Croisière 2026 Seule autour du monde

Deux rêves accomplis à Tokyo…

Par Annick Lejeune-Fouquet 27/09/2026 21 min de lecture
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21 & 22 mars 2026 – en mer

En cette première journée en mer, j’aurais pu dormir un peu plus… mais impossible. À 7h30, j’ouvre les yeux. Ce n’est même pas la faim… juste un besoin irrépressible de me lever.

Allez, direction le petit déjeuner : fromage blanc, noisettes… et c’est tout. Enfin, presque. Je vois des kiwis passer devant mes yeux alors qu’il n’y en a pas sur les étals ! Intriguée, je demande… et on me répond :  Vous êtes assise où ? On vous les apporte. Et effectivement, quinze minutes plus tard… mes deux kiwis arrivent. Là, je suis heureuse. Comme quoi, il en faut peu. Je retourne ensuite dans ma cabine pour pratiquer mon sport. Finalement, c’est mieux ici : il fait froid dans la salle de sport, alors je préfère mon petit cocon.

Puis direction la conférence de Massimo sur Nagasaki. Mission du jour : prendre en photo toutes les diapositives, car Michel ne s’est pas réveillé… Il faut dire que la veille, c’était la fin du Ramadan, alors… je comprends. Et comme nous sommes censés visiter la ville ensemble, autant assurer le coup. Après cela, je m’offre mon expresso dans mon endroit préféré, le bar du 5e pont. Un petit rituel que j’adore. Et enfin, j’entame ma marche quotidienne… mais à l’intérieur cette fois. Impossible de profiter du pont extérieur : pluie, 16 degrés… une vraie journée grise en mer. Mais au fond, peu importe. Le rythme est là, les habitudes aussi… et c’est déjà beaucoup. A la fin de la conférence, n’ayant pas pu diner avec lui hier soir pour fêter la fin du Ramadan, je lui propose de déjeuner avec lui au restaurant… rare pour tous les deux mais il accepte… on se retrouve a 13H15 devant le bar du 5eme. Mais pas de Michel, mauvaise compréhension… nous nous retrouvons au buffet tout compte fait, il m’interpelle lorsqu’il me voir avec une coupe de PROSECO, le déjeuner est léger mais moi qui ne boit jamais, je ressens le besoin de faire une sieste… et alors que je ne m’y attendais pas…

Je me réveille à 16H45… waouh. Du jamais vu…je regarde mon tel… je suis a la moitié des 10000 pas et c’est parti pour une heure de marche pour arriver au moins a 9000… avant la soirée…Pas drôle car cela se passe a l’intérieur du bateau, toujours le même parcours… je pense à Eric… ce serait impossible pour lui ce genre de croisière…. Challenge réussi… je peux aller a la douche… il est 18H30 lorsque je rejoins mes canadiens au buffet du 13-ème ou l’Indonésie est à l’honneur. Tout est décoré, c’est vraiment agréable… je goute au thon… un peu trop cuit a mon gout. Dommage… puis c’est la partie de carte habituelle… mais c’est très rapidement que je rejoins ma cabine pour jouer à mon jeu préféré chinois…qui me fait travailler le cerveau pour une très belle nuit

Deuxième jour en mer, un peu moins de vent… Comme toujours : sport, conférence sur Busan et mon expresso. Ensuite, Michel m’annonce que, tout compte fait, il se greffe à Anya pour l’excursion à Busan… Oups, je me retrouve seule… Alors je file aux excursions et réserve une visite de la ville pour 110 €. Allez hop ! Et j’en profite pour regarder pour la suite…J’ai les éléments, je n’ai plus qu’à appuyer sur le bouton… Me voilà rassurée, prête à travailler un peu sur mon livre et mon blog. Je pense profiter du soleil pour tourner la vidéo pour @canal83, car demain à Tokyo, il fera froid et je pense que ce sera compliqué. L’après-midi se passe entre sieste et finalisation de l’organisation de ces deux jours à Tokyo : journée au mont Fuji et sumo…Pour le mont Fuji, c’est légèrement compliqué… Un couple de Canadiens me dit oui à une heure, puis deux heures après c’est non, puis de nouveau oui. J’ai l’impression d’être une girouette…Michel pense annuler à cause de son problème de goutte… Puis, vu les soucis que j’ai avec cette excursion, il se ravise… Il y aura aussi Michèle, une Corse…Enfin, nous sommes cinq, le compte est bon. Ensuite, il y a les questions de ce que l’on va visiter en plus du mont Fuji… J’organise une petite réunion pour échanger nos points de vue, mais la plupart n’adhèrent pas, alors je suis un peu dégoûtée…

Après un dîner au 13e avec mes Canadiens, puis Michel, pas de spectacle : je préfère retourner dans ma cabine pour jouer à mon jeu japonais sur ma tablette…Vraiment, je n’adhère pas aux spectacles cela fait déjà quatre que je rate ni aux afters… All the best

23 & 24 mars 2026 – Tokyo – Japon

Cette première journée fut très belle… intense, surprenante, et finalement pleine de récompenses. Il est 8h lorsque nous accostons à Tokyo. Nous avons tous les cinq rendez-vous à 8h15. Certains trouvaient l’horaire un peu matinal… mais finalement, tout le monde est prêt. Et pour un rendez-vous en centre-ville à 9h00, c’est plutôt confortable surtout qu’il nous faut trouver un taxi pour cinq personnes. À la sortie du terminal, comme je m’y attendais, ce n’est pas simple… Les taxis se font rares. L’attente s’installe, un peu longue, un peu froide… Finalement, après 45 minutes de patience, nous trouvons enfin notre bonheur. Après 30 minutes de trajet, nous arrivons au point de rendez-vous avec notre chauffeur privé réservé via @GetYourGuide. Je laisse les hommes décider de l’itinéraire. Moi, je suis claire : une seule priorité voir le mont Fuji. Je m’installe au fond du van avec Michèle, et la route défile… doucement… presque hypnotique. Le mouvement, la fatigue, la chaleur… je m’endors, comme la plupart d’entre nous. Puis, l’arrivée. Brutale. Le froid nous saisit immédiatement — pluie, vent, humidité… un vrai choc thermique. Moi qui ne suis pas habituée…

Je lève les yeux : nous sommes au Arakurayama Sengen Park. Le chauffeur se gare, et nous rejoignons un chemin déjà envahi de visiteurs. Nous traversons une voie ferrée, puis… l’épreuve commence : un escalier interminable. Plus de 350 marches. Je pense à mes 10 000 pas quotidiens… à mes cuisses… au froid qui me mord… mais j’avance. Marche après marche. Sans lâcher. Arrivée en haut : victoire. Je crie “Hip hip hourra !” et, portée par l’instant, je m’improvise un remake de Rocky Balboa. Les regards se tournent vers moi incompréhension générale… mais peu importe. C’est moi. Au loin, nous espérons mais malheureusement le Mont Fuji est invisible, partiellement caché par une épaisse brume. Frustration collective. On était venus pour lui…Le guide nous encourage à patienter, à y croire encore. Alors on continue la visite. Nous passons par un espace où chacun peut faire un rituel de bénédiction. Je m’y prête, tout comme Michel. Un moment calme, presque suspendu. Mais au fond… on ne pense qu’à une chose : voir le mont Fuji.

En redescendant, je me console avec une brochette de bœuf wagyu absolument délicieuse, fondante, légèrement grasse… un vrai plaisir. Michèle et Michel me suivent sans hésiter. Un peu plus loin, je tombe sur des magnets. Impossible de ne pas penser à mon ami Buju…Nous reprenons la route pendant une heure, direction un village au pied du Mont Fuji. Et là… le décor change complètement, identique a celui d’un village montagneux. Un lac magnifique s’ouvre devant nous, paisible, presque irréel. Des bateaux glissent sur l’eau, des pédalos en forme de cygnes flottent doucement… et tout autour, des montagnes majestueuses. Le mont Fuji apparaît… mais timidement. Encore caché, encore discret. Nous déjeunons dans un restaurant en hauteur recommandé par le guide. Je reste simple : un peu de poulet grillé. Les autres se laissent tenter par les spécialités locales… et le saké chaud, qu’ils apprécient visiblement beaucoup. Michel propose ensuite de monter en téléphérique pour une vue panoramique. Je décline. J’ai besoin de calme. De soleil. D’un café. Je m’installe, je respire, je savoure l’instant pendant que les autres explorent. Il est 15h30 lorsqu’il est temps de repartir. Le guide nous presse — nous râlons un peu… sans savoir ce qui nous attend.

Vingt minutes plus tard…L’instant magique. Nous entrons dans un musée, avec nos 1500 yens pour nous 5 dans les mains pour entrer sur une terrasse et là… enfin…Le mont Fuji. Majestueux. Imposant. Presque irréel. Seule sa pointe flirte encore avec les nuages. Cette fois, c’est lui. Le vrai. Celui qu’on attendait. Je capture immédiatement l’instant. Les autres aussi. Les sourires reviennent, la joie est palpable. Nous passons ensuite une heure dans le charmant village de Hyogo Yokocho Alley, un endroit qui me fait penser à un petit village gaulois vivant, atypique, presque hors du temps. Mais déjà, les boutiques ferment. Il est temps de repartir. 2h30 de route nous attendent pour rejoindre le bateau. Il est 20h lorsque nous arrivons. Heureusement, le chauffeur nous dépose directement — un vrai confort. Nous le remercions chaleureusement avec un pourboire et un excellent commentaire sur @GetYourGuide. Je monte à bord du Magnifica, épuisée. Une bonne douche… indispensable. Puis je retrouve Michel pour dîner au buffet du 13e étage. Et là… plus de combat possible. La fatigue m’emporte. Je regarde le daily report… rien d’intéressant comme spectacle. Encore une fois, pas de spectacle, pas d’afters… ce sera ma cabine. Et demain, une nouvelle journée m’attend déjà rendez-vous à 8h40 pour une autre excursion…

Après cette première journée, Tokyo m’apparaît comme une véritable symphonie. Une harmonie de lumières, de sons, de contrastes. Une ville vibrante, électrique, presque vertigineuse… et pourtant, à peine s’en éloigne-t-on, tout devient paisible, apaisant, presque méditatif. Au réveil, je me sens légère, reposée. Après un petit-déjeuner discret, je me prépare à tourner une vidéo pour @canal83. Et quelle chance : le soleil est au rendez-vous. La lumière est douce, dorée à mille lieues de la grisaille de la veille. À 8h30, je rejoins l’amphithéâtre pour l’excursion du matin : la découverte de la ville de Tokyo. Michel est déjà là… et heureusement, car je dois échanger mon billet pour être dans son bus. Pourquoi ? Parce que nous avons un plan… nous échapper du groupe après Asakusa.

Asakusa… un autre monde. Ce quartier historique abrite le plus ancien temple de Tokyo, fondé en 628. L’atmosphère y est unique, presque sacrée. Entre les statues silencieuses, les effluves d’encens et la délicatesse d’un cerisier en fleurs, le temps semble ralentir. Nous flânons le long de la rue Nakamise, animée et colorée, bordée d’échoppes traditionnelles où se mêlent souvenirs, douceurs et artisanat. Chaque pas est une découverte, chaque regard une invitation à s’attarder. Puis apparaît le temple Sensō-ji, majestueux, intemporel. Un lieu chargé d’histoire et de spiritualité, qui impose le respect autant qu’il émerveille. Mais déjà… le temps nous rattrape. 11h00. Nous accélérons le pas, quittons l’excursion, toute cette agitation sans oublier de prévenir la guide l’agitation, et héler un taxi. Par chance, il s’arrête immédiatement — comme un signe. Direction un rêve que je n’aurais manqué pour rien au monde : assister à un combat de sumo. 45 minutes plus tard, nous entrons dans une salle pleine à craquer. L’ambiance est électrique, pleine d’attente. Un Français installé ici depuis plusieurs années nous accueille, avec passion et simplicité. Les deux sumos font leur entrée sur le tatami. Le silence s’installe. Puis viennent les explications, les règles, les rituels… tout un univers fascinant.

Et le combat commence. Je dois l’avouer, je suis surprise. Je m’attendais à des gabarits encore plus impressionnants. Mais leur puissance… elle, est indiscutable. Et je vais en avoir la preuve. Moment totalement inattendu : après un tirage au sort… je suis choisie. Moi. Sur le tatami. J’enfile une combinaison qui me transforme en lutteuse improvisée. Les rires fusent, l’excitation monte.

Pendant dix minutes, je pousse, je résiste, je donne tout… mais rien n’y fait. Impossible de le faire bouger, ne serait-ce que d’un centimètre. Et pour finir, les deux sumos me soulèvent, comme une plume. Un moment suspendu. Drôle, intense, inoubliable. Un rêve devenu réalité, ici, à Tokyo. Une expérience unique. Je recommande : Https://www.traveling-Tokyo.com/sumo/.

C’est avec un sourire immense que je remonte à bord du Magnifica. Mes deux rêves sont accomplis : le mont Fuji et le sumo. Je suis comblée. Après un passage rapide au buffet, je monte sur le pont 13 pour atteindre mes 10 000 pas. L’air du soir est doux, presque apaisant. Puis vient la douche, bien méritée. Et enfin vers 20H, le dîner avec Michel. Mais encore une fois… la fatigue gagne. Un dernier regard au programme… rien qui m’appelle. Pas de spectacle. Pas d’after. Juste le calme de ma cabine. Et déjà… l’envie de demain.

25 mars 2026 – en mer

Ce fut une journée comme les autres en mer… ou presque. Ce matin-là, j’ai eu droit à un petit luxe inattendu : mon jus d’orange fraîchement pressé. Le directeur de la restauration, surpris de ne plus me voir installée près de la terrasse pour mon petit-déjeuner, m’a demandé où j’étais passée. Je ne me suis pas gênée pour lui confier que le jus d’orange que je savourais chaque matin l’année dernière me manquait terriblement. Il m’a répondu, tout simplement : « Il suffit de le demander. » Je lui ai alors expliqué, un peu amusée : « Le problème, c’est que cela fait un mois et demi que la machine est en panne… alors je n’ose pas… » Dix minutes plus tard, comme par magie, mon jus d’orange arrivait. Comme quoi, parfois, il suffit d’oser…Ensuite, place au sport, puis à une conférence sur Madame Butterfly. Moi, passionnée d’opéra… impossible de manquer cela. Déjà, je me laissais emporter, imaginant les voix, les drames, la beauté tragique de cette œuvre. Je passe ensuite par le jeu « World Games », où je suis dans l’équipe “Earth”. J’aperçois quelques participants de mon groupe et en profite pour demander le thème du jour. On m’explique qu’il faut que la première lettre de mon prénom corresponde à MSC… malheureusement, la mienne arrive en deuxième position. Tant pis… je préfère aller marcher, l’esprit déjà ailleurs. Puis vient le moment calme : mon livre, que j’écris — déjà le quatrième chapitre. La matinée s’est écoulée comme une parenthèse légère, presque irréelle, suivi d’un déjeuner léger mais surtout d’une sieste presque obligatoire sur le bateau

Et puis… l’heure approche. Ce soir, c’est dîner de gala. Direction le coiffeur. Il faut être à la hauteur de la soirée, se sentir belle, presque irréelle soi-même. Je réfléchis à ma tenue et choisis une robe portefeuille noire, signée @Fabrice Zaddy Sullyvan un peu courte, certes… mais élégante et audacieuse. Je rejoins ensuite Michel à l’amphithéâtre. Les lumières s’éteignent. Et là… l’opéra commence. Madame Butterfly de Giacomo Puccini. Un moment suspendu. Les costumes somptueux, les décors délicats, les voix des sopranos qui s’élèvent et vous traversent… tout est beauté, émotion, intensité. Je me laisse porter, totalement. Je rêve, littéralement, emportée par cette histoire d’amour aussi pure que tragique. Même si la fin est déchirante, elle n’en est que plus bouleversante. Un moment absolument divin.

Après tant d’émotions, nous décidons de prolonger la magie avec une coupe de prosecco après tout, une fois tous les dix jours, je reste raisonnable…Toujours au bar du cinquième, où j’apprécie particulièrement la personne qui nous sert. Une petite bulle pétillante, comme un écho à la soirée.

Juste avant le dîner de gala, je reçois un message de mon ami Christophe pour organiser la journée du lendemain à Nagasaki. J’accepte avec enthousiasme… et embarque Michel dans l’aventure. Puis vient le moment du dîner. On nous installe à table… et, comme souvent, les regards se posent sur moi ou plutôt sur mes longues jambes. Peu importe. J’assume, avec le sourire. Comme à mon habitude, je choisis deux entrées… et un dessert. Et quel dessert… un crumble à l’abricot délicieusement parfumé. Avant cela, j’ai savouré un jambon sec finement tranché, accompagné de roulés au parmesan (parmigiana), subtils et gourmands. Un dîner élégant, raffiné, presque théâtral lui aussi. Michel me propose une autre coupe de prosecco… mais je décline. Il ne faut pas abuser des bonnes choses. Mes yeux commencent à papillonner… la fatigue me rattrape doucement. Il est temps de rentrer à ma cabine. Je referme cette journée avec le cœur léger. Une soirée magnifique, presque hors du temps…Si seulement c’était toujours comme ça. En 2025, ça l’était…

26 mars 2026 –Nagasaki – Japon

Après mon petit déjeuner au buffet et le tournage de ma vidéo pour les internautes, je rejoins Christophe et sa femme pour la visite de Nagasaki. Nous sommes déjà à la sortie de la sécurité du port en train d’attendre un taxi lorsque Michel nous rejoint. Je m’inquiétais vraiment car Christophe ne voulait pas attendre. Enfin… nous arrivons à prendre un taxi pour rejoindre le musée. Dès mon arrivée devant le musée, quelque chose change. L’atmosphère n’est pas la même. Elle est plus lourde, presque silencieuse, comme si les murs eux-mêmes portaient encore les échos du passé. Je m’arrête un instant avant d’entrer. Respirer. Me préparer. Je sais, au fond de moi, que ce que je vais découvrir ne sera pas une simple visite. Les portes s’ouvrent… et je pénètre dans un autre temps. Je marche lentement. Pas à pas. Chaque salle m’enveloppe, chaque image m’arrête. Je lis, je regarde, mais surtout… je ressens. Très vite, ce ne sont plus seulement des objets ou des photographies. Ce sont des vies. Des visages. Des histoires brisées. Je m’imprègne de tout. Trop, peut-être. Mais impossible de faire autrement. Je continue d’avancer, presque en silence, comme par respect. Comme si faire du bruit serait déranger ceux qui ne sont plus là. Et peu à peu, quelque chose se passe. Je ne suis plus simplement spectatrice. Je revis.

Intensément. Les instants figés prennent vie dans mon esprit. J’imagine les regards, les gestes, la peur, l’incompréhension. Ces secondes où tout bascule. Les milliers de morts ne sont plus des chiffres. Ils deviennent une réalité écrasante. Chaque pas que je fais semble porter un poids supplémentaire. Comme si l’Histoire me traversait. Par moments, je dois m’arrêter. Reprendre mon souffle. Accepter ce que je vois, ce que je ressens. Il y a une forme de douleur, bien sûr.
Mais aussi une nécessité. Celle de ne pas oublier.

Je termine la visite différente de celle que j’étais en entrant. Plus silencieuse. Plus consciente. Et en quittant le musée, je garde en moi ces fragments d’humanité, ces mémoires fragiles…Comme un rappel. Comme une trace. Habituellement, sur chaque photo, on me voit lever le bras un geste devenu presque une signature. Mais aujourd’hui, par respect pour tout ce qui s’est passé ici, je n’ai pas pu. Il m’était impossible de poser comme d’habitude face à tant de mémoire et de souffrance. Ce moment demandait simplement du silence, de la pudeur et de la compassion. Plus qu’une visite, c’était une rencontre avec l’histoire, une invitation à réfléchir à ce que l’humanité peut détruire… mais aussi à ce qu’elle peut préserver : la mémoire, la dignité et l’espoir d’un monde plus pacifique. Puis, nous nous dirigeons vers la zone appelée la “Peace Symbol Zone”.Après la bombe atomique du 9 août 1945, de nombreux pays ont offert des statues à la ville, comme symboles de paix et de solidarité.

Elles sont aujourd’hui exposées dans ce parc, accompagnées de sculptures venues du monde entier.  C’est profondément émouvant. La statue la plus célèbre est sans doute la Statue de la Paix. Elle représente un homme, dans une posture à la fois forte et apaisante : une main pointée vers le ciel, comme pour rappeler le danger nucléaire ; l’autre étendue à l’horizontale, symbole de paix. Ses yeux sont fermés, plongés dans une prière silencieuse… un message universel, puissant, qui traverse le temps.

Après tant d’émotions, presque naturellement, nous ressentons le besoin de retrouver un peu de légèreté, de couleurs… de vie, tout simplement. Alors, pourquoi ne pas prendre le tram ? Mais le trajet prend une tournure inattendue…Le wagon est bondé. Nous sommes contraints de nous répartir : Christophe et son épouse à l’avant, Michel et moi à l’arrière. L’ambiance est dense, bruyante, presque étouffante. À un moment, Christophe nous crie : « On descend là ! ». Nous obéissons immédiatement… mais eux réalisent trop tard que ce n’était pas le bon arrêt. Les portes se referment. Trop tard. Nous voilà séparés, sans possibilité de communiquer pas d’internet. Une situation à la fois absurde et un peu stressante.

Heureusement, nous avions prévu de nous rendre ensuite à Chinatown. Alors, confiants, nous nous disons que nous finirons bien par nous y retrouver. Ce quartier, appelé Nagasaki Shinchi Chinatown, est l’un des plus anciens quartiers chinois du Japon. Et quel contraste…Ici, tout est couleur, lumière, mouvement. Les lanternes rouges habillent les rues, les portes traditionnelles chinoises se dressent fièrement, et l’ambiance est vibrante, presque festive. Quel bonheur de retrouver cette énergie. On y découvre de nombreux restaurants proposant des spécialités locales d’inspiration chinoise, notamment le chanpon, une soupe de nouilles généreuse aux légumes et fruits de mer, et le sara udon, deux plats emblématiques de Nagasaki. Deux plats que nous dégustons vers 15h00, comme nous l’avait recommandé Massimo, notre conférencier. Et pour finir… une glace, accompagnée d’une tuile croustillante et de crème fouettée. Une pure merveille, aussi belle que délicieuse. Ma petite conscience me pousse à vérifier mon compteur santé :11 000 pas… tout va bien. Puis, à nouveau le tram, suivi de quelques pas pour rejoindre le bateau. C’est la que nous revoyons Christophe et sa femme… au niveau de la sécurité… pas de soucis…Enfin, une douche bien méritée. Je retrouve ensuite mes amis canadiens pour le dîner au restaurant. Mais, ce soir encore, pas de sortie pour moi… même si je sais qu’un spectacle japonais était proposé. Et puis… il y avait aussi le thème vestimentaire : kimono, avec le rouge à l’honneur. Je comprends mieux maintenant pourquoi tant de croisiéristes MSC se trouvaient dans les boutiques de Chinatown…Allez… ma cabine m’appelle. All the best

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