Croisière 2026 Non classé Seule autour du monde
Certaines villes se visitent. D’autres vous traversent
27 mars 2026 – Busan – Corée du Sud
Il est 8H00 lorsque nous accostons à Busan, lors de mon petit déjeuner, heureuse de constater que mon jus d’orange pressée m’attende au 13eme. La voix du directeur de la restauration a dû faire écho… eh oui… un mois ½ que la machine était en panne. Ce matin, c’est seul, que je me rends à l’excursion MSC. Et malgré, les contrôles de la sécurité coréenne, nous sommes largement à l’heure dans le bus. Je constate que nous sommes peu nombreux… tant mieux. Notre première visite a lieu au United Nations Mémorial Cemetery, un lieu de mémoire d’une grande intensité, dédié aux soldats venus du monde entier pendant la guerre de Corée.
En parcourant lentement les allées impeccablement entretenues, bordées d’arbres et de stèles blanches parfaitement alignées, on ressent une profonde impression de recueillement. Chaque nom gravé raconte une histoire interrompue, celle d’un jeune homme parti loin de chez lui pour défendre une idée de paix et de liberté. À 10h précises, la montée du drapeau européen a marqué un moment particulièrement solennel. Dans le silence presque suspendu du lieu, ce geste symbolique rappelle que derrière les chiffres se trouvent des vies, des familles, des destins. 3 421 combattants ont participé à cette mission, 270 y ont laissé leur vie, et 47 reposent ici. Parmi eux, des soldats de nombreuses nationalités, y compris un très jeune Australien de seulement 16 ans, dont le destin bouleverse par sa précocité. Marcher dans ce cimetière, c’est mesurer concrètement le prix de la paix. La beauté sereine du lieu contraste avec la violence de l’histoire qu’il évoque. On en ressort touchés, silencieux, et profondément reconnaissant envers ces jeunes venus de si loin, dont le sacrifice continue de nous rappeler combien la paix reste précieuse et fragile. Il est 11H00 lorsque nous rejoignions toutes et Tous le bus pour visiter la place où se trouve la Busan Tower, dans le magnifique parc de Yongdusan.
L’endroit est très agréable, avec de beaux jardins, plusieurs monuments et une grande cloche symbolique. Je peux m’y promener tranquillement et profiter d’une belle vue sur la ville. C’est un lieu paisible, parfait pour faire une pause et découvrir un autre visage de Busan avant de rentrer au bateau. J’ai toujours autant de plaisir à retrouver le Magnifica. Alors, lorsqu’un croisiériste me propose de l’accompagner en ville sachant que le bateau quitte le port vers 18h je décline. Je préfère savourer ce moment autrement…Déjeuner tranquillement au buffet, prendre le temps de tourner mes vidéos pour @Canal83, puis retrouver mes draps frais pour une petite sieste bien méritée. Comme je m’en doutais, il est déjà 15h00 lorsque je me réveille. Il est temps d’aller terminer mes 10 000 pas…Et d’appeler mon ami Didi. Il est 7h30 en France. Il me manque… Alors, plongée dans notre conversation, je marche… encore et encore… sur le pont. Sans vraiment m’en rendre compte. Quand, soudain, je jette un œil à l’heure : 16h45. Et à mon compteur : 11 500 pas. Génial. Le sourire aux lèvres, je rejoins ma cabine. Je mets mes photos en ligne, avance sur mon blog…Et savoure doucement cette fin d’après-midi, en attendant la soirée déjà le restaurant le Verdi avec mes amis canadiens ou nous nous racontons nos périples de la journée a Busan. Ensuite, je rejoins Michel au buffet du 13eme pour prendre mon dessert avec lui alors que lui dinera ; Eh oui nous sommes en décalé. Lui, me parle du spectacle de la soirée auquel il vient d’assister à l’amphithéâtre : Christian Regnicoli, guitariste MSC évoluant sur scène en un Virtual concert guitare « Revolution ». Selon Michel, un très bel hommage aux plus grands guitaristes « Dire Straits, Queen, Eagles et bien d’autres ». Au début je pense y aller et a nouveau, je préfère rentrer dans ma cabine pour jouer à mon jeu japonais…


28 mars 2026 – En mer
RAS…. Une journée comme les autres sur le bateau…. Sauf cette belle entrevue avec le responsable du bar du 5eme, amie avec sa femme Rossana derrière le bar, …vraiment très agréables et très professionnels. En revanche, toujours pas envie d’aller au spectacle en soirée…
29 mars 2026 – Shangaï – Chine
En cette belle journée ensoleillée qui s’annonçait lors de notre arrivée en Chine, j’avais très envie de découvrir Shanghai, une ville à la fois électrique et reposante par endroits. J’imaginais déjà ses temples paisibles, ses jardins raffinés, ses quartiers historiques pleins de charme… Mais ce n’est pas du tout ce qui allait se passer durant toute la matinée. Pourtant, tout avait bien commencé. Pour cette excursion incluse, MSC avait bien organisé les visites malgré l’affluence. Nous avions passé la sécurité très rapidement, le bus était à l’heure, et j’étais confortablement installée à côté de mon ami Michel. Je ne me doutais pas que j’allais vivre un véritable enfer dans les heures suivantes, en visitant d’abord le temple du Bouddha de jade, puis le jardin de Yu.
La visite a commencé par un trajet d’environ une heure depuis le quai jusqu’au temple du Bouddha de jade, véritable oasis de tranquillité au cœur de Shanghai. J’étais ravie de découvrir ce lieu emblématique, célèbre pour ses somptueuses statues de Bouddha sculptées dans un jade blanc éclatant, ses toits aux courbes élégantes, ses lanternes rouges suspendues, ses encensoirs fumants et ses salles traditionnelles richement décorées. Je m’imaginais déjà déambuler dans ses cours paisibles, écouter le silence, observer les fidèles en prière et m’imprégner de cette atmosphère spirituelle hors du temps.
Ensuite, nous avons repris le bus pour nous rendre vers la vieille ville et le jardin Yu, véritable cœur historique de Shanghai. Datant de 1559, ce jardin chinois classique est un chef-d’œuvre d’harmonie et de poésie. Je rêvais de me promener lentement entre ses étangs peuplés de carpes aux reflets dorés, ses ponts en zigzag bordés de balustrades sculptées, ses rochers aux formes mystérieuses, ses pavillons délicats, ses galeries ombragées et ses bonsaïs soigneusement entretenus. Tout semblait conçu pour inviter à la contemplation et à la sérénité.
Mais le problème, c’est que la réalité a été tout autre. Lorsque nous sommes arrivés au temple du Bouddha de jade, censé être une oasis de calme, nous avons découvert une foule compacte. Même constat au jardin Yu, pourtant réputé pour être un havre de paix. Tous les cars et bus de MSC étaient arrivés en même temps. Résultat : un brouhaha incessant, des groupes partout, des guides agitant leurs pancartes au-dessus de la foule, des visiteurs serrés les uns contre les autres. Toute la matinée, nous avons avancé difficilement, pris dans un flot continu de touristes. On se frôlait, on se bousculait, chacun parlait plus fort que l’autre… Finalement, au lieu de découvrir des lieux paisibles et spirituels, nous avions l’impression d’être plongés en plein cœur de l’agitation de Shanghai. Et comme si cela ne suffisait pas, notre guide, complètement dépassée, a même perdu le mari d’une croisiériste, courant dans tous les sens sans jamais vraiment nous compter…Je suis sortie de cette excursion énervée et stressée, alors que cela aurait dû être tout le contraire. J’étais profondément déçue. Michel, l’ayant bien remarqué, me proposa alors de le suivre dans une maison de thé.
Là, dans une ambiance plus calme, nous avons découvert différentes variétés de thé, leurs parfums subtils et leurs rituels délicats. Peu à peu, je retrouvais le sourire. Nous avons ensuite décidé de reprendre notre journée en main. Nous avons pris un taxi pour quitter cet enfer, direction la Shanghai Tower, l’un des gratte-ciels les plus impressionnants du monde. Quarante-cinq minutes plus tard, nous admirions la ville depuis les hauteurs, fascinés par cette forêt de buildings futuristes.
Puis, une première pour moi : je prenais le métro de Shanghai, une expérience en soi dans cette mégalopole gigantesque. En chemin, nous avons dégusté les fameuses bouchées au crabe vapeur, les xiaolongbao, dont Massimo nous avait tant parlé un vrai délice. En fin de journée, nous avons rejoint le Bund, ce célèbre boulevard longeant le fleuve Huangpu, offrant une vue spectaculaire sur les gratte-ciels illuminés de Pudong. Puis nous avons arpenté la rue de Nanjing, immense artère commerçante animée, longue de plusieurs kilomètres, où lumières, boutiques et foule se mêlent dans une ambiance unique. Pour finir en douceur, nous avons savouré une glace au rhum-raisin. Le retour au bateau s’est fait sans difficulté, ouf ! Nous sommes arrivés juste à temps, alors que le port fermait à 20h comme on nous l’avait indiqué. Quelle journée… entre rêve, chaos et finalement, de très beaux moments retrouvés. Mais la soirée n’était pas terminée. À peine arrivée à ma cabine, pas le temps de prendre une douche… juste celui de déposer mes affaires sur le lit avant de repartir aussitôt rejoindre Michel pour le spectacle de la soirée. Pour une fois, j’y allais et je ne fus absolument pas déçue. La troupe chinoise était tout simplement exceptionnelle : des costumes somptueux, des chants envoûtants… Une ambiance magique, parfaite pour quitter Shanghai en beauté. Ensuite, direction le buffet du 13e étage, le temps de savourer une simple salade mais après une telle journée, elle avait un goût particulier. J’en ai profité pour immortaliser le départ du bateau, capturant en vidéo cette ville illuminée, fascinante, vibrante… une ville où j’ai déjà hâte de revenir. Aujourd’hui : 14 704 pas… YES ! Il ne me restait plus qu’à rejoindre les bras de Morphée, le sourire aux lèvres.

30 & 31 mars 2026 – En mer
Pour cette première journée en mer, au lever, je prends plaisir à contempler la surface de l’océan. La vie à bord s’est enfin installée. Mes habitudes prennent place sans même que je m’en rende compte. Comme si, quelque part, ce bateau devenait un peu mon « chez moi ». Une belle journée s’annonce rythmée par le sport, l’expresso, la conférence et un léger bain de soleil. Et puis, ce soir, il y aura la soirée. Je n’avais pas prévu d’y aller, mais Michel a beaucoup insisté… doucement. Et j’ai dit oui. Alors je découvre ce spectacle. Des reprises d’Elvis… une promesse qui, sur le papier, fait rêver. Mais très vite, quelque chose ne prend pas. La voix manque de profondeur. L’émotion ne passe pas vraiment. Et puis… ce détail qui ne trompe pas : le playback. Je ressens une pointe de déception. Pas immense… mais réelle. Alors je fais comme souvent. Je souris. J’applaudis. Je reste élégante face à ce moment qui ne m’emporte pas. Et puis je m’éclipse. Direction la cabine. Le calme. Le silence. Mon refuge. Parce qu’au fond, ce soir, le plus beau spectacle… c’est peut-être simplement celui du repos. Celui de se retrouver. Et de laisser la nuit faire le reste.
Deuxième journée en mer et je pourrais dire rien de particulier… et pourtant tout est là. Je laisse doucement filer la journée, entre rêves et projets. Hong Kong s’invite dans mes pensées, comme une promesse vibrante. J’imagine ses lumières, ses rues animées, son énergie presque palpable… Un vrai brainstorming à deux voix, où chaque idée devient déjà un souvenir en devenir. Impossible de faire ma sieste aujourd’hui. Mon esprit refuse de ralentir. Alors je marche… encore et encore sur le pont 7. Le vent, le mouvement, l’horizon… comme pour remettre un peu d’ordre à l’intérieur. J’en profite pour appeler Buju, puis ma tatie Louisiane. Leurs voix me font du bien, m’ancrent, me rassurent. Le soir arrive doucement, et Michel me propose de le rejoindre à une soirée à thème chinois, à l’amphithéâtre. Pourquoi pas…Un coup d’œil au “daily report” : tenue rouge conseillée.
Heureusement que je vérifie ! Pas de tenue de geisha dans ma valise… mais un blouson rouge scintillant de paillettes fera parfaitement l’affaire. Je l’associe à une jupe noire, elle aussi légèrement brillante, des collants (indispensables… mes jambes manquent encore de soleil), et bien sûr mes escarpins vous me connaissez.
Une photo rapide pour immortaliser le moment… et me voilà prête. À peine arrivée, je comprends que le rouge est roi ce soir. Parfois audacieux… parfois discutable… mais moi, je ne passe clairement pas inaperçue. Puis le spectacle commence. Une troupe chinoise entre en scène… et peu à peu, tout s’apaise. La musique m’enveloppe, la voix de la chanteuse m’emporte ailleurs. Des instruments inconnus vibrent pour la première fois à mes oreilles… et je me laisse porter. Le temps suspend son souffle. Une photo avec la troupe viendra sceller cette parenthèse enchantée. Et comme si la magie devait continuer, nous découvrons ensuite le buffet du 13ème, sous un pavillon chinois magnifiquement décoré. Lanternes rouges, serveurs coiffés de chapeaux traditionnels, mets délicats aux saveurs asiatiques… chaque détail est une invitation au voyage. Je savoure, lentement, pleinement.
La soirée se termine dans une douceur inattendue. Nous croisons des amis de Michel, rencontrés sur le bateau. Toulonnais… lui ancien d’Air France, elle peintre. Des personnes lumineuses, apaisantes, avec qui le temps file trop vite. Parler de Toulon me touche particulièrement… peut-être parce qu’une part de moi s’y projette déjà. Pas d’after encore ce soir…l’ambiance ne me donne pas envie. Mais une nuit douce, calme, presque irréelle. Une de celles qui laissent une trace.
1 avril 2026 – Hong Kong – Chine
Il est 8h00. Le bateau accoste doucement. Et devant moi… Hong Kong. Rien que ces deux mots suffisent à faire battre mon cœur un peu plus fort. Une ville mythique. Vibrante. Presque irréelle. Et aujourd’hui… c’est mon tour de la découvrir. Mais en réalité, ma journée a commencé bien plus tôt. 6h30. Les yeux ouverts avant même que le réveil ne sonne. Impossible de dormir davantage. L’excitation est déjà là, bien installée. Alors tout s’enchaîne. Un petit-déjeuner rapide, presque mécanique… puis mes vidéos pour @canal83. Autour de moi, le bateau s’éveille. Certains passagers sont déjà en mouvement, impatients eux aussi. L’énergie est palpable. 7h30. Encore un peu de temps devant moi. Suffisamment pour m’offrir une séance de sport dans ma cabine. Comme un rituel. Comme pour me préparer, physiquement et mentalement, à ce qui m’attend. Parce que je le sais. Cette journée ne sera pas comme les autres.
9h15, le rendez-vous approche…Et au fond de moi, une certitude.
Aujourd’hui, je vais vivre quelque chose de fort. Grâce à Michel, je vais partir à la rencontre de lui…Ce Bouddha immense. 34 mètres de hauteur. Perché sur la colline de Ngong Ping, à 35 kilomètres du tumulte de la ville. Un lieu presque mystique. Un lieu qui m’appelle déjà… sans que je l’aie encore vu. Et je le sens. Cette journée va me marquer. Après le passage de la douane, c’est tout naturellement que je m’installe auprès de michel dans le bus pour partir à la découverte de Hong Kong…la guide, chinoise, pour la première fois depuis notre arrivée en Asie… en quelques phrases me parait exceptionnelle et ce sera le cas jusqu’à la fin de notre excursion. La ville, la vraie, se dévoile peu à peu, à moi, entre vertige et douceur.
Tout commence par cette montée mythique vers le Victoria Peak. Le tramway s’élève lentement, presque solennellement… et déjà, je sens quelque chose changer.
À mesure que je prends de la hauteur, la ville se révèle autrement. Les immeubles semblent s’incliner, la végétation s’invite partout, et puis soudain… cette vue. À couper le souffle. Hong Kong s’étend devant moi, immense, vibrante, presque irréelle. Un mélange fascinant de modernité et de nature, de béton et de verdure. Je reste là, quelques instants, suspendue… comme si le temps s’était arrêté.
Puis changement d’ambiance. Stanley. Un nom, une atmosphère. Ici, tout est plus doux, plus humain. Je me perds volontairement dans les allées du marché, entre couleurs, odeurs, objets inattendus… Chaque stand raconte une histoire. Je prends le temps, j’observe, je souris. Il y a quelque chose de profondément vivant dans ce lieu. Une énergie simple, sincère. Mais il y a aussi l’histoire, silencieuse mais présente… celle de ce village de pêcheurs devenu témoin du passé. On la ressent, presque sans qu’on nous la raconte. La journée continue… et m’emmène ailleurs encore. Aberdeen. Et là, le contraste me frappe en plein cœur. Des sampans glissent lentement sur l’eau, comme hors du temps… tandis que, juste à côté, des yachts luxueux affichent une autre réalité. Deux mondes qui coexistent, sans se heurter. C’est troublant… et beau à la fois. Ici, la vie semble suivre un autre rythme. Plus lent, plus ancré. Je regarde, j’écoute, je m’imprègne. Il y a quelque chose d’authentique, de presque fragile dans ce quotidien qui perdure. Je prends conscience, à cet instant précis, que Hong Kong ne se résume pas à ses gratte-ciels. Elle est bien plus que ça. Elle est faite de contrastes, d’histoires, de vies entremêlées. Je quitte ce quartier avec des images plein la tête… mais surtout avec une sensation. Celle d’avoir, l’espace de quelques heures, touché du doigt l’âme de cette ville. Mais mon voyage ne s’arrête pas là …Et puis… il y a ce moment que j’attendais sans vraiment oser l’imaginer.
Notre objectif du jour : ce Bouddha monumental, perché sur la colline de Ngong Ping. Une statue de 34 mètres… presque irréelle. Mais à cet instant précis, nous sommes encore loin de nous douter du périple qui nous attend. La journée est déjà bien avancée, la fatigue commence doucement à s’installer… mais peu importe. Il y a cette envie, cette détermination. On y va. Avec l’aide précieuse de notre guide, nous trouvons une machine pour changer un peu d’argent au cas où. Parce qu’ici, rien n’est jamais totalement simple… et c’est aussi ça, l’aventure. Le temps d’une pause rapide toilettes, une glace dégustée en marchant et nous voilà lancés. Premier taxi : rouge. Important. Ici, chaque couleur a son territoire. Celui-ci nous emmène à travers la ville pendant plus d’une heure. 1h15 exactement. Le temps s’étire… et, bercée par le mouvement, je me laisse doucement emporter. Je somnole. Juste un peu. Michel, lui, avait déjà pris de l’avance dans le bus ; Puis vient le changement. Nous descendons, un peu désorientés, à la recherche du fameux taxi bleu… le seul autorisé à nous conduire jusqu’à Ngong Ping. L’attente aurait pu être longue… mais la chance est avec nous. Très vite, nous trouvons notre précieux sésame.
Et puis, peu à peu, Hong Kong change de visage. Les tours disparaissent. Le béton s’efface. La nature reprend ses droits. Une mer de verdure s’ouvre devant moi, profonde, apaisante… presque spirituelle. Comme si le monde moderne s’éloignait pour me laisser entrer dans autre chose. Un ailleurs. Un lieu hors du temps. Et soudain… nous arrivons. Une immense esplanade. Le calme. L’espace. Et lui. Le Bouddha, 35mètres de hauteur. Majestueux. Impressionnant. Presque écrasant de présence… pourtant si apaisant. Il ne bouge pas… mais il impose tout. Et entre lui et moi… ces 350 marches. Je pourrais m’arrêter. Hésiter. Souffler. Mais non. Quelque chose en moi s’élève déjà.
Alors je monte. Marche après marche… comme portée. Comme si la fatigue n’existait plus. Comme si chaque pas me rapprochait un peu plus de quelque chose de plus grand que moi. Et puis… J’y suis. Face à lui. Le silence devient presque sacré. Le temps ralentit. Je ressens… sans vraiment pouvoir expliquer. De la paix. De la force. Une émotion rare. Je prends des photos, bien sûr. Plusieurs. Comme pour figer l’instant. Mais au fond, je le sais…Ce moment ne se capture pas. Il se vit. Et il restera gravé en moi, bien au-delà des images.
Nous continuons notre exploration… mais cette fois, le temps semble ralentir. Les statues se succèdent, silencieuses, presque habitées. L’air est chargé de cette odeur d’encens qui brûle lentement… comme si chaque volute emportait une prière vers le ciel. Puis un temple. Puis un autre. Et soudain… sans vraiment nous y attendre, nous assistons à une cérémonie. Un moment suspendu. Les voix, les chants, les silences… tout résonne profondément. Il est interdit de prendre des photos et finalement, c’est peut-être mieux ainsi. Parce que ce que je ressens ne se capture pas. Ça se vit. Intensément. Je suis là, immobile… touchée sans vraiment comprendre pourquoi. Il y a quelque chose de puissant, de presque sacré. Un de ces instants rares où l’on oublie tout le reste. On n’a pas envie de partir. Je n’ai pas envie de partir. Vraiment pas. Mais le temps, lui, ne s’arrête jamais. Et quelque part, le bateau nous attend. Alors on quitte ce lieu à regret… le cœur encore rempli de cette atmosphère unique. Michel me propose alors de redescendre en téléphérique. Et là… une autre aventure commence. Avant ça, une pause s’impose : une brochette de poulet, dégustée avant une attente interminable. 45 minutes… mais peu importe. On prend le temps. On savoure. Puis enfin, la cabine. Nous sommes huit. Serrés, silencieux… comme si chacun pressentait que quelque chose d’unique allait se produire. Et dès les premiers mètres… Le souffle se coupe. C’est la première fois que je vis ça. Le téléphérique glisse dans les airs, et sous mes yeux, le monde se transforme.
D’abord la montagne. Immense. Verte. Sauvage. Puis, presque sans transition… la ville apparaît. Lointaine, dense, presque irréelle. Puis la descente devient vertigineuse. Sensation de flotter… de ne plus vraiment toucher terre. Et soudain… l’eau. À perte de vue. Calme. Puissante. Infinie. Comme si je traversais plusieurs mondes en quelques minutes. Comme si Hong Kong me révélait toutes ses facettes… une dernière fois. Et puis, doucement… le retour à la réalité. Le centre-ville. Le point de départ. Comme si rien ne s’était passé. Et pourtant… Je sais que je viens de vivre quelque chose d’unique. Quelque chose d’impossible à raconter vraiment. Mais que je n’oublierai jamais.
Dans ma tête, une seule idée : rentrer. Retrouver le bateau. Me poser. Souffler. Mais Michel, lui, en décide autrement. « Et si on allait jusqu’à Victoria Harbour ? » Je le regarde… épuisée. Chaque pas devient lourd, mon corps réclame une pause. Et pourtant… comment refuser ? Ce lieu, on en parlait depuis le début. Alors je dis oui. Encore. Le métro nous avale. Familier… et pourtant si différent. Il ressemble à celui de Paris, mais ici, le froid est saisissant. Presque irréel. Je frissonne. Michel plaisante « c’est bon pour les rides » et malgré moi, je souris. On se perd un peu. On hésite. On cherche. Puis un homme nous aide. Un regard, un geste, quelques mots… et nous voilà repartis. Deux lignes de métro à prendre. Encore de l’énergie à trouver. Mais je suis à bout. Je jette un œil à mon téléphone. 13 000 pas. Mon corps parle. Mais mon esprit… continue. Et puis, enfin… la sortie. La lumière. Nous débouchons dans une rue presque irréelle. Des boutiques luxueuses à perte de vue.
Comme un mélange entre Shanghai et les Champs-Élysées. Tout brille. Tout attire. Mais moi… je suis ailleurs. Trop fatiguée pour vraiment ressentir. Et puis, doucement, nous avançons vers l’eau. Et là… Tout change. Face à moi, la baie. Victoria Harbour. Les buildings s’illuminent un à un, comme une toile vivante. Des couleurs, des reflets, des lumières qui dansent sur l’eau… C’est grand. C’est beau. C’est presque hypnotisant. Et soudain, la fatigue s’efface un peu. Parce que ce moment-là… valait le coup. Parce que parfois, il faut aller au bout de soi-même pour découvrir ce genre de beauté. Et dans le silence de cette fin de journée, face à cette ville qui ne dort jamais…Je me dis que j’ai bien fait de dire oui.
La journée touche à sa fin… et pourtant, l’aventure n’est pas tout à fait terminée. Avec les quelques pièces qu’il nous reste, nous réussissons à trouver un taxi. Une petite victoire en soi. Il est déjà 21h00… et le bateau doit partir à 22h00. Cette fois, je n’ai plus d’énergie à donner. Mais une seule envie : rentrer. Retrouver ce cocon flottant après cette journée hors du temps. Quand nous arrivons enfin devant le bateau… un mélange de soulagement et d’épuisement m’envahit. Les contrôles, encore… puis enfin, l’intérieur. Je pense à ma cabine. À mon lit. À ce moment où je vais pouvoir tout relâcher. Mais non. Quelque chose m’appelle ailleurs. Le buffet. Et là…comme un miracle au milieu de cette journée asiatique…du camembert, de vrais étals, généreux, presque irréels. Je m’arrête. Je regarde. Et sans réfléchir, je me jette dessus… comme si c’était le plus grand des luxes. Parce qu’à cet instant, ça l’est. Deuxième fois seulement depuis notre départ de Gênes.
Un trésor. J’attrape du pain aux graines de sésame, un verre de vin… et je m’installe. Et là…Le bonheur simple. Brut. Inattendu. Après tant de découvertes, tant d’émotions, tant de kilomètres… ce moment-là a une saveur particulière. Celle du retour. Celle du réconfort. Une journée parfaite… jusque dans ses détails les plus simples. Et pourtant…Au moment de remonter sur le pont, quelque chose se serre en moi. Hong Kong s’éloigne. Doucement. Ses lumières deviennent floues, puis lointaines… puis presque irréelles. Et je reste là, immobile. Le cœur un peu lourd. Parce que je sais déjà… Que cette ville ne m’a pas laissée indifférente. Qu’elle m’a marquée. Et qu’un jour… C’est certain… J’y reviendrai.


