Croisière 2026 Seule autour du monde

Du Cap aux dunes de Namibie : entre pluie et adrénaline

Par Annick Lejeune-Fouquet 01/11/2026 25 min de lecture
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21 au 25 avril 2026 – en mer

                  Première journée en mer… La journée commence comme je les aime. Une marche énergique sur le pont, l’air marin qui réveille, puis mon sport dans la chambre. Une routine qui me fait du bien.  J’enchaîne avec un petit-déjeuner au buffet du 13ᵉ… et surtout, le plaisir de retrouver mes barmans préférés. Toujours ces sourires complices. Puis vient l’heure de la conférence. Massimo. Sujet du jour : l’Afrique du Sud. Logique… puisque nous y accosterons dans quelques jours. J’en profite pour annoncer à Michel une décision importante : J’ai confirmé mon vol en parapente au-dessus de Cape Town. Normalement, Bob, le Canadien, sera de la partie. Tout est validé. Bon… j’avoue… j’ai un peu peur. Mais ça… ça reste entre nous. Le reste de la journée s’écoule tranquillement. Entre mon expresso, l’écriture de mon blog, quelques bains de soleil… et mes petits soucis techniques avec le micro pour mes interviews. Sans oublier la confirmation de l’achat de la voiture. Bref… une journée bien remplie. Mais tout va bene. Juste avant de rejoindre Michel pour le dîner, une annonce attire mon attention : Ce soir, le buffet sera sous influence italienne. Parfait. Je joue le jeu. Robe blanche courte, détails dorés… une allure presque romaine, signée Fabrice Zaady Sullyvan, bien sûr. J’arrive avec le sourire. Mais une fois sur place…Déception. Nous ne retrouvons pas du tout l’ambiance italienne que nous avions tant appréciée la dernière fois. Pourquoi… ?

Nous nous installons, un peu perplexes. Et là, nous échangeons avec plusieurs personnes à table. Ils nous annoncent qu’ils quittent le navire après Cape Town. La raison ? L’ambiance. « On s’ennuie », disent-ils. Je ne peux m’empêcher de sourire intérieurement. Parce que quelques heures plus tôt, dans le taxi du retour de l’ile aux cerfs aux seychelles, un couple plus âgé m’avait dit exactement l’inverse. Eux recherchaient du calme. Ils étaient surpris… de voir autant de personnes dans la cinquantaine. La cause ? Le télétravail. Deux visions. Deux attentes. Et au milieu… nous. Nous grignotons plus que nous ne dînons. Puis, comme souvent… le temps file. Nous courons presque jusqu’à l’amphithéâtre. Et là… Sur scène, un homme. Derrière lui, un écran. Et avec ses mains… il donne vie à des personnages. Ils apparaissent. Ils parlent. Ils prennent forme. C’est bluffant. Poétique. Créatif. Totalement inattendu. Nous ressortons encore imprégnés du spectacle. Et là…Surprise. Des couples en pyjama. Partout. Je regarde Michel, interloquée. Il me dit simplement : « C’est la soirée pyjama ce soir. » Je souris. Et j’avoue…Je n’ai pas joué le jeu. Mais après une journée comme celle-ci…Ce n’est pas bien grave.

Deuxième journée en mer… Nous avons de nouveau reculé d’une heure. Nous jonglons avec les fuseaux horaires, mais peu importe…Comme le disait si bien Axel Gauvin : « L’océan n’est pas une frontière, c’est la route qui nous a ouvert les portes du monde. » ; Nous naviguons sereinement vers Le Cap. Nous traversons l’océan Indien austral, en direction du sud-ouest, laissant défiler à tribord la pointe sud de Madagascar… la quatrième plus grande île du monde. Tout va bien. Je passe la matinée à travailler sur les questions proposées par Canal 83 pour la fin de cette croisière autour du monde… et oui, déjà. La fin approche. Un bon bain de soleil plus tard, je rejoins l’amphithéâtre pour un concert d’opéra : Musica in Maschera. La soprano Romina Boscola et le pianiste Lorenzo Tomasini, mis en scène par Massimo. Une nouveauté par rapport a 2025. Un très beau moment d’évasion, que j’aime retrouver chaque jour à 16h30. Puis Michel m’appelle. Il m’attend au bar du 5ᵉ vers 19h45. “Champagne”, me dit-il. Je le rejoins en robe blanche. Il a une nouvelle à fêter : il sera bien présent pour la croisière autour du monde 2027, avec mon amie Lyrie. Ce sont des moments simples, mais précieux. Puis nous allons grignoter au buffet : omelette, salade… pas de dessert, car il faut filer.

Direction l’amphithéâtre pour le Crew Talent Show. Bien plus qu’un spectacle… une vraie leçon de vie. Ces personnes que l’on croise chaque jour souriantes, attentionnées, présentes montent sur scène et deviennent chanteurs, danseurs, artistes. Et ils excellent. Du barman du matin à 7h, à ceux qui préparent les fruits, jusqu’à ceux que l’on retrouve le soir… tous réunis, tous lumineux. Et à la fin, même le commandant et son staff chantent ensemble. Un moment fort, rempli d’émotion. On comprend alors une chose essentielle : ce n’est pas parce qu’on occupe un poste que l’on n’a pas mille talents. Merci pour ces sourires, cette énergie, cette humanité. C’est ça qui donne envie de revenir

Troisième journée en mer… et le monde tangue doucement, comme suspendu entre ciel et eau. La cabine elle-même murmure, grince par instants, comme si le navire respirait dans son sommeil. Et pourtant, rien ne me trouble — au contraire, je m’abandonne à ce mouvement, comme à une berceuse ancienne. Nous longeons désormais la côte sauvage de l’est de l’Afrique du Sud. Bientôt, nous croiserons le courant des Aiguilles, ce fleuve invisible qui traverse l’océan à toute allure, puissant et indomptable. On ne le voit pas… mais on le devine, on le ressent, dans la manière dont la mer se déplie sous la coque. Sur le pont du septième, je marche lentement. La houle de travers soulève le navire avec une régularité presque hypnotique. Les vagues longues, profondes, viennent rouler sous nos pas comme une respiration lente, infinie. Il y a quelque chose de primitif dans cette sensation — comme si le temps lui-même se diluait dans l’horizon. C’est une expérience rare, presque irréelle. Un instant suspendu, hors du monde. Je sais déjà qu’il restera gravé en moi, comme ces souvenirs qui ne s’effacent jamais.

La journée, pourtant, s’écoule avec douceur, presque intacte : sport, blog, conférence, un concert de jazz aux accents feutrés… Seule concession à l’océan : une sieste, une heure volée au temps, lovée dans des draps frais encore empreints de lumière. Ce soir, le navire se pare d’élégance. Dîner de gala. Michel et moi changeons légèrement le cours de la soirée, comme on ajuste une trajectoire. La robe longue s’impose, légère et fluide, comme un prolongement de la mer elle-même. 19h00 : concert classique les notes s’élèvent, presque irréelles. Puis un cocktail au bar du cinquième, entre éclats de voix et verres scintillants. Et enfin, le dîner à l’Eldera, quelque part entre raffinement et dérive, tandis que, dehors, l’océan continue son éternelle danse.

Quatrième journée en mer… Et une bonne nouvelle pour commencer : je suis désormais propriétaire d’une Fiat 500. C’est fait. C’est dans la boîte. Mais très vite, la réalité me rattrape. Encore un souci avec mon mail Live… une tentative de piratage. Comme l’année dernière. Décidément… Je fais appel à mon fils. Comme souvent dans ces moments-là. Aujourd’hui, je me sens plus fatiguée que les jours précédents. Peut-être trop de sport…Peut-être trop de marche…Après le déjeuner, je m’allonge sur mon lit…et je m’endors presque instantanément. Deux heures de sieste. Un luxe rare pour moi. À mon réveil… une seule envie : écrire. Par chance, aucun concert d’opéra n’est prévu à l’amphithéâtre cet après-midi.
Alors j’en profite. Je me plonge dans la suite de mon autobiographie…et surtout dans ce chapitre si particulier : mon installation à Saint-Raphaël. Un chapitre compliqué. Mais les mots viennent seuls. Sans effort. Comme si c’était le bon moment. Mes doigts courent sur le clavier…les phrases s’enchaînent…je ne m’arrête plus. Jusqu’à ce que je relève la tête. 18h30. Déjà. Je dois me préparer pour le dîner. 20h00, comme d’habitude, au buffet du 13ᵉ.
Et sans surprise…Omelette végétarienne et salade. Pour nous deux. On ne change pas une équipe qui gagne.  Michel m’apprend alors que 15 % des passagers ont quitté le navire à l’île de La Réunion.

Anya ajoute que ce n’est qu’un début… qu’à Cape Town, d’autres feront le même choix. Et, au fond…je ne suis pas surprise. Je l’avais ressenti dès la fin du premier mois…et cela s’est accentué au fil du temps. Dès le départ, l’ambiance était particulière. Pas forcément négative… mais compliquée. Je ne fréquentais pas vraiment les afters je n’y suis allée que deux fois mais d’après mes amis, les fins de soirée se vidaient rapidement. La discothèque a même fini par fermer. Entre l’amphithéâtre et l’after…il y a comme un creux. Un temps mort. Un moment où tout retombe. Même si les deux bars à côté de l’amphithéâtre sont animés par des chanteurs…ça ne prend pas vraiment. Alors chacun repart de son côté. Souvent, les passagers remontent dans leur cabine…et n’en ressortent plus. Comme moi, parfois. Au bout de trois mois et demi…l’énergie ne circule plus de la même façon. Les liens se fragilisent. Se distendent. Au début, il y avait une dynamique. Une envie de se retrouver. Aujourd’hui… c’est différent. Et ce qui me frappe le plus…ce n’est pas qu’ils partent. C’est qu’ils soient prêts à partir comme ça. À écourter leur voyage. À perdre de l’argent. À réserver un vol à la dernière minute…Alors qu’il reste encore près de trois semaines de croisière. Trois semaines. Ça veut dire quelque chose. Ça veut dire que, pour certains, rester devient plus difficile que partir. Et ça… ça en dit long. Je quitte Michel en courant. Ce soir, je veux être au premier rang à l’amphithéâtre. Opéra italien. J’adore… je profite vraiment car je sais très bien qu’a mon retour en France, ce sera plus compliqué. Les lumières s’éteignent…Et pendant une heure…je suis ailleurs. Les costumes. Les voix. Exceptionnel. Michel me rejoint. On se regarde. Et sans un mot…
on sait qu’on vient de vivre un très beau moment. Exceptionnel

            Cinquième journée en mer, Ce matin, j’ai envie de me prélasser un peu plus…Mais mon téléphone me rappelle à l’ordre. Ma messagerie Outlook fonctionne à nouveau. Merci mon fils. Enfin. Je vais pouvoir passer à la réception pour préparer mon document d’entrée en Namibia, où nous serons le 30 avril. Hier, c’était compliqué sans courriel…mais en même temps, vu le monde qu’il y avait à la réception pour faire ce document…Finalement, je n’ai peut-être pas perdu de temps. Comme quoi… il faut toujours voir le bon côté des choses. Je rejoins Michel à la conférence sur l’Afrique du Sud. Et là, à son tour, il m’annonce ses soucis informatiques. Décidément…Il a perdu une grande partie de ses photos. Volatilisées. Comme par magie. Ce n’est pas un iPhone… alors il tente sa chance au desk photo. Une heure pour essayer de récupérer ce qui peut l’être. Beaucoup sont perdues…mais je peux lui en donner quelques-unes des miennes. Et ça… ça lui redonne le sourire. Un peu plus tard, en remontant vers le bar du 5ᵉ pour mon expresso, je remarque quelque chose par rapport à hier : Il y a très peu de monde à la réception. J’en profite immédiatement. En dix minutes… mon document pour la Namibie est réglé. Alors que certains y ont passé la matinée. Voire plus. Cherchez l’erreur…Peut-être aussi parce que j’étais déjà enregistrée l’année dernière…lors de mon précédent passage en Namibie. Comme quoi… L’expérience… ça aide.

            Mais déjà…mon esprit est ailleurs à Cape Town. Je pense au catamaran réservé pour la première soirée…au parapente prévu le lendemain. Cape Town…J’avais tellement adoré l’année précédente que…je m’y projette déjà. Et pourtant…je suis bien là avec Michel. Tranquillement installés, en train de déguster un verre de prosecco. C’est à ce moment-là…qu’un homme aux cheveux blancs s’assoit près de moi. Comme s’il me connaissait. Naturellement. Et il me dit : « Avant de quitter ce bateau, ma femme et moi aurions aimé nous entretenir avec vous… mais vous nous paraissez… inabordable. Distante. » Je le regarde. Surprise. Il continue : « Je me souviens vous avoir croisée à Hilo, lors du retour de notre voiture de location…mais il était très difficile d’engager la conversation avec vous. Comme si vous étiez sur un piédestal…qu’on ne pouvait pas atteindre. ». Je suis déstabilisée. Je ne sais pas quoi répondre, au début. Puis je lui souris. « Oui… je me souviens très bien de vous…et de votre épouse. Une très belle femme d’ailleurs…toujours élégante. ».

Je prends une seconde pour lui répondre. « Pour être honnête…vu vos tenues, et ce que j’entendais de vos échanges…j’étais persuadée que vous étiez italiens. Alors, avec la barrière de la langue…je ne me suis pas vraiment autorisée à venir vers vous. ». Il sourit. « C’est dommage… » ; Alors je lui propose : « On pourrait peut-être se revoir prochainement ? ». Mais il m’explique qu’ils quittent le bateau pour quelques jours. Besoin d’ailleurs. Besoin d’une autre ambiance. « Nous faisons souvent des croisières…mais celle-ci est très particulière. Avec ma femme… nous n’y arrivons pas. ». Je comprends. Encore une fois. Il me propose alors de nous revoir plus tard, lorsqu’ils remonteront à bord au Cap-Vert. « Pourquoi pas… » ; Waouh que le temps passe vite … il est trop tard pour assister au spectacle alors direction le buffet du 13 -ème et la cabine…. Dingue cette rencontre non ?  Lyrie, mon amie de l’année dernière m’avait dit la même chose : si tu n’étais pas venue a ma table je n’aurais pas oser t aborder ….

26 au 27 avril 2026 – Cape Town – Afrique du Sud

Comment oublier cette arrivée à Cape Town que j’attendais tant… Je m’étais même acheté une petite jupe blanche, façon joueuse de tennis. Un symbole. Une envie de légèreté. De soleil. De liberté. Et pourtant…la pluie. Le vent. Fort. Persistant. Je suis déçue. Puis je me parle. « Voyons, Annick… reste positive. La vie est belle… même sous la pluie. Tu rêvais de revenir ici… alors vis l’instant présent. » All the best. Et c’est exactement ce que je fais. Première étape : le Castle of Good Hope. Un lieu impressionnant. Chargé d’histoire. Cette forteresse du XVIIe siècle, construite par la Dutch East India Company, est l’un des plus anciens bâtiments d’Afrique du Sud. En parcourant ses salles…je découvre une autre facette de Cape Town. L’arrivée des colons. Les transformations de la ville. Mais aussi…des pages plus sombres. L’esclavage. Les relations complexes avec les populations locales. Un lieu fort. À la fois fascinant…et émouvant. Puis nous longeons la côte. Direction le quartier de Clifton. Le bus s’arrête. Sous la pluie. Un groupe africain est là. Ils chantent. Ils dansent. Des tenues multicolores. Des voix puissantes. La pluie ne les arrête pas. Au contraire…elle semble faire partie du spectacle. Une énergie brute. Une fierté. Un amour profond pour leur pays.

Nous reprenons la route. Toujours sous la pluie. Jusqu’à Muizenberg. Mais cette fois…

Nous ne descendons même pas du bus. La pluie est trop forte. Le guide continue ses explications. La vie en Afrique du Sud. Le vin. Le poisson. Les neuf provinces. Les terrains de golf. Et bien sûr… Nelson Mandela. Je suis attentive. Mais autour de moi…certains se sont endormis. Il est 15h00 lorsque nous regagnons le bateau. Le MSC Magnifica. Ma cabine. Puis le buffet. Avec Michel. On se regarde. Dehors…il pleut toujours. Je pense au catamaran. Celui réservé pour le coucher de soleil. Une coupe de champagne à la main…Entre nous… je n’espère qu’une chose. Recevoir un message. Annulation. Et il arrive.

Comme un soulagement. Cette petite folie prévue à 17h30 n’aura pas lieu. Alors Michel me propose autre chose. Un massage thaïlandais. Il a repéré une adresse. Pourquoi pas…Nous ressortons. Sous la pluie. Encore. Le massage…est agréable mais je n’arrive pas totalement à me détendre. Quelque chose résiste. Nous rentrons à pied sous la pluie. Toujours. Une douche.

Un passage rapide au buffet. Et direction l’amphithéâtre. Un spectacle africain. Et là…tout change. Quelle énergie. Les danseurs. Les chanteurs. La puissance. La joie. Je suis emportée. Et puis…un détail me frappe. Le commandant de bord. Il monte sur scène. Pour une photo. Un moment rare. Très rare. Sur cette croisière 2026. Alors qu’en 2025…nous le voyions presque chaque soir. Pourquoi ce changement ?

Pour cette deuxième journée sur Cape Town, le soleil fait enfin son apparition… Je suis heureuse. Enfin. Je peux tourner ma vidéo pour Canal 83… au soleil. Mais très vite…ma joie retombe. Un message de @GetYourGuide. Le vol en parapente est incertain. Le temps ne s’y prête pas. Trop dangereux. C’était prévu à 13h00… avec Bob, le Canadien. On me propose 10h30. Je m’accroche à cet espoir. Jusqu’au bout. Puis…le message final, vers 11h00. Annulation définitive. Je suis terriblement déçue. J’en informe Bob. Son regard suffit. Lui aussi l’est. Alors…il faut changer les plans. Tout réinventer. Michel, lui, a déjà organisé sa journée. Seule, je quitte le bateau à pied direction le V&A Waterfront. Et là…je me laisse porter, sans objectif, juste marcher, flâner entre les bateaux. Il y a quelque chose d’apaisant ici. De presque magique. À un moment…je m’arrête. Des bambous, comme un xylophone improvisé, je joue. Les sons…les vibrations…une joie simple, presque enfantine. Je suis bien. Vraiment bien. J’aime cette ville. Son énergie. Sa douceur. Quelque chose me touche profondément ici. Puis…un besoin fort ressurgit. Être seule. Je m’installe dans ce restaurant…où j’étais venue l’année précédente avec Steeve, un Italien. Le lieu est toujours aussi beau, suspendu au-dessus de la mer avec une vue sur les bateaux. Les souvenirs reviennent, d’un coup comme une vague., des images, des sensations, des instants me poussant vers la mélancolie « Ah s’il avait été là… les choses auraient été différentes ». Alors je décide de rentrer. Tranquillement. Je croise des croisiéristes qui, eux, font le chemin inverse. Peu importe. Moi… j’ai vécu mon moment. Et puis… comme nous sommes toujours en contact, je décide de lui envoyer la vidéo, à lui, à Steeve. La réponse est immédiate. Comme si rien n’avait changé. Je repense à notre rencontre improbable sur le MSC Magnifica en 2025, lui, l’amiral italien.

De retour sur le bateau, je décide de m’offrir une pâtisserie, par chance, il y a un crumble aux pommes…mon dessert préféré, que je déguste avec bon expresso et direction ma cabine, mon refuge. L’endroit où je me sens bien. Je m’allonge. Je m’endors. Un message de Michel me réveille : « On dîne toujours ensemble ? » 19h45.  Je me prépare. Je le rejoins. Et là…je me sens décalée. Complètement. Moi, en tailleur short blanc…Et les autres…en jean, en jogging, bien couverts. Michel me lance en souriant : « Tu fais vraiment tout pour te faire remarquer, toi… » Je ris. Au buffet…rien ne m’attire vraiment. Je grignote. Une salade. Des légumes. Un peu de saucisson. Michel me propose une glace, je refuse. Je reste sur des mangues. Puis vient le spectacle. “Rocks & Blues Party”. Je reconnais les musiciens du bord. La chanteuse aussi.

Je m’attendais à autre chose. À plus de folie. Plus d’énergie. Je suis un peu déçue. … allez soyons fous… un candy crush…. Et dodo….

28 & 29 avril 2026 – en mer

Pour cette première journée en mer…. Pour cette première journée en mer… rien de particulier. Une journée douce, presque suspendue… rythmée par mon expresso, l’écriture de mon blog, un peu de sport… et du temps pour moi. Une de ces journées simples qui passent sans bruit. La soirée, elle, ne me marque pas davantage. Un chant africain à l’amphithéâtre… trois artistes sur scène… mais je n’accroche pas. C’était déjà le cas l’année précédente. Comme quoi… certaines impressions ne changent pas. Alors je poursuis mon chemin… et en passant par le Sporty Bar, mon regard est attiré par un écran. Une demi-finale de Ligue des champions de l’UEFA. Paris Saint-Germain contre Bayern Munich. Impossible pour moi de passer à côté. Moi, la passionnée de football…Je m’installe. Et là…quel match. Un match complètement fou. Du rythme, des buts, des retournements de situation… de l’émotion à chaque minute. Je vibre. Je crie. Je vis le match. Victoire du PSG. 5–4. Une soirée qui, finalement… aura trouvé son moment.

Deuxième journée en mer. Ce matin commence par un passage à l’ONYX Lounge pour récupérer mon ticket de débarquement… puis la journée s’égrène doucement, au rythme de la croisière. Un petit supplément d’âme s’invite ce soir : Michel a confirmé sa croisière pour 2027. Une raison parfaite de célébrer et me voilà autorisée à savourer un verre de vin, accompagné de mon fromage. Lorsque je le rejoins au buffet du 13ᵉ étage, le dépaysement est immédiat : ambiance indienne. Dès l’entrée, une décoration somptueuse, et la présence d’une élégante hôtesse indienne qui donne le ton. Impossible de ne pas immortaliser ce moment. Puis viennent les saveurs…Un butter chicken onctueux, un chicken tikka délicatement épicé, un biryani richement parfumé, des samoussas croustillants, et des naans encore tout chauds. Chaque bouchée est une invitation au voyage, une escale gourmande en Inde. Sachant qu’une soirée ABBA était prévue à l’amphithéâtre, j’avais choisi une tenue scintillante, en hommage aux années disco et à leurs éclats iconiques. Entre les parfums d’épices et les jeux de lumière, la soirée prend des airs de fête, mêlant exotisme et nostalgie musicale. Quel bonheur de reprendre ces chansons en chœur avec d’autres croisiéristes…Une soirée à la fois savoureuse et éclatante, comme une danse entre Bollywood et l’univers disco. Et, pour une fois, la nuit ne s’arrête pas à 21h30, sans même que je l’aie prévu… lorsque Michel m’annonce la projection d’un match de football : Atlético Madrid contre Arsenal. Impossible pour la passionnée que je suis de résister à l’appel du ballon rond. Troisième “after” depuis le début de la croisière ! Et j’allais presque oublier : je tiens toujours mes 10000 pas quotidiens… et les résultats commencent à se voir

30 avril 2026 – Walvis Bay

En cette belle matinée du 30 avril, nous accostons au port de Walvis Bay à 8h00. En cette matinée du 30 avril, nous accostons à Walvis Bay. Sachant que je pars pour la journée, je prends un petit-déjeuner copieux. Aujourd’hui, j’ai choisi une excursion MSC Croisières : quad et surf dans les dunes. À 10h30, direction l’amphithéâtre… puis le bus. Le paysage défile. Toujours ce sable. Infini. Monotone. Un paysage brut. Aride. Presque vide. Rien ne m’accroche vraiment. Pas de coup de cœur. Pas d’émotion particulière. Je regarde. J’observe. Mais je ne ressens pas grand-chose. Je comprends que cette journée sera… particulière. Et pourtant…la journée commence.

Puis…au bout d’une heure 30, le bus s’arrête … devant un bâtiment énorme ou des quads sont alignés… une trentaine de quads… les moteurs vrombissent et n’attendent que nous. Des jeunes namibiens nous attendent casques à la main pour nous équiper… en nous donnant les dernières règles de sécurité. Installée sur mon engin, là…tout change. Dès les premières vibrations…je repars à 16 ans. Le moto-cross. Les chemins de terre. La liberté. Et d’un coup…le décor n’a plus d’importance. Je me lâche. Complètement. À 64 ans…je fonce, je grimpe les dunes, les dévale. Le sable vole. Mon cœur s’emballe. Je ris. Vraiment. Un pur moment de plaisir. Brut. Comme si, pendant quelques instants…j’oubliais où j’étais. Trop court. Toujours trop court. Lorsque le guide nous invita à remonter dans le bus, les visages défaits disaient tout. Il fallait une sacrée dose de charisme pour nous remotiver… ou au minimum, une promesse de Fish & Chips. Malheureusement, même cela n’attisa guère l’enthousiasme.

Mais la suite allait tout changer. Deux énormes 4×4 Pinnacle Tours arrivaient dans un nuage de sable. Direction : les dunes blanches. C’est beau. Oui. Objectivement. Le sable est presque irréel. La lumière joue avec les reliefs. L’océan au loin…Mais malgré tout…Je reste en retrait. Comme spectatrice. Je marche. Je monte. Je redescends. Là-bas, les dunes semblaient irréelles. On aurait dit des collines de sucre glace, sculptées par le vent. Le sable crissait sous les pieds, le soleil reflétait ses mille éclats, et au loin, l’océan   bleu infini.

Je marchais, parfois en silence, parfois émerveillée, souvent essoufflée. Mais chaque pas me rapprochait de cette impression de grandeur absolue, de nature brute, presque lunaire. À peine descendue, un skateboard en plastique entre les mains, je comprenais très vite la suite : monter la dune, m’élancer, glisser, prier… recommencer. Tout cela sous 32 degrés. Seule, mon premier défi fut de trouver quelqu’un pour me filmer. Ma technique bien rodée fonctionna : repérer un couple en selfie, leur proposer une belle photo à deux, et en échange… ma petite vidéo souvenir. Trois descentes plus tard, l’effort était dans la boîte… et mes cuisses en feu.

            Il est 17H30 lorsque je retrouve ma cabine, après cette virée dans les dunes, je suis épuisée. Une bonne douche et les photos à trier… et il y en a pas mal de photos et de vidéos… Ensuite, les réseaux sociaux…arrive très vite 20H00 heure à laquelle je rejoins Michel au 13eme…A peine suis-je installée à la table ou notre serveur attitre nous apporte nos deux bouteilles d’eau minérale que je commence l’informer que ce soir, ce sera diner léger et soirée au calme dans ma cabine, pas d’amphithéâtre……et là il me dit « Annick ce n’est pas possible, ce soir à 21H30, il y a le spectacle de toute l’animation de cette croisière 2026 »…. Comment résister… tous ces jeunes animateurs nous ont suivi lors de croisière… Et je n’ai pas regretté… c’était exceptionnel. Que ce soit en danse, en chant ou en animation, tout était parfaitement maîtrisé. Un moment fort, sincère, et rempli d’énergie. Après plusieurs mois passés à rythmer notre quotidien près de quatre mois d’animations, de présence constante et d’implication les voir évoluer ainsi sur scène, avec autant de talent et de passion, a été particulièrement touchant. Leur mission n’a pas toujours été simple, mais ils ont su rester présents, engagés et professionnels du début à la fin. À seulement quinze jours de la fin de la croisière, ce spectacle était bien plus qu’un simple show : c’était une véritable démonstration de leur dévouement. Ce soir encore, ils nous ont prouvé qu’ils étaient à la hauteur et même au-delà.

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