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Trois escales au cœur du Pacifique… et trois visages très différents de la Polynésie

Par Annick Lejeune-Fouquet 15/08/2026 Mis à jour le 14/08/2026 20 min de lecture
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17 février 2026 – Pago Pago – Samoa americain

Les samoas ne sont pas seulement une destination mais un mode de vie. Le rendez-vous est fixé à 8H15 pour cette excursion… « Mythes et légendes de Tutuila » C’est tôt, d’autant plus que j’ai mal dormi, je suis d’une humeur massacrante.

Aurais-je le temps de tourner la vidéo pour mes internautes ? cela me parait court, entre ma décontraction du dos et le petit déjeuner mais…c’est bon, j’y suis arrivée, j’ai même eu le temps de passer à la réception pour signaler mon problème de cette nuit. Mais c’est comme si la personne ne me comprend pas : une seule phrase sort de sa bouche « je vois avec le superviseur », je suis très énervée, d’autant plus que cela ne me laisse pas le temps de prendre mon expresso au bar du 5eme Youpi ! A 9H00 précises, sous une chaleur épuisante, je prends place dans le bus pour monparcours panoramique de l’île vers le sud-ouest de Tutuila. Malgré la fatigue, je suis heureuse de découvrir la ville historique de Leone, ancienne capitale de l’île dont le conférencier m’avait tant parlé. C’est ici qu’en 1832 débarqua le premier missionnaire des Samoa, John Williams. Son arrivée et l’œuvre de la London Missionary Society sont commémorées par le monument missionnaire de Leone, situé devant l’église Zion. Lors d’un arrêt photo, j’admire les détails architecturaux finement sculptés de l’église, ses magnifiques vitraux ainsi que les monuments commémoratifs voisins dédiés aux Chinsamis et à l’histoire locale. Mais le temps presse, très vite nous remontons dans le bus pour rejoindre Vaitogi, site légendaire de la tortue et du requin, profondément enraciné dans le folklore samoan. Une photographie pour immortaliser ce lieu d’une grande importance culturelle. Pas le temps vraiment de me recueillir, qu’il faut repartir pour admirer les monticules étoilés de Tia Seu Lupe. Le guide nous explique qu’en raison de leur forme étoilée, ces monticules étaient autrefois utilisés par les chefs samoans pour la pratique traditionnelle de la capture des pigeons. Nous en profitons pour visiter le site archéologique situé près de la cathédrale catholique de Tafuna

Mon tour se poursuit par un trajet jusqu’au Lyons Park, où un bref arrêt photo me permet d’admirer Fatu Ma Futi, également connue sous le nom de « Flower Pot Rock », s’élevant de manière spectaculaire des eaux du port de Pago Pago. Cette formation rocheuse remarquable est surmontée d’une végétation luxuriante, lui donnant l’apparence d’un gigantesque pot de fleurs. Un peu plus loin, le guide nous laisse quelques instants pour explorer les expositions consacrées à la grande ressource naturelle des Samoa américaines : l’océan. Grâce à ses présentations interactives, je visite virtuellement des sanctuaires marins et approfondis ma compréhension de la vie marine locale et de la culture samoane. Un pur bonheur. Mon dernier arrêt me conduit au musée J.P. Heidon, installé dans un bâtiment historique datant de 1919, autrefois utilisé comme économat naval. J’y découvre une riche collection d’objets samoans, d’outils, de pirogues, de bijoux et d’artisanat traditionnel.

Parmi les pièces remarquables figure un petit rabot des Samoa américaines et trois pierres lunaires offertes par le président Richard Nixon à la suite d’une mission spatiale Apollo. J’ai hâte de rentrer au bateau, d’autant plus que mon mollet me fait souffrir. Mais en passant devant le bar des sportifs, je remarque que le bobsleigh rouge est vide celui où se produisent musiciens et chanteurs chaque soir. J’ai toujours rêvé de monter dedans. Je regarde à gauche, puis à droite… personne. Hop ! Je grimpe et fais une petite vidéo. Moi qui cherchais quelque chose de drôle pour marquer symboliquement cette « ligne imaginaire », c’est fait. Je suis trop contente. Allez, un petit passage au buffet, puis direction la cabine pour une sieste bien méritée. Quel bonheur de se glisser dans des draps frais… J’espère rattraper les heures de sommeil perdues la veille et c’est le cas ! Je me réveille vers 16h00, en pleine forme. Ce soir, c’est la veille du ramadan pour Michel. Lorsqu’il me propose de dîner ensemble, j’accepte avec plaisir ; nous l’avions déjà fait l’année dernière. Un coup d’œil au Daily Report pour connaître la tenue recommandée : multicolore ! J’ai la robe toute trouvée une robe courte jaune fluo légèrement échancrée, des boucles d’oreilles bleu-blanc-rouge et des ballerines noires.

À mon arrivée à l’amphithéâtre pour le spectacle samoan, impossible pour Michel de me manquer… Il en rit en s’asseyant à mes côtés. Le spectacle est magnifique : des couleurs éclatantes, des sourires lumineux, des chants et des danses superbes. J’apprécie énormément ce moment. J’avais complètement oublié que ce soir, c’est aussi le carnaval à bord du navire de MSC Croisières. Nous croisons de nombreux croisiéristes déguisés. « C’est un concours. Allez, viens, on va prendre des photos. En plus, Anya y participe ! »., m’explique Michel. Je la repère aussitôt, habillée en squelette noir et blanc. Il y a beaucoup de participants, mais il faut bien un gagnant. Les animateurs hésitent entre une famille déguisée en pharaons et un couple en abeille et pot de fleurs. Après plusieurs salves d’applaudissements, c’est finalement l’abeille et le pot de fleurs qui remportent la victoire. Tout le monde applaudit dans une joyeuse ambiance. Nous quittons ce joyeux tintamarre pour rejoindre le buffet, lui aussi aux couleurs du carnaval. Pour moi, ce sera léger… enfin, jusqu’à ce que j’aperçoive de la glace à la pistache ! Michel, lui, mange copieusement et demande même au responsable une collation à livrer en cabine vers 5h00 du matin.

— Eh bien, que se passe-t-il … d’habitude, tu prends ton petit déjeuner très tard ?

— Demain, c’est le début du ramadan, me rappelle-t-il. Tu ne te souviens pas de l’année dernière ?

Bien sûr que si, je m’en souviens. Alors que Michel prévoit encore de se rendre à la soirée chocolat du 13ᵉ étage dans 45 minutes, je décline à nouveau. La seule chose que j’espère, c’est pouvoir dormir paisiblement. Enfin, nous perdons une journée entière…Eh oui, demain matin, je me réveillerai le jeudi 19 février. Cette nuit, je naviguerai vers l’ouest, quelque part au milieu du Pacifique. En franchissant le 180ᵉ méridien la fameuse ligne de changement de date, aussi appelée ligne de changement de date le calendrier fera un bond en avant. Ce ne sera ni une tempête ni une escale qui effacera ces heures, mais simplement une convention humaine, invisible à la surface de l’eau et pourtant bien réelle sur nos horloges. Un jour s’effacera d’un trait, comme s’il n’avait jamais existé. Il est fascinant de penser que le temps, que l’on croit immuable, puisse ainsi se plier à notre position sur le globe. En traversant cette ligne imaginaire, je passerai directement au lendemain. Une journée de ma vie ne sera pas vécue… du moins pas sur le calendrier. Naviguer, c’est aussi cela : ressentir que la Terre est ronde, que les fuseaux horaires ne sont pas qu’une leçon apprise autrefois à l’école. Ici, en mer, le monde prend une dimension tangible. Le changement de date n’est plus une notion abstraite, mais une expérience presque philosophique. Demain, je ne perdrai pas vraiment du temps. Je continuerai d’avancer, portée par les vagues. Mais quelque part, dans les registres du monde, un jour aura disparu.

19 février 2026 – Apia – Samoa Occidentale

Ce matin, je me suis réveillée… et oui, nous étions bien le jeudi 19 février. Incroyable ! D’autant plus que je n’ai eu aucun problème avec les bruits du plafond de ma cabine. Que du bonheur…Un coup d’œil sur mon ticket d’excursion : je suis attendue à 8h50. Cela me laisse largement le temps de prendre mon petit déjeuner et de tourner ma vidéo d’arrivée. Top ! L’excursion durera six heures et le déjeuner est inclus… Sympa, oui, même si je dois reconnaître qu’elle m’a coûté la somme de 220 euros. Mais j’ai hâte de découvrir les Samoa occidentales.

Mon ami Sefo m’a tellement parlé de son île. Sur mon carton, il est indiqué : Tour de l’île et plage de Lalomanu. À 9h00 précises, je suis déjà installée dans le bus. Nous avons deux guides un Mauricien et un Samoan tous deux de MSC Croisières. Je trouve que c’est une excellente idée d’avoir ces deux regards. Nous commençons par longer la côte est de Upolu, en direction des magnifiques chutes d’eau de Falefa. J’admire les villages aux maisons colorées, entourées de jardins luxuriants, toujours impeccablement entretenus une véritable fierté pour les insulaires. À mon arrivée aux chutes, le spectacle est impressionnant. Depuis la plateforme d’observation, je contemple toute leur beauté. L’occasion parfaite pour capturer de superbes photos de cette nature préservée. Nous poursuivons à travers des forêts verdoyantes, des cascades rafraîchissantes, des plantations et des villages traditionnels, jusqu’au col de Le Mafa Pass, situé à 518 mètres d’altitude. De là, la vue panoramique sur la côte nord est tout simplement à couper le souffle. Après une pause photo, nous traversons les collines de l’île, longeons le lac de Foulilou, apercevons des fermes d’élevage et de belles maisons dispersées dans le paysage, jusqu’à atteindre le village de Lalomanu. Sa plage est sans aucun doute l’une des plus belles de l’île. Son sable blanc éclatant et son étendue d’environ un kilomètre le long de la côte offrent un décor paradisiaque. À mon arrivée au beach fale de Sienyropeti, je suis accueillie avec une boisson fraîche à base de noix de coco une délicate attention qui marque le début d’un moment de pure détente. Je profite du temps libre pour me relaxer au soleil quand j’aperçois un animateur que je connaissais déjà en 2025. Je lui demande de faire une vidéo avec moi ; il accepte aussitôt, et je fais de même pour lui. C’est génial ! Alors que je me laisse tenter par une baignade dans les eaux cristallines, un Italien de mon âge, que j’adore et qui est toujours souriant, m’interpelle : « Annick, viens ! Il y a le buffet de spécialités locales ! »

En effet, je découvre des plats fraîchement préparés dans le four traditionnel samoan, le Umu : crudités, riz, bananes, oranges… Les saveurs authentiques et l’accueil chaleureux rendent cette excursion inoubliable. Je m’installe un instant sous une hutte au toit de chaume, laissant le temps suspendre sa course pour déguster ce déjeuner local. J’adore. Décidément, cette journée que je n’aurais pas dû « vivre » sur le calendrier est bien réelle dans mon cœur. Il est 14H30 lorsque nous reprenons la route pour rejoindre le Magnifica… Arrivée à la cabine, j’ai l’agréable surprise de découvrir un seau de champagne, deux flûtes et de petits sablés posés sur mon bureau, accompagnés d’un mot sur lequel est écrit : « Remerciements pour le questionnaire… » ; Sympa, l’attention… même si, je l’avoue, j’ai d’abord cru que c’était pour mon souci de bruit dans la cabine !!!! Une bonne douche, un peu de temps consacré à mon blog, et l’heure du dîner arrive très vite. Ce soir ce sera le buffet, moi aussi j’aime bien… Michel nous rejoint c’était son premier jour de ramadan, il arrive avec un potage et deux bols d’amandes et dattes…il est très bien intégré par mes canadiens, curieux de savoir comment se passe le ramadan : âge, famille…. Il est 20H30 lorsque je dis à Michel : bon je te laisse, ce soir pas envie d’aller au spectacle… Il commence à me connaitre… et me prends comme je suis et c’est cela que j’apprécie en lui. Par chance, j’ai réussi à avoir un bon livre au desk du 7eme, rare sont les livres français. Alors je profite. J’espère bien dormir ensuite toute la nuit, sans bruit, c’est le cas sauf à 5H30… Horaire ou les cuisines s’activent pour ouvrir le buffet à 6H30. J’en ai marre.

Screenshot

20 février 2026 – En mer

Impossible de me rendormir, c’est donc tôt que je vais au buffet… puis conférence sur la nouvelle Zélande, cela va me rappeler les bons souvenirs de 2025.

Je termine la matinée par un massage lava stone de 50 minutes, un massage profondément apaisant, idéal pour détendre les tensions musculaires et calmer le système nerveux. J’espère sincèrement que ça va soulager mon mollet gauche qui me fait horriblement mal depuis quelques jours. Ce qui est drôle c’est que l’année dernière, j’ai eu exactement la même chose, trop de sport, trop contractée…J’en profite pour négocier les quatre séances auxquelles je compte me rendre. De 175 euros, le prix descend à 134 euros… Voilà qui commence bien. Je fais ensuite la connaissance de Tribute, qui sera ma thérapeute. L’année dernière, j’avais déjà apprécié ce massage aux pierres chaudes… Alors je n’ai pas hésité. Et puis, peut-être avais-je simplement envie d’un moment pour moi, d’une parenthèse de douceur. Dès mon arrivée, l’atmosphère m’enveloppe. Lumière tamisée, musique douce, odeur d’huile chaude… On me laisse le temps de m’installer, de respirer, de ralentir. Rien que cela, déjà, fait du bien. Puis viennent les pierres. Quand la première pierre chaude est posée sur mon dos, je suis surprise par la chaleur… intense, mais pas brûlante. Très vite, elle se diffuse, descend le long de ma colonne, s’infiltre dans les muscles tendus. C’est comme si mon corps fondait doucement sous ses propres tensions. Les pierres sont ensuite placées à des endroits stratégiques : le long du dos, dans mes mains, parfois même entre les orteils. Je ressens un ancrage profond, presque tellurique. Comme si la chaleur venait de la terre elle-même et me traversait lentement. Puis le massage commence réellement. Les pierres glissent sur ma peau huilée. Les mouvements sont lents, enveloppants, appuyés sans être brusques. La chaleur permet d’aller plus en profondeur sans que ce soit douloureux. Mes épaules, si souvent crispées, lâchent prise. Mon dos se détend centimètre après centimètre. À un moment, je ne sais plus très bien où je suis. Je flotte entre veille et sommeil. Mon esprit se tait. Plus de pensées, plus de listes, plus de bruit. Juste cette sensation de chaleur diffuse et rassurante. Quand les pierres sont retirées, je ressens une légèreté étonnante. Comme si on m’avait enlevé un poids invisible. Mon corps est lourd sur la table, mais mon esprit, lui, est incroyablement léger.

En me relevant, j’ai cette impression délicieuse d’être à la fois apaisée et rechargée. Une détente profonde, différente d’un massage classique : plus enveloppante, plus intérieure. Ce n’était pas seulement un massage. C’était un vrai moment d’ancrage, de reconnexion à moi-même. Trop heureuse d’avoir en ligne mon amie de Saint-Martin, Lyrie, qui traverse quelques soucis de santé… Le temps passe toujours si vite. Il est déjà 13 h 30 lorsque je rejoins le buffet pour déjeuner. L’après-midi se déroule entre bain de soleil et lecture de ce livre toujours aussi exceptionnel. Après une bonne douche, c’est avec autant de plaisir que je retrouve mes amis canadiens pour dîner au restaurant. Nous sommes tellement différents, et pourtant si complémentaires… c’en est drôle. Claire me rend mon livre qu’elle vient de terminer en me disant : « Ce qui est drôle dans ton livre, c’est qu’à chaque fois que tu rencontres un homme, tu crois que c’est pour la vie… ». Je lui confirme que oui… mais j’ajoute quand même que, pour certains, ce n’est pas moi qui les ai quittés. Et lorsque c’était moi, c’est que la relation n’était plus possible. Oui, c’est vrai, j’aurais pu rester quand même… C’est ce qui se faisait, en général, autrefois. Tout le monde rigole. Ils veulent m’apprendre à jouer aux cartes, à un jeu canadien. Je leur réponds que ce sera avec plaisir lorsque nous aurons des jours en mer et que le spectacle du soir ne me plaira pas…

Comme à mon habitude, je rejoins l’amphithéâtre pour le spectacle, placé sous le signe de l’ère espagnole exceptionnel, comme toujours. Heureuse de voir Michel. Je le vois un peu moins ces temps-ci, le temps que son ramadan se mette en place… Et encore, pas d’after ce soir. Je regagne ma cabine… Nous reculons encore d’une heure.

Par chance, aucun bruit des cuisines au-dessus pendant la nuit… mais, à mon grand désespoir, je suis réveillée à nouveau par les salariés de MSC à 5 h 30. Et bien sûr, impossible de me rendormir. Mais je tiens bon… non je ne demanderais pas un changement de cabine….

21 février 2026 – Suva – Fidji

Bon, la nuit porte conseil… puisque tout compte fait je passe à la réception pour leur signaler à nouveau le problème de bruit. Et c’est encore enveloppée d’une légère fatigue, mais déjà portée par l’excitation de la découverte que je rejoins le bus vers 8H30 pour partir à la découverte de Suva. Le bus nous attendait, prêt à nous emmener vers Pacific Harbour. Très vite, la ville s’est effacée derrière nous. La route serpentait à travers une végétation luxuriante, presque irréelle. Des jardins tropicaux débordant de vert, des cocotiers élancés balancés par le vent, de petits villages colorés où la vie semblait s’écouler paisiblement. Chaque virage ouvrait une nouvelle carte postale. Puis la côte est apparue. Une mer immense, d’un bleu profond, vibrant sous la lumière du matin. À Suva, les plages s’étiraient à perte de vue. Le sable clair scintillait doucement et la brise chaude du Pacifique caressait ma peau comme une promesse d’évasion. À l’ombre des palmiers, le temps semblait suspendu. Je me suis installée avec mon livre, bercée par le murmure régulier des vagues. J’ai pris des photos, des vidéos… mais surtout j’ai pris le temps. Le temps de marcher lentement le long du rivage, de sentir l’eau effleurer mes pieds, d’écouter le souffle de l’océan venant se briser délicatement sur le sable. Un moment simple, presque hors du monde. Le soleil m’a offert un joli bronzage, et une sensation de détente profonde — même si, avouons-le, le manque de sommeil pesait encore un peu. Réveillée à 5h30 par les bruits de cuisine du navire MSC, j’aurais volontiers prolongé mes rêves. Et le guide, lui, semblait infatigable : une heure entière à parler sans reprendre son souffle !

Le trajet aller m’a paru long… très long. Heureusement, au retour, il était plus discret, et le paysage suffisait à remplir le silence. Pourtant, même si cette escapade fut belle et lumineuse, mon cœur reste un peu ailleurs… à Apia.  Apia m’a davantage séduite. Plus structurée, plus fleurie, plus harmonieuse. Là-bas, tout semblait pensé avec délicatesse : les jardins impeccablement entretenus, les couleurs éclatantes des fleurs tropicales, cette impression d’équilibre entre nature et organisation. À Apia, je me suis sentie enveloppée d’une douceur différente plus raffinée, presque poétique. Il était 13h30 lorsque je traversais la passerelle pour regagner le bateau. Le soleil suspendait le temps, et l’air avait ce parfum salé qui donne l’impression que tout est encore possible. Je me suis arrêtée au marché ambulant, juste le temps d’acheter une mangue bien mûre un éclat d’orange dans l’après-midi, une promesse sucrée au creux des mains. En rentrant dans ma cabine, un message m’attendait. « Appeler, tout de suite. » Mon cœur a accéléré.

J’ai cru, l’espace d’un instant, qu’ils avaient enfin compris… compris ce que je vivais, ce que je portais en silence. Je suis presque descendue en courant à la réception, portée par un mince fil d’espoir. Mais non. Seulement comme quoi le superviseur doit constater par lui-même mes problèmes de bruit dans ma cabine… Bref, on ne me croyait pas. Toujours ce même point suspendu, comme une vague qui hésite à se briser. Et pourtant…Malgré la fatigue, malgré les petits désagréments qui s’accrochent aux journées trop longues, le Pacifique, lui, continue de m’envelopper. Ses paysages s’impriment en moi comme des aquarelles infinies. L’énergie brute des plages fidjiennes, sauvages et vibrantes… puis en souvenir, l’élégance fleurie d’Apia, délicate, presque secrète. Chaque escale est un contraste, chaque horizon une respiration nouvelle.

La soirée, elle, s’est teintée de douceur. Michel, mes amis canadiens, des rires partagés comme des bulles légères… et cette prestation polynésienne, éclatante de couleurs et de rythmes, battant comme un cœur ancien. Les danseurs semblaient raconter des légendes avec leurs gestes, et pendant quelques instants, tout était simple, vibrant, vivant. Quelques photos pour capturer la magie comme si l’on pouvait enfermer la lumière dans un cadre. Mais toujours pas d’after… décidément, je n’y arrive pas. Peut-être que je garde mon énergie pour un autre soir, pour une nuit encore plus belle. Peut-être demain ?

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