Croisière 2026 Seule autour du monde
De Taïwan au Japon… trois escales, trois ambiances et une seule envie : profiter pleinement !
17 mars 2026 – en mer
Une journée comme les autres en mer…Du sport au lever du jour, un expresso brûlant savouré face à l’horizon, quelques pages dévorées, puis d’autres écrites pour mon autobiographie… Le temps semble suspendu, bercé par le rythme lent des vagues. Le soir venu, un dîner partagé avec mes Canadiens, entre rires et confidences. J’ai finalement préféré regagner ma cabine plutôt que d’assister au spectacle irlandais déjà vu l’an dernier. Mais qu’importe, car la magie était ailleurs… J’ai célébré la Saint-Patrick comme il se doit, selon une tradition irlandaise très sérieuse et absolument pas inventée. Le daily report recommandait de porter du vert… beaucoup de vert. Et en arrivant au pont 13 pour rejoindre Michel, le spectacle était déjà là : une marée émeraude avait envahi les lieux. Beaucoup avaient joué le jeu, mais personne autant que mon amie montpelliéraine Anya. Vêtue de vert, bien sûr… mais aussi coiffée d’une perruque verte, affublée de lunettes vertes, jusqu’au bout des ongles. Une véritable ode à l’Irlande ! Les consignes étaient simples : lever son verre au moins une fois par heure un défi pour moi… chanter un peu faux mais très fort (heureusement, je n’ai aucun effort à faire), et lancer des « Santé ! » à de parfaits inconnus. Ce dernier point me semblait plus délicat disons que je ne suis pas la plus populaire à bord…Et pourtant, quelque chose a opéré. J’ai dansé d’un pied sur l’autre, j’ai ri, j’ai oublié. L’espace d’un instant, les regards, les doutes, tout s’est effacé. Oui, ce soir-là, au milieu de cette mer sans fin, nous étions tous un peu Irlandais.
18 mars 2026 – Keelung – Taiwan
À mon réveil, en jetant un œil à mon ticket d’excursion, j’ai été ravie de constater que je ne devais me rendre à l’amphithéâtre qu’à 10h15 pour la visite de Keelung et Yehliu. Un vrai luxe ! Cela me laissait le temps de savourer tranquillement mon petit déjeuner œufs et bacon puis de tourner ma vidéo pour les réseaux, sans oublier la fameuse question sur cette ville pour @canal83. En montant dans le bus, j’ai immédiatement été émerveillée. L’extérieur était décoré de couleurs vives inspirées des mangas, et à l’intérieur… quelle surprise ! De magnifiques rideaux, des bouteilles d’eau à disposition, des petites poupées manga sur le tableau de bord, et même le Wi-Fi. Une première pour moi depuis toutes mes excursions en autocar. Aucun doute : j’étais bien à Taïwan. Sans parler de l’espace… nous étions installés comme des pachas. Le guide anglophone, accompagné d’un autre guide mauricien, nous a expliqué le fonctionnement de la ville, ses aspects politiques, économiques… avant de rejoindre notre premier arrêt : le parc Chung Sheng. Ce lieu s’est révélé être une véritable oasis de verdure luxuriante. Entre les aires de loisirs, le temple bouddhiste et l’impressionnante statue de Guanyin, déesse de la miséricorde devant laquelle j’ai fait quelques vœux, je me suis sentie immédiatement apaisée. Le site invitait à la contemplation.
J’ai même frappé une immense cloche tibétaine… ce n’était pas facile, mais j’y suis arrivée ! J’ai pris le temps d’explorer le parc à mon rythme, m’imprégnant de sa sérénité et admirant les vues panoramiques sur Keelung, comme suspendue entre mer et montagne. Juste avant de repartir, nous avons croisé un groupe de jeunes écoliers découvrant le site, tout comme nous. Ils étaient si adorables que, pour la première fois de ma vie… j’aurais presque eu envie d’être grand-mère. Nous avons ensuite rejoint le géoparc de Yehliu, niché sur son pittoresque promontoire. Là, la nature semblait s’être transformée en artiste. Les formations rocheuses, sculptées par des milliers d’années d’érosion marine et éolienne, dessinaient un paysage presque irréel.
Je me suis attardée devant les célèbres roches en forme de champignon « Tête de la reine », « Chaussure de la fée », « Ruche », dont les noms ajoutaient encore à la magie du lieu. J’ai flâné, pris des photos, tourné plusieurs vidéos pour immortaliser ces instants… tant je me sentais bien. Une atmosphère douce, presque irréelle… comme un “love in the air”. Je me suis même offert un smoothie à la mangue, savouré face à ce décor unique.
Puis, nous avons repris la route en direction de Linshan Old Street, une charmante rue historique pleine de vie, réputée pour son artisanat traditionnel en bois et ses créations en bambou. J’ai déambulé entre les échoppes, goûté quelques spécialités locales notamment les fameuses patates douces et profité de l’ambiance vibrante et chaleureuse qui y régnait. Juste avant de partir, j’ai eu la chance de visiter un temple et faire une photographie d’un cerisier en fleurs (mon objectif). L’excursion s’est achevée par le retour vers le navire, le cœur rempli d’images et de sensations. Ce fut une journée exceptionnelle, comme une parenthèse hors du temps.
Ce soir… pas de spectacle, juste un diner avec mon ami Michel au buffet du 13eme… je suis explosée… la cause… cette journée ou il fallut marcher … marcher et encore marcher… le résultat plus de 11000 pas. Et puis je n’ai plus 30 ans…Ah j’oubliais… de vous dire aussi… Demain mon excursion est à 9H10 et nous avançons d’une heure, je vais devoir assurer


19 mars 2026 – Ishigaki – Japon
Ce matin, j’ai mis mon réveil à sonner à 7h00… tôt, c’est vrai, surtout pour une excursion prévue à 9h10. Mais j’aime prendre mon temps : faire un peu de sport, savourer un bon petit déjeuner copieux, puis tourner ma vidéo sur le pont pour mes internautes…Comme d’habitude, je suis à l’heure au rendez-vous à l’amphithéâtre. Avec MSC, en général, tout est bien organisé et les horaires sont respectés. Mais cette fois-ci, il fallait compter avec les contrôles de sécurité à passer avant de monter dans le bus. Cela m’a rappelé l’Australie… Enfin, c’est la loi du pays, et elle se respecte. Notre guide, une Japonaise, nous attendait devant le bus. La majorité des participants étant français, je m’attendais à quelques explications dans notre langue… mais très vite, nous avons compris que cela allait être compliqué. Elle peinait à s’exprimer en français, et encore plus à répondre aux questions. La seule chose qu’elle répétait et qu’elle écrivait même sur un carton était l’heure de retour au bus. Bon… on fera avec. L’excursion débute vers 10h00 par un trajet jusqu’au belvédère de Tamatorizaki. Dès mon arrivée : une vue imprenable sur le cap, la baie d’Ibaruma, la péninsule nord d’Ishigaki… et ces eaux turquoise scintillantes qui semblent se fondre dans le ciel.
Une première immersion magnifique dans la nature sauvage de l’île. La visite devait durer 30 minutes largement suffisant mais elle s’est un peu éternisée… je ne dis rien. Nous poursuivons ensuite vers le parc des sculptures de yonekoyaki craft center. Un jardin excentrique rempli de statues géantes et colorées. Complètement dingue toutes ces couleurs, beaucoup représentent des animaux. Là encore, peu d’explications de la guide… ce sont même certains Français qui prennent le relais. Quelques-uns commencent à râler. De mon côté, je préfère profiter : je me promène au cœur d’une végétation luxuriante, entre jardins thématiques et allées paisibles.
Chaque recoin respire le calme et l’harmonie malgré les statues excentriques. Puis vient enfin l’endroit que j’attendais le plus : la célèbre baie de Kabira. J’en avais tellement entendu parler… Au début, je suis un peu surprise, les couleurs ne sont pas aussi éclatantes que je l’imaginais. Mais en avançant le long d’un sentier, la magie opère : un véritable décor de carte postale apparaît, avec ses eaux vert émeraude et son sable blanc immaculé. Le lieu est tout simplement enchanteur. Alors que beaucoup se contentent de prendre des photos ou montent dans les bateaux, moi… je décide de vivre l’instant autrement. Discrètement, à l’abri d’un feuillage, je troque mon soutien-gorge contre un haut de maillot de bain le bas était déjà prêt. Je sens les regards : non, elle ne va pas le faire… Et pourtant si. Je m’avance vers l’eau, caméra en main. Ce n’est pas si simple… je dois m’y reprendre à plusieurs fois. Un charmant Indien, lui aussi croisiériste, me propose de filmer la scène. Tout est parfait… mais il rate la vidéo ! L’émotion sans doute… Allez, je recommence, je retourne dans cette eau glacée et cette fois, c’est la bonne. Le résultat est top, sous les regards médusés des autres. Et là, je me dis que j’ai eu raison. Être là, pleinement, face à ce décor incroyable… ça n’a pas de prix.
Enfin, nous terminons par l’observatoire de la mer Émeraude. La vue est à couper le souffle : l’île d’Ishigaki s’étend à perte de vue, mon navire apparaît au loin, presque irréel, et les îles voisines Taketomi, et même Iriomote par temps clair comme aujourd’hui se dessinent à l’horizon. Un moment suspendu, baigné de lumière. Le retour au port vient conclure cette demi-journée riche en paysages spectaculaires et en émotions. Une belle parenthèse, empreinte de sérénité… même si, pour moi, ce sera une première et dernière fois. À la descente du bus, je repense tout de même à la guide. Malgré les remarques parfois dures de certains croisiéristes, je compatis à ce qu’elle a dû endurer. Mais il faut être honnête : elle n’était pas vraiment à la hauteur. Finalement, je garderai peu de ses explications… mais énormément des images et des sensations vécues.
Il est 15h30 lorsque je rentre au bateau. Affamée, je me dirige directement vers le buffet, laissant mon téléphone dans la cabine pour qu’il recharge il pourra attendre un peu avant que je poste mes photos. Après avoir mangé, je jette un œil à mon compteur… à peine 7 000 pas. Bon, ce n’est pas suffisant ! Je décide alors d’aller marcher sur le pont, tout en assistant au départ du bateau un moment que j’adore. Même les garde-côtes, sur leurs embarcations, nous saluent en nous faisant de grands signes d’au revoir. Il y a toujours quelque chose de touchant dans ces départs.
Soudain, j’aperçois un groupe d’Italiens rassemblés, feuilles à la main. Sur le moment, je ne comprends pas… puis les premières notes s’élèvent. Très vite, ils chantent en chœur Con te partirò d’Andrea Bocelli. La scène est belle, presque irréelle. Même sans être italienne, je me mets à chanter avec eux, de loin. Certains me remarquent et m’invitent à les rejoindre le lendemain soir à 19h. Sur le moment, je décline… puis je me dis : pourquoi pas ?
Je continue ma promenade et croise Anya, qui sort du jacuzzi. Elle me demande comment s’est passée ma journée. Je lui réponds : “pas top… sauf la plage.” Et je lui raconte, un peu fière, que comme personne n’était dans l’eau, j’en ai profité pour faire une vidéo. “C’est fou comme les gens sont frileux !”Et là, elle me regarde et me dit :
— Tu aurais pu avoir des ennuis… tu n’avais pas le droit de te baigner. Tu n’as pas vu les pancartes ?
Ah… tout s’éclaire. Bon, techniquement, je suis juste entrée dans l’eau… et ressortie aussitôt. Un petit coup de folie, comme toujours. Je comprends mieux maintenant les regards insistants…Anya éclate de rire :
— Annick, tu fais toujours tout pour te faire remarquer !
Oups…Il est déjà 17h00. J’envoie un message à mes Canadiens pour leur dire que je ne dînerai pas avec eux ce soir — 18h30, c’est vraiment trop tôt pour moi. Puis j’écris à Michel : ce sera finalement un dîner au buffet ensemble. Et ce soir… pas de sortie. Je crois que je vais simplement profiter du calme. De toute façon, je n’ai jamais vraiment aimé la magie… En revanche… les 10570 pas eux sont bien réels


20 mars 2026 – Naha – Japon
Aujourd’hui, mon excursion est prévue à 8h30… encore plus tôt que la veille. Normal, puisqu’elle doit durer plus de six heures, déjeuner compris. Moi qui avais envie d’en apprendre davantage sur la culture et les traditions religieuses japonaises, j’étais ravie : c’était exactement au programme. Même si nous étions déjà au Japon la veille, nous devons encore présenter certains documents… mais cette fois, tout se passe un peu plus rapidement.
À peine installée dans le bus, je remarque la guide. C’est fou comme elle ressemble à celle d’hier… J’espère simplement que son français sera meilleur. Le bus complet, nous prenons la route vers le cap Shin’en Misaki, notre premier arrêt. En chemin, j’observe les maisons : beaucoup auraient bien besoin d’un sérieux ravalement. Je me dis qu’il y a peut-être des opportunités ici…À notre arrivée, je découvre de magnifiques vues panoramiques sur la côte. Le temps est splendide, et j’aperçois même l’île voisine de Kudaka. Le paysage est à la fois serein et apaisant… enfin, presque. Car, comme la veille, la barrière de la langue se fait sentir : la guide peine à s’exprimer en français et donne très peu d’explications sur la ville de Naha.
Après environ 45 minutes de route, nous arrivons à Seifa Utaki, un site sacré de la religion d’Okinawa, en lien avec le shintoïsme japonais. Nous devons patienter un peu, le temps que la guide achète les billets. Puis nous empruntons un chemin gravillonné qui nous mène jusqu’au site, niché sur un versant boisé dense. L’endroit est magnifique. Un sentier serpente entre des formations rocheuses impressionnantes. Ici, tout respire la spiritualité. À chaque photo que je prends, je joins les mains pour demander la permission aux dieux un geste simple, mais chargé de sens. Entre les grottes, les fleurs, les arbres majestueux… j’ai l’impression de me trouver dans une forêt enchantée. Je fais attention où je mets les pieds comme souvent, je n’ai pas mis de baskets… et hors de question de glisser et de rester bloquée ici ! Nous terminons la visite par une vue panoramique sur l’autre versant, tout aussi splendide. Nous reprenons ensuite le bus en direction de la grotte de Gyôkuzendô, la plus longue du sud d’Okinawa et la deuxième plus grande du Japon. Pendant le trajet, la guide tente de nous donner quelques explications… mais peu de personnes comprennent vraiment. La seule information que je retiens, c’est l’heure du déjeuner buffet : 13h30 !
Une fois sur place, nous entrons dans le site et nous dirigeons vers la grotte. Seule une partie environ un kilomètre sur les cinq est accessible au public. Grâce à des passerelles et des escaliers bien aménagés, je découvre des stalactites impressionnantes, des bassins souterrains et des formations géologiques spectaculaires. C’est tout simplement exceptionnel…La visite se termine en douceur avec une chorale japonaise.
Leurs voix sont d’une délicatesse incroyable. À cet instant, aucun doute : je suis bien au pays du Soleil-Levant. À la sortie, la guide agite son panneau pour nous indiquer de la suivre jusqu’au restaurant. Et là… j’ai l’impression de me retrouver dans un restaurant de Puget-sur-Argens, où je déjeune souvent avec mon ami Buju mais ici, les tablées sont beaucoup plus grandes ! Je profite de ce moment pour me détendre et goûter quelques spécialités locales.
Puis vient la visite suivante… les serpents. Mon Dieu, qu’ils sont énormes ! J’en ai la chair de poule. Après quelques photos, je préfère m’éclipser et m’installer au soleil en attendant les autres. Le rendez-vous est fixé à 14h50. Il est 14h30, je suis largement dans les temps. J’en profite pour regarder mon compteur : déjà 8 600 pas. Parfait ! Je n’aurai pas besoin de marcher en rentrant, d’autant plus que je dois encore tourner mes vidéos. Mais coup de théâtre… deux Italiens manquent à l’appel. Dans le bus, tout le monde s’agite, chacun y va de son commentaire, de sa solution. Moi, comme je ne suis pas particulièrement appréciée, je préfère rester discrète et trier mes photos de la journée. Nous attendons… jusqu’à 15h30. Sans doute les consignes de la compagnie. Le plus étonnant ? Leurs affaires sont restées dans le bus…Finalement, après 45 minutes de route, nous rejoignons le navire. Cette journée s’achève, riche en découvertes, entre histoire, nature et spiritualité. Une excursion mêlant héritage culturel, merveilles naturelles et paysages enchanteurs, qui me laissera, sans aucun doute, de très beaux souvenirs d’Okinawa.
À peine arrivée à ma cabine, je ne marche plus… je vole ! Une seule envie : profiter du soleil pour tourner mes deux vidéos. Car nous quittons Naha vers 19h00… et la nuit tombera rapidement. À ce moment-là, je me rappelle que j’ai promis aux Italiens de me joindre à eux pour chanter lors du départ du bateau… Oui, je suis française… mais je dois bien l’avouer, il m’arrive parfois d’avoir l’impression qu’un peu de sang italien coule dans mes veines, non ?
Mais finalement, avec ce temps pluvieux et ce froid… c’est annulé. Alors je redescends dans ma cabine. Lecture, sudoku… c’est important de faire travailler le cerveau. Puis vient l’heure du dîner au 13e. J’envoie un message à Michel… aucune réponse.
Bon, je me prépare à dîner seule. Et là, je remarque une femme que je vois souvent manger seule elle aussi. On pourrait se demander pourquoi… Elle est très belle, peut-être même trop extravagante, au point d’impressionner. Elle dégage quelque chose qui peut intimider. Mais en réalité, je vous rassure… elle ne mord pas. Elle est même très sympathique. Roumaine, très sportive, avec un mari… absent. Je l’avais déjà vue l’année dernière sur le bateau, mais à l’époque, ils étaient toujours ensemble. Cette année, c’est différent : il est là… mais jamais avec elle. Étrange. Enfin, cela ne me regarde pas. Nous discutons de tout et de rien, mais surtout des regards des autres croisiéristes en particulier des femmes posés sur nous. Puis la conversation glisse vers mes réseaux sociaux, et elle me demande mon Instagram. Je regarde ma montre : 21h00. Finalement, je préfère retourner dans ma cabine pour lire, plutôt que d’aller au spectacle… encore moins à l’after. Et là, je me pose la question : pourquoi ai-je autant de mal à me motiver cette année ? L’année dernière, j’étais dehors tous les soirs, toujours en mouvement… Aujourd’hui, c’est différent. Et je ne sais pas vraiment pourquoi…


