Croisière 2026 Non classé Seule autour du monde
Embarquement immédiat !
5 janvier 2026 – Port de Gênes
Le 5 janvier, à 9 h 30 précises, mon ami Buju, accompagné de Didi, était devant mon portail. Très vite, les trois valises furent embarquées, et c’était parti, direction le port de Gênes… avec, bien sûr, un peu d’embouteillage. Il nous fallut plus de trois heures pour arriver. Au loin, j’apercevais mon bateau, le Magnifica. Toujours aussi grandiose… il imposait, majestueux, sur le quai de Gênes. Mais quel vent ! Une brise presque insoutenable. Comment l’oublier, d’autant plus que je devais me dévoiler pour tourner la vidéo de mon embarquement… Combien de fois mon chapeau a-t-il failli s’envoler ? Un véritable enfer. Et pourtant, nous avons réussi. Grâce à la persévérance de mon ami Buju. C’est ainsi que, par un bel après-midi d’hiver, le 5 janvier 2026, je suis montée à bord du paquebot Magnifica de MSC, les larmes aux yeux, prête pour ce grand départ…Le retour en France était prévu pour le 16 mai 2026. Avec ma tenue, impossible de passer inaperçue. Je pense qu’il y avait bien longtemps que personne n’avait porté une tenue aussi singulière pour monter à bord. Oui, j’avais été remarquée… et même par un membre de l’équipe du commandant de bord, qui me reconnut aussitôt. Très vite, il vint à ma rencontre afin de faciliter mon embarquement.
L’aventure commençait déjà sous le signe de l’exception. Et cette sensation ’accentua lorsque je passai le portique MSC. Là, ce furent des embrassades avec deux photographes du Magnifica. Ils m’avaient reconnue aussitôt et m’embrassèrent chaleureusement. Le Magnifica, MSC, le tour du monde… c’était bien plus qu’un voyage : c’était une famille.




Chaque rencontre renforçait ce sentiment d’appartenance. À 17 h 00, j’entrai enfin dans ma cabine 12203… exténuée. Mes valises, alignées devant la porte, ne demandaient qu’à être vidées. Il me fallut un certain courage pour m’y mettre. Et là… trop drôle : même cabine, mêmes couleurs. Comme si ce voyage n’était que la continuité de celui de 2025, comme si je n’avais jamais quitté le bateau en mai dernier. Une drôle de sensation.
Il manquait ci…et ça… sans parler des porte-manteaux. Mais je ne perdis pas espoir et appelait la personne qui allait gérer ma cabine pendant cette croisière. Très vite, tout reprenait naturellement sa place, comme si j’étais déjà chez moi. Alors que je m’apprêtais à me rendre au buffet, le fil des rencontres s’intensifiait : les deux directeurs de la restauration, les barmans, les serveurs… tous me reconnurent. C’était complètement fou. À peine arrivée à bord, j’étais déjà en terrain conquis. Du côté de la présentation des buffets, rien n’avait changé… toujours autant de choix. Mais très fatiguée, je ne tardai pas à rejoindre ma cabine. Je gérerais Internet le lendemain. Pour cette première soirée à bord, à 21 h 30, j’étais déjà au lit. Pas vraiment de quoi rêver… pour l’aventurière que j’étais.


6 janvier 2026 – Port de Marseille
7h30. J’entrouvrais les paupières. Même horaire habituel, mais un seul changement venait illuminer ce réveil : un petit-déjeuner copieux au buffet m’attendait… Quel bonheur. Je retrouvais mes céréales, mes kiwis, mon jus d’orange pressé. En revanche, la terrasse ou j’avais l’habitude de m’installer était réduite : à la place d’un restaurant payant. Moi qui avais adoré y prendre mon petit déjeuner ou y diner, c’était râpé. Déception. À peine le petit-déjeuner terminé, ce fut un peu le parcours du combattant : premièrement la salle de sport mais, à ma grande surprise, son emplacement avait changé : elle n’était plus au 13ᵉ étage, mais au 14ᵉ. Je découvrais alors avec joie une salle plus vaste, plus professionnelle, sans doute mieux adaptée aux attentes des clients. Très vite, après trente minutes de détente et de décontraction du corps, j’enchaînais avec quarante-cinq minutes de vélo. Le même dynamisme, la même envie, intacte.
En fin de matinée, alors que je pensais y déposer mon autobiographie, une autre déception m’attendait à bord : la bibliothèque avait disparu. Plus de refuge silencieux, plus d’étagères pleines de promesses. Moi qui rêvais d’y déposer mon autobiographie, « On l’appelait la pin-up parisienne », dédicacée, comme un petit morceau de moi laissé au voyage. Et puis, plus aucun livre à lire. Le vide. Alors je comptais sur Michel, pour m’en ramener à bord. Comme on rapporte un trésor, une échappée, quelques pages pour continuer à voyager autrement Etant donné que c’est dans cet endroit que je passerais la plupart du temps, je pensais que c’était une bonne idée. Ensuite, je passais par le desk Internet, puis à la réception et au bureau des excursions, où je confirmais mon après-midi à Marseille. Il était facile de constater de nombreux changements par rapport à 2025, notamment plus de personnel pour les excursions ainsi que trois restaurants payants au lieu d’un seul.
Du fait que la visite de la ville n’était prévue qu’à 14H00, j’en profitais pour tourner la vidéo d’accostage et la question pour le jeu interactif mis en place avec @Canal83. Nous nous étions accordés pour qu’ils reçoivent le tout avant 13 h afin de le diffuser à 18 h 30. Il faisait froid sur le pont. Pourtant, portée par la joie, le cœur en fête, revêtue du maillot de Marseille, j’affrontais le vent avec bravoure et posais la première question…
Waouh… il était déjà 12h30. Le temps avait filé, presque en silence. Je n’avais rien vu venir. Je passais brièvement au buffet pour me restaurer, puis rejoignais l’amphithéâtre, billet à la main, prête pour la visite de Marseille en toute liberté sans guide. 14h00.Le bus MSC m’attendait. J’étais parmi les dernières à monter, et remarquait que déjà beaucoup de couples étaient installés, alors je m’installais sur une des dernières places. Marseille… je la connaissais déjà. Enfin, presque. La vérité, c’est que cette ville, je l’avais surtout vécue à travers le stade Vélodrome. Ses gradins vibrants, ses joueurs mythiques : Chris Waddle, Florian Thauvin, Gomis… et Garcia. Des souvenirs gravés dans le cœur. Bien sûr, il y avait aussi Notre-Dame de la Garde, veillant sur la ville comme une mère bienveillante. Mais aujourd’hui, c’était différent. Aujourd’hui, j’avais envie de me perdre dans les rues.
De marcher sans plan, de respirer l’ambiance, d’absorber les couleurs, de me laisser caresser par cette lumière unique, presque dorée, que seule Marseille sait offrir. Ici, même sans tout voir, on voyage. Entre ciel et mer, chaque rue murmure une histoire, chaque pas rapproche un peu plus de l’âme de la ville. Un instant simple, sincère.


Il était 18H00 lorsque le Magnifica reprenait le large… doucement je prenais mes marques dans ma cabine… Même si une place m’attendait, réservée à une table du restaurant à 18h30, je choisis finalement la simplicité du buffet. Ce soir-là, une personne me manquait : Mon amie Lyrie, rencontrée lors de la croisière 2025.
En 2025, elle seule avait su me donner cette petite impulsion : l’envie de me changer, de me maquiller, de briller… bref, de ressembler à quelque chose pour aller au restaurant. Peut-être aurais-je peur aussi de ne pas être acceptée à une table… L’année précédente, cela avait été très compliqué. Alors je laissais tomber les artifices. Je me contentais de l’instant, du calme, de cette douce solitude que la mer rend presque belle. Ce qui me réconfortait pourtant, c’était la promesse de demain. Et puis, j’avais hâte d’être à la prochaine escale, Barcelone, ou mon ami Michel était censé me rejoindre. Une présence familière à l’horizon, comme un repère, une lumière à venir. Alors que je ne m’y attendais nullement, cette deuxième nuit à bord fut bouleversée. La mer s’était déchaînée. Trop de houle, trop de vagues, immenses, puissantes. Le navire tanguait sans répit, comme pris dans une danse sauvage. Tout bougeait, tout vibrait dans ma cabine. Allongée dans le silence entre deux grondements, je laissais les souvenirs remonter. Cette mer agitée me ramenait loin en arrière, jusqu’au cap Horn. Même sensation d’abandon face aux éléments, même respect mêlé d’humilité devant la force de l’océan. Impossible de lutter. Il ne restait qu’à accepter, à se laisser porter, bercée ou secouée par la mer, en attendant que l’aube apaise enfin les flots. La nuit pouvait tomber tranquillement. L’attente avait déjà le goût du bonheur.
7 janvier 2026 – Port de Barcelone
À peine réveillée, mes premiers messages furent pour mon fils, sachant que la neige avait recouvert la région parisienne et mon ami Michel, sachant que j’allais bientôt le retrouver dès ce soir. Après un petit déjeuner copieux, direction la salle de sport ou je tournais la vidéo pour @Canal83.


A nouveau, la matinée passa très vite, il était 14H00 lorsque je rejoignais l’amphithéâtre pour l’excursion MSC : la visite de Barcelone, une ville où l’art accompagne chaque pas. Devant moi, la Sagrada Familia se dresse majestueusement, s’élevant vers le ciel, inachevée mais déjà emblématique. En compagnie d’autres croisiéristes pour la plupart français, je flâne dans les ruelles animées, entre places ensoleillées et façades colorées. Les marchés m’attirent par leurs parfums, leurs saveurs, leurs étals pleins de vie. Autour de moi, les voix, les rires et la musique créent une atmosphère chaleureuse et festive. À Barcelone, tout invite à la promenade. J’observe, je m’émerveille, je ressens. Entre patrimoine historique et modernité, la ville ne se contente pas de se visiter…elle se vit pleinement. Il ne manque que le soleil… beaucoup de nuages et de vent… je dois bien le dire, il fait même frisquet… je suis heureuse de rentrer très vite sur le bateau pour monter au 13eme me faire un the Earl Grey lait citron… le bateau quitte le port à 18H00.


En soirée, j’ai hâte de retrouver Michel. Au-delà des livres qu’il doit me remettre et que j’attends avec impatience, je sais déjà que nous avons mille choses à nous raconter. Sept mois se sont écoulés depuis notre dernière croisière ensemble… sept mois sans ces longues conversations et ces éclats de rire qui avaient rythmé nos soirées en mer. Je sais pourtant que, pour cette première soirée à bord, nous ne dînerons pas ensemble. Lui est attendu à une table au restaurant à 20h30, tandis que mon service est prévu à 18h30. Mais l’envie de nous revoir est plus forte que tout. Et soudain, mon téléphone s’illumine.
Un message de Michel : « On se retrouve au buffet ce soir ? ». Je souris instantanément et lui réponds avec enthousiasme :« Oui, avec plaisir… » ; Lorsqu’il me propose notre endroit habituel, près de la terrasse où nous aimions tant nous retrouver face à l’océan, je lui réponds malicieusement : « Non, c’est restaurant à la place. ». À travers ses quelques mots, je sens sa surprise… et presque une petite déception. Comme si, lui aussi, réalisait soudain que certaines habitudes nous avaient manqué.
Mais dès les premières secondes de nos retrouvailles, tout redevient naturel. Comme si nous nous étions quittés la veille. Pourtant, plus de sept mois ont passé. Michel arrive les bras chargés : mes livres soigneusement conservés… puis un cadeau inattendu. Une crème de jour à l’huile d’argan marocaine. Une délicate attention venue du Maroc, empreinte de douceur et de générosité. Une merveilleuse surprise… et une crème dont, je le sais déjà, je ne pourrai bientôt plus me passer. La soirée s’écoule alors comme hors du temps. Les anecdotes s’enchaînent, les souvenirs de voyage refont surface, les projets et objectifs pour 2026 prennent vie entre deux éclats de rire. Autour de nous, le navire semble glisser silencieusement sur la mer, tandis que notre complicité, elle, reprend instantanément sa place.
Avant de le quitter, je le taquine doucement : « Oh… c’est quoi ce petit ventre ? Tu as repris combien ? Quand je t’ai quitté en mai 2025, tu avais pourtant perdu au moins dix kilos… ». Il éclate de rire avant de me répondre avec ce regard complice que je connais bien : « Eh oui… j’ai à nouveau besoin de toi. Je compte sur toi ! » ; Et nous partons tous les deux dans un immense fou rire, comme au temps de notre croisière autour du monde… avec cette sensation précieuse que certaines amitiés ne connaissent ni distance, ni temps. Puis, doucement, la fatigue commence à se lire sur son visage. La soirée a filé à une vitesse folle, portée par la magie des retrouvailles. Michel me regarde alors avec un sourire complice : « Allez… je vais te souhaiter une bonne nuit. Je suis claqué… et puis nous avons encore deux jours en mer devant nous. Nous aurons tout le temps d’en reparler… non ? ». Je souris à mon tour, le cœur déjà apaisé par cette promesse de moments encore à venir. « Oui… c’est vrai. Bonne nuit Michel… ». Et tandis que nous nous séparons dans les couloirs feutrés du navire, bercés par le roulis discret de l’océan, je réalise combien certaines rencontres rendent les voyages encore plus inoubliables.
