressent. Entre spiritualité, histoire, nature et modernité, elle offre une expérience complète, intense… et inoubliable. Il est presque 14H lorsque je rentre au bateau, sur les 35 personnes qui m’accompagnaient ce matin, il ne reste que 5 personnes dans le bus… beaucoup ont eu envie de rester en ville pour faire des achats… Moi, j’ai mon magné… c’est le principal… je préfère passer le reste de l’après-midi au bord de la piscine. Puis la marche sur le pont pour arriver à mes 10000 pas… Challenge Réussi. N’ayant pas très faim, je préfère diner au buffet avec Michel… 20h c’est bien.



4 & 5 avril 2026 – en mer
Waouh… il est 8h30 lorsque j’ouvre les yeux. Après un petit-déjeuner copieux au 13ᵉ étage, suivi de mon heure de sport, je m’attaque au fameux document à remplir pour notre entrée à Singapour. Et là, bonne surprise : MSC a vraiment bien fait les choses. Tout est expliqué clairement, étape par étape. Même moi, qui n’aime pas du tout remplir ce genre de formalités… cela ne me prend que quelques minutes. Moins d’une heure plus tard, je reçois déjà le document validé par l’ICA. Efficace ! Je décide alors de décliner la conférence de presse de Massimo pour m’accorder un moment plus précieux à mes yeux : savourer mon expresso quotidien, tranquillement au bar du 5eme. Ensuite, place au blog. Il faut que j’avance… surtout que je dois bientôt faire le point sur ces trois mois passés à bord. Puis vient le déjeuner. Seule, comme souvent. On dirait presque que j’ai des boutons… personne ne s’approche ! (Rires). S’ensuit un bon bain de soleil. Malgré le vent, la chaleur est bien là, et le soleil aussi c’est tout ce qui compte. Et puis, je m’abandonne doucement à la lecture… un moment suspendu, rien qu’à moi.
En fin de journée, je rejoins mes amis canadiens au restaurant, à la fin du repas ils me proposent de je me joindre à eux à 22h30 à l’ONYX pour le show MSC. Je reste évasive…De retour dans ma cabine, je jette un œil au programme du jour : quatre équipes Air, Terre, Eau, Feu doivent s’affronter à travers des sketchs comiques pour gagner les votes du public et impressionner les juges. Sur le papier, ça semble drôle… mais je ne le sens pas. Et j’avais raison. Le lendemain, les avis sont unanimes… ou presque : très mitigés. Pour certains, c’était même franchement nul.
De mon côté, je commence déjà par rejoindre Michel au spectacle de 20h45 à l’amphithéâtre. Après, je verrais bien…mais là encore… petite déception. Non pas à cause de Bruno Vincenzi, qui a une très belle voix, mais plutôt parce que je l’avais déjà vu chanter ailleurs sur le bateau, en fin de journée ou en soirée. Je m’attendais à un vrai spectacle… quelque chose de plus marquant, de plus inédit. Comme quoi, même en croisière, tout ne peut pas être magique chaque jour… mais chaque jour reste une histoire à raconter. Les 10000 pas sont faits, et pas envie d’aller rejoindre mes amis canadiens à 22H30…mais plutôt ma cabine.
Pour cette deuxième journée en mer, je me réveille avec un grand sourire. Enfin… je vais pouvoir retourner à la salle de sport ! Mon mollet ne me fait plus souffrir. Un mois d’attente…Bon, cela ne m’empêchait pas d’effectuer quelques exercices dans ma cabine décontraction du dos, chaise, abdos mais rien ne remplace une vraie séance. Lorsque je rejoins le buffet pour mon petit-déjeuner, la plupart du personnel me souhaite de joyeuses Pâques. Ah oui… c’est vrai. J’avais complètement oublié. Sur le bateau, entre les décalages horaires et les excursions, on perd vite la notion du temps… et même certaines dates importantes. En allant prendre mon expresso au 5ᵉ étage, je découvre une magnifique décoration : un énorme œuf de Pâques suspendu, et derrière le piano, une superbe gravure. L’ensemble est absolument exceptionnel, presque magique. MSC propose également de commémorer cette journée spéciale avec respect et gratitude, en célébrant l’esprit de renouveau que Pâques apporte au monde. Un espace est dédié à l’unité, à la paix et à l’inspiration. Une cérémonie est organisée au Royal Théâtre, et j’y assiste avec beaucoup de plaisir. Un moment simple, mais sincère. Merci MSC. Je prends aussi le temps d’envoyer un message à mon fils, à mes proches… et bien sûr à mes internautes, pour leur souhaiter de joyeuses Pâques. C’est important pour moi. La journée se poursuit tranquillement, entre bain de soleil et lecture. À la piscine, je croise Anya, qui m’explique les détails de l’excursion à Singapour.
Elle me demande si je suis intéressée. Pourquoi pas… d’autant plus qu’il s’agit d’un petit groupe sympa elle sait que je ne suis pas fan des grands groupes. Dans la foulée, elle me propose aussi une place pour l’excursion à Penang. J’hésite à peine… Je jette un coup d’œil, mais je décide de lui faire confiance. Et puis l’organisatrice, Séverine, que je croise de temps en temps, m’a l’air plutôt sympathique. Alors je dis oui.
Le soir, je choisis de rejoindre Michel pour le dîner. J’aime bien, de temps en temps… et comme je l’ai déjà dit, le buffet reste mon préféré. Nous assistons ensuite ensemble au spectacle à l’amphithéâtre : Gospel Celebration. Moi qui adore le gospel… je suis ravie. Mais dès les premières notes, je déchante. Une impression de déjà-vu. Exactement le même spectacle que l’année dernière. Aucune surprise, aucune découverte. Je suis déçue. Michel le ressent aussi. Lui aussi s’en souvient… et partage cette même impression. Alors quand il me propose de le rejoindre pour l’after… je refuse. Mais ça, il en a l’habitude. Au moins, une chose est sûre : mes 10 000 pas sont faits.
6 avril 2026 – Singapour – Chine
La journée avait pourtant mal commencé… Déjà, au moment de tourner une vidéo pour annoncer mon arrivée à Singapour, le vent et la pluie incessante m’avaient rapidement fait abandonner. Impossible de capturer quoi que ce soit dans ces conditions. Un premier petit goût de frustration…Et puis, il y avait cette légère appréhension : partir en excursion avec des personnes que je connaissais à peine. Le rendez-vous était fixé à 7h45 à la réception, et il était hors de question pour moi d’être en retard. Le bateau était encore en cours d’accostage… mais à 8h15, nous n’avions toujours pas les autorisations pour débarquer.
Impossible donc de quitter le navire. Je sentais l’organisatrice s’impatienter. Nous avions rendez-vous avec le chauffeur de @getyourguide à 9h00… et clairement, cela s’annonçait mal. Et la suite n’allait pas vraiment arranger les choses. Une fois enfin descendus du bateau, nouveau contretemps : deux personnes du groupe n’avaient pas pu passer le contrôle de sécurité. Le document IAC que nous avions rempli comportait des erreurs. Résultat : impossible pour eux de sortir. Ils ont dû tout recommencer, accompagnés d’un membre de la réception MSC et d’un agent de sécurité sur place. Pendant ce temps, nous attendions derrière les barrières. L’endroit était immense, presque écrasant, et il était difficile de se disperser. Sans connexion internet, le temps semblait encore plus long, suspendu, incertain. Après 1h30 d’attente, enfin… nous étions au complet.
C’est presque en courant que nous avons rejoint le « van » qui nous attendait. Mais cette précipitation n’était qu’un début : la première visite s’est elle aussi faite au pas de course. Selon l’organisatrice, nous avions déjà perdu trop de temps. Alors oui… je marche beaucoup, 10 000 pas par jour sans problème. Mais pas à ce rythme-là. Pas dans cette urgence imposée, où l’on regarde plus sa montre que les lieux qui nous entourent…Et je sentais bien que cette journée allait être différente de ce que j’avais imaginé. Enfin… malgré tout, j’étais profondément heureuse d’être là. De découvrir Singapour, cette cité-État moderne d’Asie du Sud-Est dont on m’avait tant parlé, réputée pour son architecture futuriste et son audace. Au fil du trajet, tandis que le van avançait, les nuages commençaient à se disperser. Peu à peu, le soleil faisait son apparition, comme une promesse silencieuse que la journée pouvait encore se transformer. Mais le véritable rayon de soleil… je l’ai ressenti en moi.
Lorsque j’ai aperçu ces immenses structures, semblables à des parapluies futuristes, quelque chose a immédiatement changé. Mon stress du matin s’est doucement dissipé, comme emporté par la lumière et les couleurs qui m’entouraient. J’ai eu la sensation d’entrer dans un rêve, un univers où tout devenait plus léger. Ces silhouettes extraordinaires, ce sont les Supertree Grove, dressées vers le ciel comme des arbres venus d’un autre monde. Leurs couleurs, leurs formes, cette architecture presque irréelle… tout semblait pensé pour émerveiller, mais aussi pour apaiser. À Singapour, ces géants veillent en silence. Ils mêlent lumière, métal et végétation dans une harmonie fascinante, comme si la ville avait trouvé le moyen de transformer la modernité en poésie. En levant les yeux, j’ai ressenti ce mélange rare d’émerveillement et de sérénité. Comme si, en quelques instants, tout le tumulte de la matinée s’effaçait… laissant place à une sensation de calme, presque réconfortante. Le monde me paraissait soudain plus vaste… plus beau… et infiniment plus doux.
Je ne sais pas vraiment si nous avions réussi à rattraper notre retard… mais une chose est sûre : le rythme, lui, n’avait pas changé. Toujours aussi soutenu. La seconde visite s’est donc faite dans la même énergie, presque sans pause, jusqu’à notre arrivée devant le célèbre Merlion. Là, face à nous, ce lion emblématique, mi-lion mi-poisson, crache son jet d’eau avec une élégance presque intemporelle, tourné vers la baie. Malgré la précipitation, le lieu impose le regard. Derrière lui, les gratte-ciel modernes dessinent une ligne d’horizon impressionnante, mêlant verre et lumière, tandis que l’ambiance vibrante de Singapour se fait sentir à chaque instant. Je prends quelques secondes… juste quelques-unes… pour observer, respirer, et tenter de capturer l’essence du lieu. Même dans la course, certains endroits réussissent à suspendre le temps. Ensuite, sous une chaleur écrasante près de 40 degrés nous avons enchaîné avec la visite de Chinatown Singapore, un quartier vibrant où traditions et modernité se rencontrent à chaque coin de rue.
Entre les temples discrets, les lanternes rouges suspendues comme des touches de poésie, et les marchés animés, j’ai découvert une autre facette de la richesse culturelle de Singapour. Ici, tout semble raconter une histoire. Mais très vite, la réalité me rattrape. En jetant un œil à ma montre : déjà 13h30. La chaleur, la fatigue, le rythme… tout me rappelle que mon corps, lui, a besoin d’une pause. Je demande alors au groupe à quelle heure ils comptent manger quelque chose. Après tout, Chinatown est l’endroit idéal pour ça. La réponse d’Anya tombe immédiatement :
« En général, on ne mange pas… juste quelques amandes sur le bateau. »
Je la regarde, un peu surprise. Avec cette chaleur, pour moi, c’est tout simplement impossible.
Alors je leur réponds, simplement :
« Faites comme vous voulez… profitez-en pour faire les boutiques et acheter vos souvenirs. Moi, je n’ai rien à acheter. Je préfère grignoter quelque chose et je vous retrouve ici à 14h00. »
Au coin d’une rue, je m’assois tranquillement a un restaurant pour déguster des nans au fromage accompagnées par un perrier pour recharger les batteries. Je regarde ma montre… oui j’ai le temps d’explorer à mon rythme quelques rues avoisinantes, avec cette sensation précieuse de reprendre le contrôle de mon temps…Parfois, il suffit de peu pour transformer une journée.
À quelques minutes près, nous reprenons la route pour la visite suivante. Direction le quartier de Kampong Glam. Dès mon arrivée, l’atmosphère change. Ici, le rythme semble ralentir, presque s’adoucir. Les rues sont plus étroites, bordées de façades colorées aux tons pastel, parfois patinées par le temps. Des fresques murales éclatantes habillent les murs, racontant des histoires mêlant héritage malais, influences arabes et modernité artistique.
Je me laisse porter entre les petites boutiques : tissus délicats, parfums d’encens, objets artisanaux, cafés discrets… Chaque pas révèle un détail, une ambiance, une sensation différente. L’air lui-même semble chargé d’épices et de chaleur. Puis, au détour d’une rue, mon regard est happé. Au loin, se dresse majestueusement la Sultan Mosquée. Son immense dôme doré capte la lumière et semble flotter au-dessus du quartier. Imposante, élégante, presque irréelle, elle domine les toits colorés de ce village vivant et authentique. Plus je m’en approche, plus je ressens une forme de calme. Comme si ce lieu imposait naturellement le respect et l’apaisement. Je repense alors à ce que la guide nous avait dit… mais un doute s’installe. Elle évoquait une forte présence musulmane à Singapour. En réalité, la population musulmane représente environ 15 % des habitants, principalement issus de la communauté malaise. Une richesse culturelle parmi d’autres dans cette ville incroyablement diverse, où cohabitent harmonieusement différentes religions et traditions. Et c’est peut-être cela, finalement, qui rend cet endroit si particulier : cette capacité à faire coexister les cultures, les croyances et les identités dans une même harmonie.
Aux premières paroles de l’organisatrice, je vous avoue être restée dubitative… et je pense que vous l’auriez été aussi à ma place.
— « Préparez-vous, la prochaine visite est exceptionnelle ! »
Dans ma tête, je m’attendais à quelque chose de grandiose, presque irréel… j’étais prête à être impressionnée. Mais quand elle nous annonce :
— « Nous allons visiter l’aéroport de Singapour, le spectaculaire Changi Airport »
…je reste sans voix.
— « Un aéroport ? »
À en juger par les regards autour de moi, je ne suis pas la seule à être surprise. Honnêtement, je n’avais jamais visité un aéroport pendant mes vacances… et ce n’était clairement pas ce que j’imaginais comme moment “exceptionnel”. Mais je décide de lui faire confiance. Et de me laisser porter. Et là… tout bascule. Dès l’entrée, je comprends. Ce lieu est tout simplement hors norme. Ce n’est pas un aéroport… c’est une expérience. Un monde à part entière. Une attraction à lui seul. Je reste littéralement figée quelques secondes. Mes yeux ne savent plus où se poser. L’architecture est spectaculaire, les volumes immenses, la lumière parfaitement maîtrisée… et au cœur de tout cela, la nature s’invite, inattendue, presque magique. Je n’arrête pas de prendre des photos, des vidéos… impossible de m’arrêter. Je veux tout capturer, tout garder, tout revivre plus tard. Je n’avais jamais vu ça. Jamais. Très vite, je comprends pourquoi cette visite est incontournable. Ici, tout est pensé pour émerveiller. Chaque détail surprend, chaque espace raconte quelque chose. On oublie complètement que l’on est dans un aéroport. Même le groupe, habituellement peu tenté par les pauses gourmandes, se laisse séduire. L’idée d’une glace est lancée… et, fait exceptionnel : personne ne dit non. À la vue de la journée que nous venions de vivre, on l’avait largement méritée. Et puis, ici… tout donne envie. Rien à voir avec les échoppes de Chinatown. Les boutiques sont élégantes, modernes, presque irrésistibles. Je me laisse porter, je flâne… et oui, je craque. Quelques achats, comme pour prolonger un peu cette parenthèse hors du temps. Finalement, cette visite que je n’attendais pas… est devenue l’un des moments les plus marquants de la journée. Comme quoi, parfois, les plus belles surprises sont celles que l’on n’avait pas imaginées.
Il était presque 18h00 lorsque le « van » nous déposa au bateau. Trop tard pour rejoindre mes amis canadiens au restaurant. Je décide alors de rentrer tranquillement dans ma cabine. Une bonne douche, un moment pour me délasser, allongée sur le lit… comme une pause nécessaire après cette journée intense.
Un peu plus tard, je rejoins Michel au buffet pour le dîner. C’est toujours un plaisir de le retrouver. Nous avons sans cesse quelque chose à nous raconter, comme si chaque journée apportait son lot d’histoires à partager. Et puis, il faut bien l’avouer… je préfère largement le buffet : plus de choix, plus de liberté, plus de spontanéité aussi. Lorsque Michel me propose de l’accompagner au spectacle de 20h45 une troupe indonésienne, « Kampong Life » je sais pourtant que cela doit être magnifique. Mais, contre toute attente, je décline. Un after après ? Encore moins…Ce soir, mon choix est déjà fait. Je préfère de loin le calme de ma cabine, ce cocon rassurant après l’effervescence de la journée. Parfois, le plus beau luxe… c’est simplement de s’écouter.



