Croisière 2026 Seule autour du monde

Seychelles, Maurice, Réunion : trois îles, trois émotions

Par Annick Lejeune-Fouquet 25/10/2026 38 min de lecture
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15 avril 2026 – Port Victoria – Seychelles

Il est 7h00. Mon heure. Celle à laquelle j’arrive, presque rituellement, au buffet du 13ᵉ étage. J’aime ce moment suspendu… ce calme encore intact…Et puis, avec si peu de monde, je prends le temps. Le temps de savourer, mais aussi d’échanger quelques mots avec les barmans, toujours souriants, toujours bienveillants. Une présence discrète, mais agréable. Mais ce matin… l’atmosphère est différente. La plupart des croisiéristes sont déjà sur le pont. Comme prêts à bondir. Destination : Port Victoria… les Seychelles. Un rêve à portée de main. Et moi ? Je suis étonnamment tranquille. Mon taxi est prévu à 10h30 pour me conduire à l’hôtel Eden Bleu. J’ai du temps devant moi. Le luxe absolu. Alors j’en profite : un peu de sport, puis l’enregistrement d’une vidéo pour mes réseaux sociaux, pour partager ce moment d’arrivée si particulier. Mais lorsque je monte enfin sur le pont…le souffle se coupe. La beauté de l’île est saisissante. Un camaïeu de verts profonds, de bleus turquoise, de nuances pastel…Une harmonie presque irréelle. Irrésistible. Allez Annick… ne te perds pas trop longtemps dans tes pensées. Aujourd’hui, je ne suis pas seulement spectatrice. Je vais réaliser une interview pour l’hôtel. Être présente, visible… à la hauteur du lieu. Le choix de la tenue devient alors essentiel. Ce sera un maillot de bain rose pastel et argent…accompagné d’une robe de plage légère, presque aérienne, mêlant des tons de bleu, de rose, de beige… subtilement transparente. Un équilibre entre élégance et naturel. C’est important pour moi. Et me voilà prête.

Mais quelle chaleur…Une chaleur enveloppante, presque écrasante. Heureusement, mon taxi est à l’heure. Une pancarte à mon nom… un détail qui fait toujours son effet. Autour de moi, l’effervescence continue. Les croisiéristes négocient, discutent avec les locaux, les chauffeurs…Chacun cherche la meilleure destination, le meilleur prix, l’expérience idéale. Et moi…je m’apprête à vivre la mienne. Après une trentaine de minutes, je découvre l’Eden Bleu, un hôtel moderne situé au cœur de la marina d’Eden Island, entre mer et bateaux.

Le cadre est comme je l’imaginais : exceptionnel, à la fois contemporain, raffiné et apaisant. Dès l’entrée, je suis accueillie par une atmosphère lumineuse où chaque détail semble pensé pour créer une véritable sensation de sérénité. Je m’adresse au concierge, qui contacte immédiatement mon interlocutrice : Michelle.

Quelques minutes plus tard, elle apparaît. Une petite femme au sourire ravageur, pétillante, enjouée. Elle m’accompagne vers la réception et m’indique que l’hôtel met une chambre à ma disposition, au cas où je souhaiterais me changer ou me reposer. Un véritable cocon. La chambre est très agréable, soigneusement décorée, avec en bonus une magnifique petite terrasse qui prolonge l’expérience vers l’extérieur. Un endroit parfait pour se poser un instant, se détendre… et même se laisser tenter par quelques minutes de repos. C’est dans ce cadre à la fois apaisant et inspirant que je commence à capturer mes premières images et vidéos, avec déjà une très belle impression de ce que l’hôtel a à offrir.

Même si j’accepte avec joie la proposition, je n’en ressens pas réellement le besoin. Je préfère utiliser la chambre uniquement pour réaliser quelques prises de vue destinées à de futurs clients, avant de poursuivre la visite. Nous découvrons ensuite différents espaces de l’hôtel :
une salle de conférence spacieuse et fonctionnelle, idéale pour les événements professionnels, un bar élégant propice à la détente, et des espaces communs parfaitement aménagés qui invitent à profiter pleinement du lieu. Puis vient le moment que j’attendais particulièrement : la piscine à débordement. Vaste, élégante, presque irréelle. Serviette à la main, je me dirige vers cet endroit que je qualifierais sans hésiter d’exceptionnel. On me propose une bouteille d’eau… une attention simple mais appréciable. À cette heure-là, j’ai la chance d’avoir la piscine pour moi seule. Le silence, la douceur de l’air… tout invite à ralentir. Je me glisse dans l’eau doucement, comme pour ne pas briser la magie. Le contraste est parfait : mon maillot de bain rose pastel, délicat, en écho aux teintes du ciel, et cette immensité autour de moi. Face à moi, un décor à couper le souffle : la marina qui s’étend paisiblement, et en toile de fond, une montagne majestueuse qui semble veiller sur les lieux. Un panorama puissant, mais apaisant. C’est le genre d’instant où le temps s’arrête. Où l’on ne pense plus à rien. Juste… être là. Ressentir. Profiter. Un moment rare. Presque irréel.

Dans la continuité de cet instant suspendu, je m’accorde une pause gourmande, tout en simplicité. Une assiette de tomates mozzarella, fraîche et savoureuse, parfaitement équilibrée, accompagnée d’une bouteille d’eau. Un déjeuner léger, idéal pour prolonger cette sensation de bien-être sans jamais la brusquer. Puis vient la touche finale…Un gâteau au chocolat nommé Delight. Un dessert aussi élégant que généreux, à la fois fondant et intense, qui sublime l’instant avec justesse. Une véritable invitation à savourer, lentement, chaque bouchée. Un moment simple, mais parfaitement maîtrisé. À l’image du lieu : raffiné, apaisant et délicieusement inspirant.

Avant de quitter l’Eden Bleu Hotel, je souhaite capturer une dernière impression, plus spontanée, plus sincère. Au départ, j’avais imaginé plusieurs questions. Puis, dans l’instant, j’ai préféré revenir à l’essentiel. Simplifier. Créer un échange plus naturel. Je lui pose alors trois questions. En quoi votre hôtel se distingue-t-il des autres hôtels aux Seychelles ?

Elle m’explique que l’établissement se démarque par son approche moderne, différente des ressorts traditionnels, avec une volonté d’offrir une expérience à la fois confortable, accessible et contemporaine. Le fait d’être au cœur d’une marina attire-t-il une clientèle plus variée ?

Selon elle, oui. La marina apporte une énergie particulière, un mouvement constant, et attire des profils très différents : voyageurs d’affaires, touristes, ou visiteurs de passage plus spontanés. Et si vous deviez résumer l’expérience Eden Bleu en une phrase ? Elle sourit… et répond simplement :« Une expérience moderne, vivante et ouverte sur son environnement. »

Un échange court, mais authentique. Comme une dernière touche humaine, qui vient parfaitement conclure cette immersion. Un grand merci à Michelle pour son accueil chaleureux. Hâte de revenir un jour. Il est déjà 16h00, l’heure convenue avec le taxi pour notre retour au bateau. Le navire est censé quitter les Seychelles vers 17h30, et j’apprécie la ponctualité du chauffeur. Avant d’emprunter la passerelle pour monter à bord, je croise quelques croisiéristes… des visages, des instants fugaces, rien de plus. Je retrouve ensuite avec plaisir ma cabine, mon essentiel. Juste le temps de recharger le téléphone, puis je remonte sur le pont pour immortaliser le départ. Et quel départ…Le paysage est sublimé par un coucher de soleil exceptionnel : des nuances d’orange, de noir, de mandarine et de beige se mêlent dans le ciel, offrant un spectacle presque irréel.

Vers 20h00, je retrouve Michel pour le dîner. Le plus amusant est que lorsque je lui parle de l’hôtel où je me trouvais dans la journée, il m’annonce qu’il y était également… mais en fin de journée, pour un massage. Nous éclatons de rire. Il est aussi satisfait que moi de cette expérience et ne cesse de répéter : « Quel professionnalisme ces masseuses… j’ai failli m’endormir ! » Je confirme : oui, cet hôtel est vraiment exceptionnel. Nous nous rendons ensuite à la soirée à l’amphithéâtre. Le thème du soir : l’amour à travers différentes décennies, interprété par des croisiéristes. Un concept déjà vu en 2025… le même sujet, mais avec des visages différents. Rien de nouveau, mais j’applaudis malgré tout leur courage de monter sur scène et leur engagement. Sur ce, je vous souhaite une bonne nuit.

16 & 17 avril 2026 – en mer

Ce matin, je m’attendais à retrouver Massimo en conférence… et finalement non. Une petite déception, fugace. Après le petit-déjeuner, vient mon rituel désormais incontournable : l’expresso. C’est à ce moment-là que Rossana me rend la robe. Je m’y attendais, à vrai dire… sans doute un peu trop audacieuse pour elle, pas vraiment dans ses habitudes. Ce n’est pas grave je trouverai une autre façon de lui faire plaisir avant de quitter le bateau. La matinée se poursuit avec l’écriture de mon blog. J’y tiens : il doit être à jour. À mon retour, je le confierai à mon Community manager pour une diffusion sur mes réseaux sociaux, prévue fin mai. L’aventure continue, autrement… à travers les mots. « J’ai vécu l’aventure… Vous m’avez suivie… mais que s’est-il réellement passé ? » Une autre manière de prolonger le voyage. Puis mon esprit se tourne vers un nouveau projet : un dossier de parrainage. Je repense au cadeau de Michel cette crème de jour de la marque NATUS. Sa particularité ? L’huile d’argan… et surtout, une efficacité à laquelle je ne m’attendais pas. Je dois bien l’avouer : je ne peux plus m’en passer. Et une idée, un peu folle, commence à germer… pourquoi ne pas en devenir l’ambassadrice ? Après tout… pourquoi pas moi ?  Je jette un œil à ma montre : déjà 11h30. Le temps file. Il est l’heure de remettre mon passeport ainsi qu’un document de santé à MSC, en vue de notre entrée à l’île Maurice dans deux jours… Une nouvelle étape du voyage se prépare, doucement. Alors que je m’apprête à déjeuner seule, Michel m’envoie un message : « j’arrive ». Enfin… « j’arrive » version heures marocaines. Il apparaît au moment où j’entame mon dessert. Mais peu importe, le plaisir de le voir est intact.

Avec lui, les conversations ne manquent jamais elles se déroulent naturellement, comme si le temps n’avait aucune prise. Puis, un appel inattendu vient bousculer ce moment. Un croisiériste de 2025. Sa voix me ramène instantanément à l’année dernière. Il m’annonce qu’il envisage de réserver la croisière tour du monde 2028 et me demande, curieux : « Alors, tout se passe bien ? ». Je lui réponds en riant : « Écoute…cela n’a rien a voir avec ce que tu as connus en 2025 ! » Silence au bout du fil…. La moyenne d’âge ? 70 à 75 ans. Une atmosphère beaucoup plus calme… presque trop. Là où l’an dernier vibrait une énergie cosmopolite Italiens, Canadiens, échanges spontanés, rires partagés aujourd’hui, tout semble plus feutré, plus lent. Et j’oubliais, la terrasse à l’arrière du bateau que nous aimions tant a été réduite … a la place un restaurant payant et plus de bibliothèque vivante où l’on aimait s’attarder. Et pour ma part, pas d’afters improvisés cette année mais c’est moi… peut-être que toi il en serait autrement. Les souvenirs de 2025 remontent d’un seul coup intenses, lumineux, presque trop présents. Il faut bien le dire, cette croisière-là avait une âme particulière. Je l’entends au téléphone, lui aussi replongé dans ces moments-là. A bientôt… et n’hésite pas a m’appeler a nouveau si besoin.

Cet appel de mon ami me fait réfléchir. C’est sans doute pour cela qu’en fin de journée, j’ai rendez-vous avec la personne de « New Cruises ». Une idée me trotte dans la tête depuis quelque temps : pourquoi ne pas envisager un tronçon pour 2028 ? Le dernier, au départ de Sydney… une façon de renouer avec cette magie. Lorsque j’avais posé la question auparavant, on m’avait répondu que les tronçons ne seraient pas disponibles avant fin 2027. Mais aujourd’hui, je tente quand même. Juste pour voir… pour me projeter un peu. Alors je demande un devis complet. Et là… surprise. 31 000 € en cabine intérieure mais très bien placée… au milieu… déjà et au 10eme. Un instant de flottement. Le chiffre s’impose, presque irréel. Et pourtant, derrière ce montant, une promesse : des destinations que je ne connais pas encore. Les Bahamas, le Pérou, Nouméa, le Cambodge, le Sri Lanka, l’Inde, Oman, la Jordanie… et même le passage mythique du canal de Suez. Autant de noms qui font voyager rien qu’en les prononçant. Alors oui, le prix donne à réfléchir… mais l’appel du large, lui, est toujours là. Intact.

Allez Annick… arrête de rêver. Il est temps de revenir à la réalité et de filer sous la douche. Michel t’attend au buffet à 20h00. À peine arrivée, un détail attire mon regard : des drapeaux français un peu partout. Ce soir, c’est buffet français. La décoration est soignée, omniprésente… mais il manque, à mon goût, l’essentiel. Où sont passés un bon bœuf bourguignon, une blanquette réconfortante, ou même un vrai camembert digne de ce nom ? Je tourne, j’observe… mais rien ne m’inspire vraiment. Même constat du côté de Michel. Alors, pragmatiques, nous nous tournons vers le chef cuisinier et optons pour une omelette nature, accompagnée d’une salade. Simple, efficace… et finalement suffisant. Le temps file, comme souvent. À peine terminés, nous devons déjà renoncer à la glace pour ne pas arriver en retard au spectacle de l’auditorium : My Life in Music. Nous nous installons tout en haut de l’amphithéâtre. Pas idéal pour filmer… ni pour profiter pleinement des détails. Et pourtant, la magie opère toujours. Le spectacle reste magnifique. Sur scène, un conte de fées prend vie : une princesse, deux princes charmants, des décors féeriques… tout y est. Une histoire que l’on devine, que l’on connaît presque déjà, mais qui continue malgré tout à faire rêver. Même de loin. Quant à la soirée rock prévue à 22h30… je crois que, ce soir, je choisirai la douceur de ma cabine.

Deuxième journée en mer… cap sur l’île Maurice. Nous quittons peu à peu les profondeurs vertigineuses du bassin des Mascareignes, là où l’océan plonge à plus de 4 000 mètres. Et soudain, comme nous l’avait indiqué MSC, le bleu se transforme sous mes yeux tout change. Du pont, j’observe cette transformation au fil de mes pas, presque fascinée : la couleur de l’eau… L’indigo électrique, dense et mystérieux des grands fonds, s’adoucit peu à peu… pour laisser place à un bleu céruléen éclatant, lumineux, presque irréel. Un signe. Un repère silencieux. L’océan profond est désormais derrière nous. Devant, invisibles encore mais déjà présents, se dessinent les sommets volcaniques et les récifs coralliens de l’île Maurice. Tout semble annoncer l’approche de la terre… comme un secret que la mer dévoile lentement. Et je repense à ces mots d’Orhan Pamuk : « La mer me rappelle que tout est en mouvement, que rien ne sera jamais pareil. »  Ici, plus qu’ailleurs, cela prend tout son sens. Enfin…au bar du 5eme rien ne change et c’est bien ainsi… amabilité, sourires et mon expresso m’attend avec mon petit carré de chocolat. Je suppose que le sujet de la journée sera principalement l’organisation de ces deux jours a l’ile Maurice… déjà, il y a une excursion incluse pour le premier jour mais après ????

Je passe au salon de coiffure. Le responsable tenait absolument à me voir. Mauricien, tout comme son épouse… et, en les regardant, je pensais déjà deviner la raison : ici, sur le bateau, beaucoup ont la chance de pouvoir accueillir leur famille le temps d’une escale. Et je dois dire… je trouve cela absolument touchant. Peu importe le métier barman, serveur, coiffeur… chacun peut, à un moment, retrouver les siens. Les voir arriver, partager un repas ensemble, rire, discuter… comme si, l’espace de quelques heures, la vie reprenait son cours normal. J’ai même aperçu, un peu plus tôt, des enfants. Il était environ 16h. Ils savouraient une glace, assis tranquillement, entourés de leurs parents. Des moments simples, mais d’une beauté incroyable. Des instants suspendus, presque précieux, avant de devoir repartir. Parce que oui… derrière tout cela, il y a aussi la réalité : ces longues absences, ces mois loin des leurs. Alors forcément, ces retrouvailles ont quelque chose de profondément humain. Et moi, j’aime observer ça. Mais aujourd’hui, ce n’est pas pour me présenter sa famille. C’est pour me dire au revoir. Ils ont décidé, tous les deux, de mettre fin à leur contrat et de rester dans leur pays lors de notre escale. Un choix que je comprends… le rythme à bord est intense. Je suis touchée. Je les aimais bien. Je leur souhaite sincèrement le meilleur.

Il est 20h lorsque je rejoins Michel pour dîner. Et là… comme un clin d’œil : du fromage. Alors ce sera salade… et fromage. Simple. Parfait. Je m’apprête à prendre un dessert, mais un regard sur ma montre me ramène à la réalité : 20h35. Je file à l’amphithéâtre. Ce soir, une Française interprète Édith Piaf. Et moi… Piaf, je l’aime profondément. Dès les premières notes, l’émotion est là. Sa voix résonne, les mots prennent vie… et je me surprends à reprendre presque toutes les chansons, portée par cette intensité si particulière. Michel me rejoint, me regarde… et sourit. Une fin de soirée comme je les aime. Douce, simple… mais pleine d’âme. Et toujours pas d’after. Juste un détail qui me fait sourire : 9500 pas. Il en manque un peu… mais ce sera pour demain.

18 & 19 avril 2026 – Port Louis – Ile Maurice

Pour cette première journée, l’excursion a lieu de bonne heure ce matin… 8H15… mais pas grave… un peu plus compliqué pour Michel, je pense. Cette excursion incluse… je ne savais pas encore qu’elle allait m’emmener bien au-delà d’une simple visite. Dès notre arrivée au jardin de Pamplemousses, quelque chose opère. L’air change. Plus dense, plus chaud, presque enveloppant. Comme si la nature elle-même nous accueillait. Le temps semble ralentir. Les bruits s’effacent pour laisser place à un murmure végétal… celui des feuilles qui frémissent, des oiseaux qui chantent au loin.

Je marche. Lentement. Autour de moi, les arbres sont gigantesques, presque irréels. Certains ont traversé les siècles. Leurs troncs sont larges, puissants, marqués par le temps… comme des gardiens silencieux. Les baobabs impressionnent, presque intimidants. Et puis, soudain, ces nénuphars géants apparaissent… posés sur l’eau comme des œuvres d’art. Parfaits. Fragiles. Magiques. Les palmiers s’élèvent vers le ciel avec une élégance folle, chacun avec sa silhouette, son histoire, son origine. On voyage sans bouger. Je me sens ailleurs.Comme suspendue entre plusieurs mondes. Et puis, au détour d’une allée… un détail inattendu. Une plaque. Je m’approche. Un sourire. Ici, même l’histoire contemporaine a laissé sa trace… un arbre planté par Emmanuel Macron. Un contraste surprenant dans cet écrin hors du temps.

Mais ce n’est que le début. Quelques minutes plus tard, changement d’univers. Le château de Labourdonnais apparaît. Majestueux. Élégant. Presque cinématographique. Cette demeure coloniale du XIXe siècle semble sortie d’un autre siècle. Entourée de vergers luxuriants, baignée de lumière, elle impose une présence douce mais affirmée. Dès que j’entre, je ressens quelque chose de particulier. Le bois, les volumes, la lumière… tout est chaleur et raffinement. Les pièces racontent une vie passée. On imagine les robes longues, les conversations feutrées, les soirées à la lueur des lampes. Je marche dans ces salons comme dans une histoire. Les fenêtres ouvertes laissent entrer l’air tropical, les parfums des jardins… et la lumière danse sur les meubles anciens.

Puis vient le moment des saveurs. Une dégustation délicate : rhums aux arômes subtils, confitures ensoleillées, jus de fruits gorgés de fraîcheur… Chaque goût prolonge le voyage. Je prends le temps. Je savoure. Avant de partir, je me perds une dernière fois dans les jardins. Le vert est partout. Apaisant. Vivant. Et comme souvent… je ne repars pas les mains vides. Un cadeau pour mon ami Buju… et un coup de cœur inattendu : une petite robe blanche, légère, presque évidente. Celle que je porterai peut-être demain… si l’aventure continue jusqu’à l’île aux Cerfs. Je repars avec bien plus que des images. Une sensation. Celle d’avoir touché du doigt la beauté… la vraie.

Il est 16h30 lorsque nous rentrons au bateau. Direction le buffet du 13ᵉ pour une coupe de fruits bien méritée. Fraîche, légère… parfaite après cette excursion. Et là… de la musique. Intriguée, je jette un œil sur le pont. Une répétition. Une troupe mauricienne est en train de préparer le spectacle du soir. Les rythmes, les voix, cette énergie… impossible de résister. Ni une, ni deux. Direction la cabine. Maillot de bain, serviette, un livre… et me voilà de retour sur le pont. Et là, je savoure. Un moment privilégié. Presque confidentiel. Le spectacle… rien que pour moi. Enfin, presque. Sans costumes, sans mise en scène complète… mais avec l’essentiel : le son, l’âme, l’énergie mauricienne. C’est vivant. Authentique. Envoûtant. Je m’installe, bercée par la musique, le soleil, le mouvement du bateau… et je ne vois plus le temps passer. À tel point que je m’assoupis. C’est un message qui me réveille. Mon ami de Fréjus. Il a repéré une voiture pour moi sur La Centrale. Et en plus… près de chez moi. Il me propose d’aller l’essayer à mon retour. J’accepte. La conversation s’installe. On parle de tout, de rien… de la pétanque, de la vie. Un moment simple, comme suspendu entre deux mondes.

Et sans m’en rendre compte… il est déjà 19h30. Allez. Douche. Et je rejoins Michel. Toujours au buffet du 13ᵉ. Nos habitudes s’installent… un peu trop peut-être. Car visiblement, cela ne passe pas inaperçu. Certaines femmes, seules à bord, avaient l’habitude de venir discuter avec Michel, partager un moment, dîner parfois.

Et voilà que maintenant… elles hésitent. Certaines lui ont même fait la remarque : « Il y a Annick… on sent qu’on ne doit pas vous déranger… ». Je reste un peu surprise. Je n’ai pourtant rien fait de particulier. Nous dînons, nous discutons… puis chacun poursuit sa soirée tranquillement. Je ne vois pas vraiment où est le problème… ou alors, il m’échappe. Mais ce soir, peu importe. La fatigue se fait sentir. J’ai déjà eu un aperçu du spectacle grâce à la répétition… et cela me suffit largement. Celui de 22h30 ne m’attire pas. Je décline. Je laisse ma place… et puis Michel m’enverra quelques photos. Moi, je choisis le calme. Et quelque part… c’est exactement ce dont j’ai besoin.

Pour cette deuxième journée à L’Ile Maurice, j’avais proposé à Michel et oui, encore lui de vivre une escapade un peu différente : une journée sur une plage paradisiaque, direction l’île aux Cerfs. Il a dit oui. Sans hésiter. Et ce matin, je l’attends au bar du 5ᵉ. Il m’a fait confiance. Il ne m’a posé aucune question. Il commence à me connaître… il sait que je suis pointilleuse, que rien n’est laissé au hasard. Le rendez-vous était fixé à 7h30. Je l’avoue… j’avais un petit doute. Mais non. Il est là. À l’heure. Nous passons la sécurité avec le sourire, comme deux enfants sur le point de partir à l’aventure, puis nous rejoignons notre taxi en direction du port. Le chauffeur est agréable, discret. Tout est fluide. Et c’est parti pour une heure de route. Je me laisse aller. Je somnole légèrement, bercée par les mouvements de la voiture, laissant Michel discuter tranquillement avec le chauffeur. Une parenthèse douce avant l’excitation à venir.

Puis nous arrivons. Le port. Plusieurs bateaux, des catamarans… une ambiance déjà très “vacances”. Je regarde autour de moi, puis je me tourne vers Michel avec un sourire : « Non, non… nous, ce n’est pas ça. Nous, c’est un hors-bord. » Un choix assumé. Parce que j’ai toujours aimé la vitesse. Cette sensation de liberté, ce frisson… et puis, en privé, rien que tous les deux, c’est encore mieux.  L’aventure peut vraiment commencer. Dès notre arrivée au port, l’ambiance est déjà là. Le soleil, la lumière, les bateaux… et puis je croise deux jeunes policiers, a la silhouette élégante, lunettes de soleil parfaitement ajustées, un style presque irréel. Je souris. Impossible de résister… une photo s’impose. Coté vestimentaire, pour ma part, j’avais joué le jeu jusqu’au bout. Maillot de bain turquoise, éclatant sous le soleil, une tunique légère, presque transparente, délicatement brodée de touches dorées… et, pour le style, mes escarpins le temps de quelques images. Puis rapidement, place au confort : de petites sandales brillantes, parfaites pour l’aventure. Et quelle aventure…Nous montons à bord du hors-bord. Michel filme. Exactement comme je l’avais imaginé. Ce moment, je le voulais… je l’ai. Et puis, tout s’accélère. Le moteur rugit. Le bateau fend l’eau. Le vent s’empare de mes cheveux. Une demi-heure de pure sensation. De liberté totale. De vitesse. De sel sur la peau. C’est intense, grisant… presque irréel. Je le savais. Ce n’était pas un catamaran que je voulais.
C’était ça. Et j’étais aux anges.

Nous arrivons sur une première plage. Et là… le décor. Une eau turquoise, presque transparente. Du sable blanc, doux, lumineux. Des filaos qui dansent avec le vent. Un véritable décor de carte postale… mais en mieux, parce que je suis dedans. Avec Michel, nous marchons près d’une heure. À la recherche du spot parfait. Celui qui fera rêver. Celui qui capturera la beauté du lieu. Chaque pas est une découverte. Vers midi, le bateau revient nous chercher. Je change de tenue. Nouveau maillot de bain. Nouvelle ambiance. Nouvelle énergie pour de nouvelles images. Puis direction… une cascade. Sauvage. Puissante. Magnétique. Je grimpe, je me positionne, je tourne. L’eau, la roche, le mouvement… tout est là. Une vidéo incroyable. Je suis fière. Vraiment fière de ce moment.

Puis, changement de décor à nouveau. Une autre plage nous attend. Et là… une table dressée. Presque inattendue. Poulet boucané, poisson grillé, salades, pâtes… des plats simples, mais tellement savoureux. Et surtout, cette générosité : rhum, vin, boissons à volonté… le tout servi avec des sourires sincères. Un ananas frais en dessert, sucré, juteux… parfait. Un moment suspendu. Nous prenons le temps. Nous savourons. Nous remercions, aussi, avec un pourboire bien mérité. L’après-midi se poursuit en douceur. À l’ombre cette fois. Lecture, repos… le corps se détend après tant d’intensité. Vers 15h, il est temps de repartir. Le hors-bord reprend de la vitesse. Toujours aussi puissant. Toujours aussi grisant. À bord, je fais la connaissance de deux jeunes hindous. Échanges simples, sourires, discussions… et sans m’en rendre compte, le trajet passe à une vitesse folle. Déjà le port. Une dernière photo. Pour figer l’instant. Le bateau. Le moment. Puis le taxi. Une heure de route. Et dans ma tête… une seule chose : Je viens de vivre une journée absolument incroyable. 

Allez… direction la douche. Du sable partout. Et ça… je déteste. Mais en même temps, c’est le signe d’une journée réussie. Une de celles où l’on vit pleinement, sans compter. Je prends le temps. Puis vient le rituel : tri des photos, des vidéos… revivre chaque instant, sélectionner, imaginer déjà le partage sur mes réseaux. Et comme chaque soir, je rejoins Michel. Direction le buffet du 13ᵉ. Mais ce soir… petite déception. Je tourne, je regarde… et rien ne m’inspire vraiment. Toujours les mêmes plats, les mêmes saveurs. Alors je fais simple : carottes râpées… fromage de chèvre. Et très vite, nous trouvons une excellente alternative : les desserts. Après tout… plus de 12 000 pas aujourd’hui. Je peux largement me le permettre. Nous nous installons. Et là, comme souvent, le temps s’arrête. On refait la journée. On revit chaque moment. Le hors-bord, la vitesse, la plage, la cascade…On en parle encore comme si on y était. Et sans même s’en rendre compte… le temps file. L’amphithéâtre ? Raté. Mais aucune frustration. Parce que ce soir, le plus beau spectacle… c’était notre journée. Et puis, demain s’annonce intense : une journée à moto. Alors autant garder de l’énergie. La suite promet déjà.

20 avril 2026 – Possession – Ile de la Reunion

Il est 7h00 lorsque le Magnifica accoste au port de La Possession, sur l’île de La Réunion. Je le sens immédiatement… cette journée ne sera pas comme les autres. Pourquoi… je vais avoir la chance de visiter l’ile de la réunion autrement. À moto…et cela grâce à une belle rencontre qui a eu lieu il y a deux ans ½ lors de mon passage dans cette ile.  C’est là, précisément que j’ai fait la connaissance de cet homme un peu fou, comme moi… Hugues.  Et c’est lui, l’homme a la moto, l’homme qui m’a proposé en ce jour du 20 avril 2026 de découvrir son ile de la réunion et j’ai dit oui oui à la vie ou à la folie

Deux ans et demi sans nouvelles. La vie, tout simplement. Et il était là devant moi avec sa moto BMW 1300, une grosse cylindrée. Puissante. Impressionnante… casque a la main…. Pour moi… Si certaines connexions ne disparaissent jamais vraiment. Et aujourd’hui… j’ai ma réponse. Lors de ma sortie du bateau, au milieu des autres croisiéristes Je souris intérieurement. A la vue des regards, je comprends : je dois être la seule à vivre cette journée de cette façon. Et j’en suis fière. Je suis aux anges. On se retrouve. On s’embrasse comme si le temps n’avait jamais existé. Naturel. Évident. Fluide. Il me regarde et me demande :« Tu veux voir quoi ? Tu sais, l’île est grande… et tu as peu de temps. ». Je lui réponds, sans hésiter :« Je te fais confiance. C’est ton île. Tu l’aimes… alors fais-la-moi découvrir avec tes yeux. Comme quand tu m’en parlais. » Et là… tout commence.

Et puis vient ce moment tant attendu, celui où je monte derrière lui. Je m’installe. Je prends quelques secondes. Le casque. Les mains qui s’ajustent naturellement autour de lui. Un léger frisson. Pas de peur… non. Juste cette montée d’adrénaline. Celle que j’aime tant. Le moteur démarre. Un son puissant, profond. Vibrant. Je sens immédiatement la force de la machine. La BMW R1300 GS n’est pas là pour faire semblant. Et puis…Nous partons. Les premiers mètres. Puis très vite, la vitesse s’installe. Le vent vient caresser mon visage, s’engouffre dans mes cheveux. La route défile. Les sensations prennent le dessus. Je m’accroche à Hugues. Confiance totale. Nous glissons entre les voitures, évitant les longues files de circulation. Je jette un regard autour de moi… des voitures à perte de vue. Et nous…Nous sommes ailleurs. Libres. Chaque virage est une danse. Chaque accélération, une montée d’énergie. Je ressens tout. La route. Le vent. La vitesse. La vie. C’est différent du hors-bord emprunte lors de mon séjour a l’ile Maurice. Moins brutal… mais tout aussi intense. Plus proche. Plus humain. Plus vivant. Je souris. Parce qu’à cet instant précis, je sais que j’ai fait le bon choix. Et que cette journée… sera inoubliable.

Après une heure de route, le moteur s’éteint… et immédiatement, un autre son prend le relais. Celui de l’eau. Puissant. Régulier. Apaisant. Je descends de la moto, encore portée par les sensations de la route… et je m’avance doucement. Et là…Je découvre la cascade Niagara. L’eau glisse le long de la roche, s’élance avec force, puis s’écrase dans un bassin naturel aux reflets sombres. Autour… la nature est reine. Luxuriante. Sauvage. Presque indomptable. Je ressens les premières gouttelettes sur ma peau. Une fraîcheur délicieuse, contrastant avec la chaleur de la matinée. Je ferme les yeux un instant. Juste pour ressentir. Pas de bruit de ville. Pas de foule. Juste l’eau… et la vie. Je me retourne vers Hugues. Un sourire. Il sait. Il sait exactement pourquoi il m’a emmenée ici. Et moi… je comprends que ce n’est que le début. La journée ne fait que commencer.

Et sans vraiment m’en rendre compte… il est déjà temps de repartir. Je jette un dernier regard à la cascade. Comme pour en capturer une dernière image. Une dernière sensation. Puis je remonte sur la moto. Le moteur redémarre. Et nous reprenons la route. Cette fois, quelque chose a changé. Je ne suis plus simplement spectatrice. Je fais partie du voyage. Nous avançons, toujours plus loin. La route devient plus sauvage, plus étroite par moments. Les virages s’enchaînent, les paysages se transforment. Et puis… la végétation devient encore plus dense. Presque tropicale. Les arbres se referment légèrement au-dessus de nous, laissant passer des jeux de lumière incroyables. Le soleil filtre à travers les feuillages, créant des éclats dorés sur la route. L’air est chargé d’humidité. On le sent. On le respire. Et soudain… Hugues ralentit. Je comprends immédiatement. Nous arrivons dans un lieu à part. Un endroit presque irréel. Devant moi, une succession de cascades. Partout. L’eau semble jaillir de la montagne elle-même. Elle apparaît, disparaît, réapparaît… comme un fil conducteur vivant au cœur de cette nature luxuriante. Tout est vert. Un vert profond. Vibrant. Presque irréel. Je descends de la moto, fascinée. Je marche lentement… comme pour ne rien brusquer. Chaque cascade a sa propre énergie. Certaines sont fines, délicates. D’autres plus puissantes, plus imposantes. Le spectacle est permanent. Vivace. Hypnotisant. Je m’approche du point de vue. Et là…Le souffle coupé. Une vue incroyable s’ouvre devant moi Une nature brute, intacte, généreuse. À quelques pas, un petit restaurant, parfaitement intégré dans le paysage. Discret, presque caché. Comme si ici… tout avait trouvé sa place. Je regarde Hugues. Encore une fois, il ne dit rien. Mais je sais. Je sais qu’il m’offre bien plus qu’une visite. Il me fait découvrir son île. La vraie. Et moi… je m’y abandonne totalement. Et naturellement… vient le moment du déjeuner. Nous nous installons dans ce petit restaurant, presque caché au cœur de la végétation.

Un lieu simple. Authentique. Comme suspendu entre ciel, terre… et cascades. Ici, tout est vrai. Pas de mise en scène. Juste l’essentiel. Hugues me sourit : « Tu vas goûter à La Réunion… la vraie. » Je le laisse faire. Les plats arrivent. Et immédiatement… les couleurs, les odeurs, les saveurs m’enveloppent. Un rougail saucisse généreux, parfumé, légèrement relevé… juste ce qu’il faut pour réveiller les papilles. Un cari poulet fondant, riche en épices, longuement mijoté, avec cette profondeur de goût qu’on ne retrouve nulle part ailleurs. Le tout accompagné de riz blanc, de grains savoureux, parfaitement assaisonnés. Chaque bouchée est une invitation au voyage. C’est chaud. Épicé. Parfumé. Mais surtout… c’est vivant. On sent les influences, les cultures, l’histoire de l’île dans chaque plat. Je prends le temps. Je savoure vraiment. Le cadre y est pour beaucoup. La nature autour de nous. Le bruit lointain des cascades. L’air humide, doux, enveloppant. Puis viennent les boissons. Un jus frais, gorgé de soleil…Et pour les amateurs, un peu de rhum, délicatement parfumé. L’ambiance est légère. Simple. Sincère. Et puis arrive le dessert. Un ananas. Mais pas n’importe lequel. Un ananas comme je n’en ai jamais goûté. Sucré, juteux, fondant… presque irréel. Une explosion de fraîcheur. Je ferme les yeux un instant. Juste pour prolonger le moment. Je regarde Hugues. Encore une fois… il a vu juste. Ce déjeuner, ce n’est pas seulement un repas. C’est une expérience. Un instant suspendu, au cœur de son île. Et je comprends, à cet instant précis… Que vivre un lieu à travers quelqu’un qui l’aime change absolument tout.

Après ce déjeuner suspendu entre nature et saveurs… la route nous appelle à nouveau.

Je remonte sur la moto, encore portée par cette parenthèse hors du temps. Et nous repartons direction Sainte-Rose, premier arrêt : Notre-Dame des Laves, un lieu chargé d’histoire, chargé d’émotion. Face à moi, cette église… intacte. Et pourtant, tout autour, la lave a tout emporté lors de l’éruption. Tout. Sauf elle, comme protégée, comme un miracle. Face a elle, je reste silencieuse quelques instants et entre me recueillir… à l’intérieur…tout est dénudé, comme si une rafale de vent avait tout emporter. Puis nous poursuivons notre chemin… impossible de rater de temple, aux couleurs éclatantes, presque irréelles. Une explosion de détails, de symboles, de spiritualité. Cela me rappelle évidemment différents temples visités de Kuala lumpur… Chaque lieu est une surprise.

Puis vient la place du Commandant Hubert Delisle. Une respiration. Plus calme. Plus douce. Le contraste est immédiat. Après la nature brute, sauvage… ici, tout semble plus calme. Plus ancré dans la vie quotidienne. Je regarde autour de moi, intriguée. « Dis-moi… c’est quoi cet endroit ? ». Hugues me regarde, sourire en coin : je peux simplement te dire que c’était un bâtisseur. « Franchement ? On s’en fiche un peu… regarde plutôt l’ambiance. » ; Je ris. Et je fais exactement ce qu’il me demande et observe autrement. Puis nous reprenons la route pour être quelques minutes plus tard, devant ce fameux pont suspendu. Je le regarde. : massif, élégant, en pierres, ce qui veut dire solide et rassurant. Et je dois bien le dire, ce pont, il dégage quelque chose. Je me tourne vers Hugues : « Et lui… il a une histoire ? ». Cette fois, il ne plaisante pas. Son regard change légèrement. « Oui… c’est un ancien pont, reconstruit récemment. Avant, il reliait des zones importantes de l’île… c’était un passage essentiel. Aujourd’hui, il est sécurisé, mais il garde toute son âme. ». Devant moi, le paysage s’ouvre, le silence s’installe. Hugues me propose non pas de prendre que quelques photos et vidéos mais aussi de le parcourir. Je m’approche doucement, il y a ce vide, ces pierres grises imposantes, ce n’est pas juste un pont, c’est une histoire. Je me retourne vers Hugues. Un sourire complice. Encore une première. Encore un instant suspendu. Et toujours cette sensation…d’être exactement là où je dois être.

Allez… monte…  On bouge … nous ne sommes pas loin d’un lieu discret que peu de gens connaissent sauf bien sur les réunionnais, il s’agit du bassin bleu. En général, il y a plus de monde le week-end, c’est un lieu à pique-nique. Je m’attends à découvrir une eau profonde, éclatante… fidèle à son nom. Mais en arrivant…Surprise. Le bassin est à sec. Pas une goutte d’eau. À la place… d’immenses pierres. Brutes. Imposantes. Comme sculptées par le temps. Le décor est minéral. Presque irréel. Un contraste total avec tout ce que j’ai vu jusque-là. Et pourtant…C’est beau. Autrement. Plus brut. Plus intime. Je marche entre les roches. Le silence est presque total. J’imagine l’eau. Le mouvement. La vie. Mais au fond… ce moment est tout aussi fort. Parce qu’il est inattendu. Parce qu’il est vrai.

Puis vient l’église de Sainte-Anne. Majestueuse. Même en restauration après le dernier ouragan… elle dégage une présence incroyable. Sa façade, travaillée, presque sculptée, attire le regard. Et sur la porte… un détail me touche particulièrement : Un appel aux dons. Un simple QR code moderne… au service d’un lieu chargé d’histoire. Je trouve cela exceptionnel. Puis, sans prévenir…Hugues décide de me faire une dernière surprise. J’enfourche à nouveau la moto pour rejoindre une longue route bordée de champs de canne à sucre à perte de vue. Brusquement, il s’arrête et me dit : allez accroche toi… on va faire un départ arrêté ici… tu ne sais pas cela veut dire n’est-ce pas ?… Non, lui répondis je ne savant pas a quoi m’attendre… et je m’accroche. Le moteur gronde. Et en une fraction de seconde…Nous passons de 0 à 120 km/h. Une accélération fulgurante. Le vent. La puissance. L’adrénaline. Un cri de joie m’échappe. C’est intense. Brut. Vivant. Puis la vitesse redescend. Le calme revient. Mais à l’intérieur… tout vibre encore. Le retour vers le bateau se fait presque en silence. Comme si nous savions tous les deux…que cette journée venait de nous offrir quelque chose de rare, d’unique. Je descends de la moto. Je le regarde. Et sans même avoir besoin de mots…Je sais. Je viens de vivre une journée exceptionnelle. Merci Hugues….

La fin de la journée se passe dans ma cabine. Seule. À trier les photos. Les vidéos.

Revivre chaque instant. La moto. Le vent. Les paysages. Ces retrouvailles avec Hugues, cette complicité. Et je souris. Encore. Parce que cette journée… était tout simplement exceptionnelle. Je suis encore là-bas. La tête dans les étoiles. Puis, comme chaque soir, je rejoins Michel. Au buffet. Lui aussi a vécu sa journée, de son côté, du côté de Saint-Gilles, avec d’autres croisiéristes. Une belle journée, mais non sans une petite montée de stress : la peur de ne pas être à l’heure pour le retour au bateau. Mais tout va bien. Il est là, en face de moi et je le sens… heureux. Mission accomplie pour lui aussi : il a même réussi à récupérer ses médicaments à la pharmacie. Un détail, mais qui compte. Nous nous installons et naturellement… nous partageons nos péripéties. Lui, sa plage de l’Hermitage, celle que je lui avais conseillée. Le sable, la douceur, la mer. Et moi…ma journée. La moto. Les routes. Les cascades. Les sensations. Nos deux mondes se croisent. Deux façons de vivre une même île. Et pourtant… le même plaisir. Côté buffet, rien ne nous inspire vraiment. Alors, comme souvent, nous faisons simple. Une omelette aux poivrons. Une salade. Et c’est parfait. Parce qu’au fond… il ne faut pas grand-chose. Un bon moment. Un échange sincère. Et cette sensation d’avoir vécu pleinement. Le temps file. Encore une fois. Sans que nous nous en rendions compte. Il est 21 heures, lorsque je rejoins ma cabine. Mais ce soir… ce n’est pas grave. Parce qu’après une journée comme celle-ci… Je n’ai besoin de rien d’autre.

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