Croisière 2026 Seule autour du monde
Curaçao
18 janvier 2026 – En mer
La veille au soir, alors que j’étais allée me coucher très tôt, presque en retrait du monde, j’avais découvert sous ma porte une enveloppe précieuse : tous les feuillets détaillant les prochaines excursions. Le calme de la cabine, la lumière tamisée, et ces pages entre les mains… J’avais pris le temps de tout feuilleter, de tout imaginer. Chaque destination devenait déjà une promesse. Ainsi, au petit matin, pendant que le navire s’éveillait doucement, je savais exactement où aller. Au buffet, puis sans attendre, je me dirigeai vers le bureau des excursions, bien avant la foule. Cette anticipation me permit d’assurer une place, la bonne, celle que je voulais vraiment. Les noms résonnaient encore dans ma tête comme une litanie de rêves lointains : Los Angeles, ses avenues mythiques et sa lumière de cinéma. Hawaï, ses volcans majestueux, ses plages infinies et son esprit libre. Samoa et Fidji, terres de bout du monde, où le temps semble s’étirer entre lagons turquoise et traditions ancestrales. Auckland enfin, porte d’entrée vers une Nouvelle-Zélande sauvage, indomptée, presque irréelle. Je suis une femme organisée, certes, mais surtout une femme qui sait ce qu’elle veut vivre. Ce ne serait peut-être pas un dîner exceptionnel qui marquerait ce voyage, mais j’avais la certitude d’avoir réservé l’essentiel : les expériences dont je rêvais depuis longtemps.
Après un bon bain de soleil, j’étais ravie de constater que je commençais à prendre des couleurs, mais aussi que mon rhume s’atténuait peu à peu. Apprenant que la soirée serait une soirée de gala, avec tenue élégante conseillée, je décidai de me rendre chez le coiffeur pour la deuxième fois du voyage. Puisque c’était l’un de mes rares plaisirs à bord, je choisis de m’offrir un pack coiffage, me permettant un brushing chaque semaine. Une évidence. Afin de ressembler à ce que je suis profondément : une femme bien coiffée, en permanence. Après l’enregistrement de la vidéo pour @Canal83 et la finale de la CAN, la soirée s’enchaîna très vite. J’étais heureuse d’enfiler cette longue robe noire, légèrement fendue, signée par un grand styliste parisien, pour ce premier dîner de gala. Je voulais être étincelante, voire resplendissante. Faire en sorte que l’on me remarque. Et ce fut le cas des mes premiers pas au restaurant : tant de regards posés sur moi…Seule, je rejoignis l’amphithéâtre, où se produisait le mime Daniel Zafrani, élève du mime Marceau. De véritables retrouvailles, puisque nous nous étions déjà croisés lors de la croisière 2025. Son spectacle fut exceptionnel. Même si je le connaissais déjà, de nombreux éléments avaient évolué : une prestation plus moderne, plus audacieuse, plus vivante encore. Bref… j’étais conquise. La soirée se poursuivait comme un songe. Ma longue robe noire ondulait à chacun de mes pas, captant la lumière, contrastant avec l’élégance immaculée des uniformes des officiers. Le noir profond de ma tenue face au blanc éclatant de leurs vestes : un jeu de couleurs, de regards et de silences feutrés. À la sortie du spectacle, je fus happée avec enthousiasme par l’un des animateurs, m’entraînant vers la scène du Topazzio Bar.
Là, sous les projecteurs, défilaient les officiers du Magnifica, alignés avec une élégance presque théâtrale. Une scène hors du temps. La musique s’éleva. Un paso doble, puis un tango. Je passai d’un bras à l’autre, portée, guidée, virevoltant au rythme des pas, dans les bras de trois officiers vêtus de blanc, incarnant ce chic italien absolu, à la fois fier, élégant et terriblement séduisant. Les regards étaient appuyés, les sourires complices, et le temps semblait suspendu. Puis vint la dernière danse. Celle que je n’osais presque plus espérer. Le commandant de bord s’avança. À cet instant précis, tout se figea autour de moi. Ce rêve, que j’avais caressé en 2025, prenait enfin forme. Le 18 janvier 2026, sous les lumières dorées du navire, je dansais avec le commandant de bord. Un rêve devenu réalité. Une parenthèse magique, gravée à jamais.
Alors que je ne m’y attendais absolument pas, Michel me rejoignit à la sortie du spectacle et me proposa spontanément de le suivre pour dîner ensemble au restaurant l’Edera. Surprise, je lui répondis :« Tu es sûr ? Tu es censé être à une table à 20 h 30… Ce n’est pas grave, je vais aller manger seule au buffet. ». Il me regarda avec cette sincérité désarmante qui le caractérisait tant :« Non… il est hors de question de te laisser dîner seule ce soir. » ; Puis, presque comme une promesse lancée dans le hasard de cette soirée, il ajouta avec un sourire :
« Et si tu veux… désormais, à chaque dîner de gala, nous dînerons ensemble au restaurant après le spectacle… en passant d’abord par le bar pour déguster une coupe de prosecco. »
À cet instant, je ne savais pas encore que cette phrase deviendrait un véritable rituel au fil des mois. Et je dois reconnaître une chose : Michel tint toujours parole. Même le soir de la finale de la CAN, malgré la défaite du Maroc qui l’avait profondément touché, il avait tenu à préserver ce moment rien qu’à nous. Comme si, au milieu du tumulte du voyage et des émotions du monde extérieur, ces dîners représentaient une parenthèse précieuse, presque sacrée. Nous n’étions “que” des amis… mais nous aimions infiniment ces instants improvisés.
Les soirées de gala avaient quelque chose d’irréel : les lumières tamisées du restaurant, les tables élégamment dressées, les menus raffinés, les verres de vin rouge qui s’entrechoquaient doucement, les mets délicats servis avec soin… Tout semblait réuni pour suspendre le temps. Le navire glissait silencieusement sur l’océan noir tandis que nous parlions de voyages, de projets, de souvenirs et parfois simplement… de rien. Et c’était peut-être cela, le plus précieux.
Un instant simple et heureux, enveloppé d’une douce sérénité, où tout semblait enfin à sa place.
Mais cette harmonie fut brusquement rompue. Un croisiériste français, légèrement dévêtu, s’approcha de notre table. D’abord, je crus qu’il s’était trompé, qu’il cherchait quelqu’un ou une autre place. Il resta pourtant là, immobile, trop près. Puis, sans un regard pour Michel, comme s’il n’existait pas, il s’adressa directement à moi. Sous les yeux médusés de Michel, il prononça ces mots — comment les oublier :« Vous me plaisez beaucoup. J’aimerais beaucoup vous inviter à déjeuner ou à dîner. ». Je restai un instant figé. Surprise, presque sidérée. Le temps sembla se suspendre. Je sentis mon souffle se bloquer tandis que je cherchais mes mots. Puis, plongeant mon regard dans le sien, je répondis avec un calme que je ne ressentais pas vraiment :« Ce ne sera pas possible demain, je suis en excursion… » Je marquai une pause, consciente de l’absurdité de la situation.
« Mais nous sommes censés nous croiser de nouveau pendant ces quatre mois. Nous verrons à ce moment-là. Bonne soirée à vous. ». Il s’éloigna alors, aussi soudainement qu’il était apparu. Michel et moi restâmes silencieux quelques secondes, échangeant un regard incrédule, sans vraiment comprendre ce qui venait de se passer. C’est dans cette ambiance légère, que je le suivis ensuite à l’Onyx pour une soirée Word Games.
Je ne m’y attendais pas du tout, et pourtant, à ma grande surprise, je me retrouvai plusieurs fois sur la piste de danse, une coupe de prosecco à la main, portée par la musique et l’énergie du lieu. J’y croisai le mime, les chanteurs d’opéra… des visages désormais familiers. Et c’est là que je compris. Pour moi, la croisière commençait enfin. Elle avait officiellement débuté le 6 janvier 2026, le jour de l’embarquement, mais intérieurement, je n’avais jamais vraiment réussi à prendre mes marques. Je flottais, sans parvenir à m’ancrer, comme en décalage permanent. Ce 18 janvier, lors de cette soirée de gala, quelque chose s’était débloqué. J’avais réalisé que tout allait bien. Mieux encore : je commençais enfin à me sentir bien. À ma place. Présente. À partir de ce soir-là, le voyage n’était plus seulement un itinéraire… il devenait une expérience vécue, pleinement. Une très belle nuit étoilée peuplée de rêves les plus fous m’attendait
19 janvier 2026 – Willemstad – Curacao
En cette belle matinée ensoleillée, je pris mon temps, trop heureuse de constater que mon excursion n’était prévue qu’à 14 h 00. Cela me laissait l’espace nécessaire pour mon sport, puis pour l’écriture de mon blog, installée au lounge. Un vrai bonheur. Je me retrouvai seule dans ce vaste lieu, une occasion rare de filmer l’endroit pour mes internautes, dans un calme presque irréel. Puis vint le moment de tourner la vidéo pour le jeu interactif avec @Canal83. Sachant que nous allions visiter une île aux mille couleurs, il m’apparut évident de porter des vêtements aux teintes vives, presque flashy, pour être en harmonie avec cette explosion chromatique. Mais une couleur, plus que toutes les autres, s’imposa à moi : le violet. Celui du tee-shirt de l’association Léo, que je m’étais promis de porter. Un violet porteur de sens, d’espoir et de combat. L’association Léo soutient les familles d’enfants atteints de cancer et œuvre sans relâche pour la recherche sur les cancers pédiatriques. Porter ce tee-shirt, au cœur d’un décor éclatant de couleurs, c’était rappeler que derrière la beauté du monde, certains combats méritent d’être vus, partagés et soutenus. Ainsi, au milieu des paysages chatoyants, ce violet prenait toute sa place : un symbole de solidarité, d’amour et de vie. Voyager avec des couleurs plein les yeux, et l’espoir dans le cœur https://www.associationleo83.com
La visite de Willemstad commença superbement, outre du fait que le bus était confortable et lumineux. J’étais très heureuse vraiment heureuse de me retrouver entourée d’Italiens. Leur énergie, leurs rires, leur façon de vivre le moment rendaient l’excursion encore plus joyeuse. Très vite, nous nous engageâmes sur ce pont que j’apercevais au loin. Immense. Impressionnant. Un véritable waouh. Il semblait relier bien plus que deux rives : il ouvrait la porte à un autre monde. En le traversant, mes yeux n’avaient plus où se poser tant les maisons défilaient, toutes plus colorées les unes que les autres. Des façades vives, lumineuses, presque irréelles, et parfois ornées de fresques magnifiques, véritables œuvres d’art à ciel ouvert. Notre premier arrêt se fit dans une usine de Curaçao. La visite fut passionnante. Nous avons découvert l’histoire de cette célèbre liqueur, fabriquée à partir des écorces d’oranges l’araba, typiques de l’île, séchées au soleil puis infusées selon un savoir-faire ancestral. Une tradition profondément ancrée dans l’identité de Curaçao. Bien sûr, la dégustation ne manqua pas : j’ai goûté… et sans hésiter, j’ai préféré le Curaçao bleu. Ensuite, place à la convivialité : on nous montra comment réaliser des cocktails, dans une ambiance légère et joyeuse, comme l’île elle-même. Nous reprîmes la route pour un tour plus global de l’île, avec une vue d’ensemble à Willemstad et ses environs. Au loin, une immense montagne se dessinait à l’horizon, majestueuse et presque silencieuse. Nous traversâmes ensuite des quartiers très chics, bordés de superbes demeures, témoins d’une autre facette de cette ville. Puis apparut une structure imposante : une énorme raffinerie, impressionnante par sa taille.
On nous expliqua qu’elle comptait parmi les plus importantes au monde une présence industrielle marquante, presque irréelle au cœur de ce décor tropical. Avant la fin de l’excursion, nous longeâmes une plage… et comme annoncé, les cochons étaient bien là. Tranquilles, paisibles, profitant de l’eau chaude. Manifestement, eux aussi préféraient cette douceur tropicale à la fraîcheur du sud-est en ce moment. Une scène inattendue, presque surréaliste, et pourtant si naturelle ici. Nous terminâmes par un immense stade, fréquenté par des joueurs sans doute de baseball symbole de la passion sportive de l’île. Une belle façon de conclure cette journée riche, colorée et pleine de découvertes. Willemstad ne se visite pas seulement avec les yeux : elle se vit, et elle laisse longtemps ses couleurs imprimer ma mémoire. Un réel plaisir pour mes yeux.
À mon retour sur le bateau, je croisai les deux couples de Canadiens qui partagent ma table au restaurant. J’en profitai pour leur expliquer qu’à deux reprises, je m’étais retrouvée seule à table, et que ce n’était pas très agréable. Ils s’en excusèrent immédiatement et me dirent qu’ils seraient ravis de me retrouver le soir même. Ce fut effectivement le cas, et je passai une très belle soirée en leur compagnie, dans une ambiance conviviale et sincère. Afin que cela ne se reproduise plus, nous échangeâmes nos numéros via la pastille MSC. Tout va bene. Je terminai la soirée par le spectacle, où je croisai des amis de 2025, Christophe et son épouse. Ils me confirmèrent avoir mon livre entre les mains. Moi qui le cherchais partout… mais alors, où était passé le deuxième ? Le spectacle était très sympa : un orchestre plein d’énergie, une atmosphère entraînante, parfaite pour conclure la journée sur une note légère et joyeuse.



20 janvier 2026 – en mer
Je commençais cette journée sous les meilleurs auspices : je recevais un message de la réception comme quoi mon deuxième livre, dédicacé au commandant de bord, avait trouvé sa place au pont 14, plus précisément au lounge. Je devais y passer en fin de journée. Une immense émotion m’envahissait à l’idée de voir mon autobiographie ainsi mise en lumière, portée par les flots, comme un morceau de ma vie voyageant désormais avec les passagers du navire. La journée s’écoula ensuite avec douceur, bercée par le rythme apaisant de la croisière : séance de sport matinale face à l’océan, conférence enrichissante, bains de soleil au bord de l’eau turquoise et instants de détente absolue, suspendus hors du temps.
Le plus beau moment de cette journée arriva en début de soirée lorsque je passais au lounge… Mon livre était là. Quelle fierté pour moi… Voir mon histoire trouver sa place dans ce décor élégant, au cœur de ce bateau voguant entre ciel et mer, avait quelque chose d’irréel. J’en profitai pour m’y rendre et filmer une petite vidéo, afin de garder précieusement le souvenir de cet instant magique. Puis vint l’heure du buffet caribéen, un véritable voyage des sens. J’y retrouvai mes amis canadiens autour d’une farandole de saveurs exotiques : accras de morue croustillants, colombo de poulet délicatement parfumé, poisson grillé aux épices créoles, riz aux haricots rouges, bananes plantain dorées… sans oublier les douceurs sucrées : flan coco fondant, ananas rôti et jus tropicaux accompagnés de cocktails colorés. Tout donnait envie d’être goûté ! Mon ami Michel étant souffrant, je lui proposai gentiment de lui rapporter un plateau à sa cabine, mais il déclina. 21 h 30, j’étais déjà au lit ! Sans doute les effets de mon coup de soleil sur le visage… rires… Et, à mon grand désespoir, nous reculions encore d’une heure cette nuit-là. Je craignais donc d’être réveillée beaucoup trop tôt… même au paradis, il faut parfois composer avec le temps !
21 janvier 2026 – Carthagene – Colombie
Eh bien, détrompez-vous : je ne me suis réveillée qu’à 7 h 30. Sans doute mon corps avait-il besoin de récupérer après le sport…Juste au moment où notre navire accostait à Carthagène, la lumière du matin baignait le port de reflets dorés. Je pris alors le temps, sans hâte, de me préparer et de me laisser porter par le rythme de cette nouvelle journée, ponctuée de mes activités journalières. Il était 13 h 15 lorsque je me rendis à l’amphithéâtre, point de départ de notre visite panoramique en autocar de cette ville fascinante, chargée d’histoire et classée au patrimoine mondial de l’UNESCO. Notre première étape nous mena au fort militaire de San Felipe de Barajas, majestueusement dressé à l’extérieur de la ville fortifiée. Ses remparts imposants, ses galeries de pierre et ses points de vue dominants racontent, en silence, les batailles passées, la stratégie militaire et le puissant système défensif qui protégeait autrefois la cité. Nous prîmes ensuite la direction de Getsemaní, l’un des quartiers historiques les plus vivants et les plus authentiques de Carthagène. Là, les façades colorées, les fresques murales, la musique qui s’échappe des ruelles et l’animation locale donnent à ce quartier populaire une âme vibrante, chaleureuse et profondément humaine.
La visite se poursuivit à travers la ville coloniale historique, avant de rejoindre la vieille ville. Ses rues pavées, bordées de maisons aux balcons fleuris, dégagent une atmosphère hors du temps, où chaque pas semble murmurer un fragment d’histoire et chaque détour invite à la contemplation. Enfin, nous plongeâmes dans l’univers fascinant des émeraudes chez Caribe Jewelry, à la Caribe Ginería et au musée de l’Émeraude. Une découverte passionnante qui permet de comprendre l’importance de cette pierre précieuse, véritable trésor emblématique de la Colombie, tant par sa beauté que par son héritage culturel.
Puis ce fut le retour au port, la tête pleine d’images, de couleurs et d’émotions, avec l’impression délicieuse d’avoir voyagé à travers plusieurs siècles en l’espace d’un seul après-midi. Un petit passage a la salle de sport, puis changement de vêtement pour aller retrouver mes deux couples québécois au restaurant pour un diner, que j’appréciais de plus en plus. Mes amis n’ayant pas envie d’assister au spectacle du mime Daniel, c’est seul que je m’y rendais, trop heureuse de voir son nouveau spectacle que je trouvais aussi exceptionnel que le premier.



